‹ Le Cabous namè, ou Livre de Cabous de Cabous Onsor el-MoaliChapitre 80 sur 114 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

DE l'astronomie * ET DE LA GÉOMÉTRIE

SI tu le voues à Pastrologîe, étudie d abord avec ardeur les mathématiques ; la science des pronostics est compliquée et tu ne pourras éviter de commettre quelque erreur, car personne n^est infaillible. En tous cas, l'objet principal de l'astronomie et des observations célestes est le pronostic. Puisque le but est tel, rends-toi maître des principes de cette science et de Part d^observer, car la justesse du pronostic est en raison de la précision des observations. Garde-toi donc de dresser un horoscope par simple approximation, n'opère que d'après les principes, le calcul et les preuves; en effet, toutes fois que les calculs et les preuves seront

exactes, le pronostic ne saurait être entaché d'erreur.

' Ne prétends pas pouvoir dresser un horoscope à.l'occasion d'une naissance ou avec toute autre intention sans avoir acquis la connaissance parfaite des astres, de celui qui se lève sur l'horizon au moment de l'observation, du degré de sa hauteur et de celle de l'astre dont linfluence prédomine en ce même moment, de la lune, des maisons de la lune, du maître de la maison de sa phase actuelle, des astres qui affectent les tempéraments, des phases, de l'influence des astres dans leurs différentes phases, du maître de la maison qui influence l'objet de la consultation, de l'astre avec lequel la lune se trouve en opposition ou en conjonction, de l'astre dont l'influence prédomine sur le degré de l'horoscope cherché, de l'astre avec lequel une planète peut se trouver en conjonction, des degrés du parcours des différentes planètes, du degré où se trouve une planète qui s'obscurcit, de la hauteur à laquelle un astre doit se trouver pour exercer une influence quelconque, de la hauteur du soleil, de l'ascension et de la déclinaison des astres.

Il te faudra encore connaître les constellations, les douze signes du zodiaque, les degrés, les quatre groupes de ces signes selon les quatre éléments, les orbites, le signe dans lequel l'astre doit se trou-

ver pour exercer une influence fortunée, les divisions par groupes de trois planètes dans chacun de ces signes, du signe où, en y passant, l'astre perd de son éclat, les phases qui exercent une influence triste ou joyeuse, fortunée ou fâcheuse, les apsides et les différents aspects sous lesquels les astres se présentent.

Tu étudieras ensuite les différentes phases de la lune et des astres, leur aphélie et leur périhélie, leur influence heureuse ou défavorables, les syzygies, leurs difiérents aspects, leur conjonction et leur opposition avec celui qui préside à l'horoscope, la mesure de la projection de leur lumière, la distance de la conjonction d'une planète avec une étoile fixe, Tastre considéré isolément, son passage d'un point à un autre de son orbite, le groupement des astres, ceux qui s^opposent à la réussite de Tobjet en consultation, la réflexion de la lumière, les mesures propres à combattre l'influence défavorable d'un astre ou à modifier les divers tempéraments, l'effet de tel astre sur la rétribution des œuvres bonnes ou mauvaises, les présages de grandeur, l'heure de l'opposition et de la disparition de tel astre sur ou sous l'horizon, l'astre qui préside aux destinées du sujet de Thoroscope, reconnaître s'il procure la prospérité ou la ruine, son influence sur la prolongation ou Tabrègement de Inexistence, les

cinq mouvements respectifs des planètes.

Ce n'est qu'après de profondes études et avoir acquis toutes ces connaissances que tu pourras aborder les pronostics et être assuré de leur justesse. Prends pour base de tes calculs un calendrier dressé d'après des tables astronomiques écrites en caractères connus, et revu et corrigé avec une exactitude rigoureuse, et encore te faudra-t-il user de grande circonspection pour ne pas commettre quelque erreur.

Après avoir pris toutes ces précautions, il te faudra encore avoir toi-même foi en ton pronostic, sans quoi, si tu doutes, tu auras peu de chances de réussir ^. Ne crains f)as de t' étendre en détails sur le sujet de a consultation, de manière à justifier plus sûrement le résultat de ton pronostic.

Quant à Thoroscope de la naissance, j'ai entendu dire à mon maître (que le Seigneur Tait en sa miséricorde!) que le moment de l'observation ne doit pas être, en fait, celui où l'enfant sort du sein de sa mère, mais bien celui de la conception même. C'est ce dernier, appelé l'horoscope du désir, qui doit servir de base à rhoroscope, et c'est de lui que dépendent les circonstances favorables ou fâcheuses et toutes celles de l'existence de l'enfant qui vient d'être conçu.

L'horoscope du moment de la naissance est nommé le passage majeur; celui du commencement de l'année, passage moyen

et celui du commencement du mois, passage mineur ^. En tous cas, le sort de l'individu est fixé au moment de sa conception selon une tradition du prophète (que les bénédictions soient sur lui et ses descendants : — « Celui qui doit être heureux Test déjà dans le sein de sa mère; celui qui doit vivre dans Tinfortune y est prédestiné dans les entrailles maternelles. » — Cette parole vient à Tappui de ce que je t'ai dit tout à l'heure au sujet du moment réel de Phoroscope de la naissance, mais comme il est évident que nul ne peut connaître le moment précis de la conception, tu n'as pas à t'en préoccuper ; car il ne faut pas mettre le pied oti d'autres qui te valaient ont trébuché ^

Mais quand tu dresseras un horoscope majeur, suis les principes des anciens maîtres ainsi que je te Tai dit plus haut.

Si l'on te consulte à une époque quelconque, observe d'abord Thoroscope du moment, de l'astre qui y préside, ensuite la lune, sa phase, le maître de la phase, l'astre avec lequel la lune doit entrer en conjonction, celui avec lequel elle entrera en opposition, l'astre qui se trouve dans le champ de celui qui préside à Phoroscope; s'il s'y trouve plus d'un astre, observe celui qui prédomine et lequel possède l'influence la plus heureuse.

J'ai touché quelques mots de l'astrologie, je te parlerai maintenant de la géométrie.

Si tu te trouves dans le cas de devoir mesurer un terrain, il te faudra d'abord connaître la trigonométrie et ne pas traiter légèrement les figures géométriques de côtés irréguliers en te disant que tu mesureras un des côtés de la surface et que tu calculeras approximativement le reste; non certes! car la mesure d'une superficie peut présenter des différences considérables. Applique-toi donc à l'étude de la trigonométrie, ainsi que me le répétait fréquemment mon maître (que le Seigneur l'ait en sa miséricorde !) : — « Attention, ne néglige pas les angles dans la mesure des superficies, car il est telles figures qui quoique présentant un angle courbe ressemblent à un angle aigu de cette façon ou de cette autre ^, et il est

certains angles aigus qui ressemblent à un angle obtus; de là il peut se produire des diff^érences importantes.

S'il t'arrive de te trouver embarrassé pour mesurer une superficie irrégulîère, ne calcule pas approximativement, réduisen la moitié en angles, ou en carrés, il n'est aucune figure qu'on ne puisse réduire de cette façon ; mesure ensuite les côtés et tu en trouveras les proportions exactes.

Je pourrais en dire bien long sur ce sujet, mais je me détournerais ainsi du but que je me propose; si j'en ai touché quelques mots, c'est que, ayant traité de l'astronomie, je n'ai pu m'abstenîr d'en dire aussi quelque chose.

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