‹ Le cadavre et les rosesChapitre 12 sur 31 · LA DANSE MACABRE · texte numérisé non relu

LA DANSE MACABRE

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La seule vérité, formidable refuge, C'est la tombe. Demain décolore aujourd'hui. Vie, hélas ! c'est d'après la moit que je te juge. Tu n'es rien que néant si le néant te suit.

Boirai-je ce vieux vin dont la saveur me fuit Sitôt que je l'ai bu ? J'ai vu Florence et Bruges : A quoi bon? elles sont promises à la nuit. A quoi bon? je suis, moi, marqué pour le déluge.

Tous ont l'ardeur pourtant et tous veulent la joie. Tous courent, s'écrasant dans une étroite voie Qui court sous eux et qui les mène au grand fossé.

Fous 1 Qu'est-ce qu'un vivant, qu'est-ce qu'un trépassé? Tu les pousses. Nature ; Instinct, tu les enivres. Toi, Raison, tu m'as dit la vanité de vivre.

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Et les Pauvres ont dit : « Nous réclamons un ciel « Où les malheurs soufferts augmentent notre gloire, « Un ciel où de nos maux la vivante mémoire « Aiguise nos plaisirs, en relève le miel ».

Le Sage a répondu : « L'Injustice qui tombe

« Dans un parfait oubli n'a jamais existé.

« Ephémères, pourquoi sommez- vous l'Outre-tombe,

<( Puisque vous oublierez pendant l'éternité? »

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