‹ Le Cabous namè, ou Livre de Cabous de Cabous Onsor el-MoaliChapitre 7 sur 114 · I)E LA CONNAISSANCE DE DIEU · texte numérisé non relu

I)E LA CONNAISSANCE DE DIEU

SACHE, ô mon (ils, qu'il est impossible de connaître Dieu tel qu'il est; l'homme ne peut, en vérité connaiire Dieu, sinon qu'il est le Souverain Créateur et qu'il n existe aucun moyen d'arriver à le déiinir. En dehors de Lui, tout peut être connu, mais quant â Lui, [u ne peux le connaître qu'en avouant ton ignorance.

Une chose connue peut être comparée â une empreinte, et celui qui cherche à connaître à Tauteur de cette empreinte; tant que celui-ci ne suppose pas qu'une substance donnée est de nature à recevoir une empreinte, i) ne tente pas de le faire.

Ne vois-tu pas que la cire étant plus ductile que la pierre, c'est sur la cire

qu^on empreint les sceaux et non sur la pierre.

La nature et Tessence de toute chose

f>euvent être approfondies, Dieu seul ne e peut être. Etudie-toi toi-même et ne t'appesantis pas sur la nature du Créateur : considère l'œuvre et reconnais l'ouvrier; tu peux méditer longtemps sur l'œuvre, tu ne découvriras pas l'ouvrier, car la durée est un composé du temps et le temps est passager ; or ce qui n'est que

Bassager a un commencement et une nn.

fe crois pas que le monde a été créé par hasard et ne conclus pas quMl ne se désorganisera pas. Médite sur la bonté et les bienfaits du Créateur, mais ne t'appesantis pas sur la nature du Créateur même, car personne n'est plus dévoyé que celui qui cherche un chemin où il n'en existe pas, selon ces paroles du Prophète (que les bénédictions divines soient sur lui et ses descendants!) : « Méditez sur les bience faits de Dieu, et ne méditez pas sur son « essence. » — Or, si le Tout- Puissant, par la bouche du saint législateur, n'a pas permis à ses serviteurs de le définir et de chercher à connaître sa nature, personne ne doit être assez téméraire pour le tenter.

Sache que les différents noms et les attributs divers sous lesquels tu nommes le Seigneur ne sont qu'en raison de ton impuissance à Lui doner celui qui lui

convient, et non pas en raison de sa divinité et de sa grandeur, car jamais tu ne pourras le glorifier comme il doit l'être; or, impuissant à le glorifier, comment pourrais-lu le définir?

Si tu cherches une définition incontestable de rUnité, sache que tout ce qui ne peut se trouver en toi est une conhrmation de la divinité. Quiconque peut être, absolument et sans conteste, déclaré Un est dépourvu de tout élément participant.

Cet attribut de Unique absolu ne peut, en vérité, s'appliquer qu'à Dieu seul ; excepté Lui, toute chose est au moins double ou peut être ramenée à une dualité quelconque, soit par l'effet d'une combinaison, tel que le corps; d'une disjonction, tel qu'un nombre; d'une addition, telles que les qualités; par la forme, telles que les surfaces; par Teflet d'une adjonction, telles que la substance et tout effet accidentel; par la génération, telles que la racine et la tige; par la pensée, tels que la raison et l'esprit vital; par la pondéraration, telles que la nature et la forme; par la comparaison, telles que la ressemblance et la parité; par le concours à la formation, tels que l'élément et la matière; par le nombre, tels que le lieu et le nom qui sert à le désigner; par la capacité de recevoir, telle qu'une particularité quelconque; par la faculté d'être plus ou moins, tels que l'existence et le néant, ou

par un caractère partiel, tels que le similaire et le contraire.

Par conséquent, toutes choses impliquant en elles-mêmes Tidée de dualité ne peuvent être dites : Une. En fait, dire Z7«, c^est absolument nommer Dieu ; donc tout ce qui implique l'idée d'une dualité quelconque est autre que Dieu.

La déhnition de l'Unité est celle-ci que rien de ce que ta pensée peut concevoir ou apprécier n'est Dieu; car II est le seul Créateur de toutes choses, sans égal et sans semblable ; qu'il soit glorifié !

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