ENFER
Sinistre enfer promis à l'ànie qui courrouce
Le Dieu juste et méchant, Je te veux. Ta fournaise, enfer, me sera douce
Et l'ellrovable chant
Qui sort, terrifié, de tant de voix damnées. Me vaudra des élus rinetfabie loisir.
Prends-moi, suave enfer, puisque ma destinée M'infligea sans répit l'amour et le désir.
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LK VAIN ASILK
Dites-moi, i)ourquoi Cus-je accablé sans relâche
Et j)récipitc par le Sort?
On a ri de mes pleurs, on m'a traite de lâche. Hélas! ([ui sait la vie, hélas! qui sait la mort?
Fier et me relevant sous le couj) qui me broie, Je suis venu dans cet asile éblouissant Fait de senteurs, d'eau bleue et de brise et de soie, Pour sommer l'Inconnu de m'accorder la joie Et de renouveler mon âme avec mon sang.
Ma barque m'a bercé sur la divine baie. Mille profonds jardins ont voulu m'enivrer, Mais le baume édénique en arrosant ma plaie N'a pu que l'agrandir et que l'exaspérer.
L'odeur des orangers et l'agile murmure De la lumière, errante fée au vol chantant. M'ont fait sentir, combien plus amère et plus dure, Ma douleur, acre fruit et caillou résistant.
Douleur, forte douleur, où t'ai-je rencontrée?
Ah ! dans le tombeau souverain !
Le néant dont s'émeut toute âme non châtrée
Me glace de son glas d'airain.
Et la femme ! Implacable et sinistre rengaine, Tombe chaude, béante en un vivant limon ! Je suis las du poignard et j'exècre la gaine. Je suis aussi déçu que loi, vieux Salomon.
Le plaisir a vidé mes veines d'énergie, J'ai par trop contenté d'insaliables souhaits. Mon passé m'apparaît comme une longue orgie, Un tas de corps nus que je hais.
La navrante terreur, le souvenir qui navre M'assaillent au détour du sentier embaumé. Aux pieds des tamaris, je heurte des cadavres. Je vais mourir ; je vais mourir : j'ai trop aimé !
Pour oublier mon mal, que me faut-il? Des luttes Contre des océans qui ne font pas merci. C'en est assez des mandolines et des lliites Dont la vaine langueur encense l'air d'ici. Le repos me torture et m'exacerbe : Ainsi,
Laisse les nuits d'été parfumer les étoiles. Laisse les clairs matins briller comme des dieux Et va-t'en, toi qui sens dans les plis de tes moelles Une douleur frémir en éclairs furieux.
Ta douleur crie ainsi qu'une antique sybille
Et te prédit d'autres douleurs.
Va-t'en, cœur douloureux, quitte la douce ville. Les orangers, la douce mer, les douces îles. Va-t'en vers la lenq)ète, ô roi des mornes cœurs.
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HOSHs or TKMPLr:
Je suis pâle comme les clioses Que l'automne décolora, On voit Meurir d'étranj^es roses Dans le grand temple d'Ellorali.
Elles sont la suave flamme Dont se pare le front des dieux.
Je veux en réjouir mes yeux, Je veux les cueillir pour mon àme.
Puisqu'elles viennent du mystère Et qu'elles sont la Vérité, Elles m'entoureront sur terre D'un nimbe de sécurité.
Elles feront s'enfuir le doute, Beau serpent d'or qui m'a lié.
Et leur lumineuse pitié Me montrera l'unique route.
J'aurai la certitude enfin Et je cesserai d'être blême.
Car ma pâleur naît de la faim Que j'ai de la splendeur suprême.
Je deviendrai pareil aux choses Qu'un vermeil été redora.
Je serai sauvé par les roses Qu'on voit au temple d'EUorah.