‹ Le cadavre et les rosesChapitre 30 sur 31 · LA GRKVE EST NOIRE · texte numérisé non relu

LA GRKVE EST NOIRE

La mer chante comme un cœur, (^omme un cœur ivre de douleur. La vie est noire, noire.

Je ne suis ([u'une ombre.

Tous mes vieux malheurs hurlent dans les Ilots Ht toute la mer éclate en sanglots.

Dans l'ombre, dans l'ombre.

Des roses, de grandes roses Sortent d'un cadavre à moitié rongé.

Oh ! ce navire naufragé Était plein de roses, de roses.

Cette épouvantable pente.

Comme d'un affreux clocher!

Pas une herbe où s'accrocher.

L'abîme au bout de la pente.

.le marche comme l'on tond)e, (^est donc bien vrai, bien vrai.

Ils meurent tous; moi je mourrai.

Vivrel glisseï! tomber, je tombe!

La grève est noire.

La mer chante comme un ccinir, Comme un cceur ivre de douleur.

La mort est noire, noire.

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MOliS KSI \l\\

() chcrt'! Ils ont j)nssc comiiu' un IVisson suv rcwii. Ils ont i)nssé comme la feuille tombe

VA, penché sur leur tombe, .le les pleure et je crois entendre leur sanglot.

Ils furent j)Ius heureux (jue In rose n Faurore

I^]t que les bois ombreux. Ils furent j)lus heureux que la source sonore,

Ils furent plus heureux

Que rétincellement de l'immense lumière

Pendant les mois d'été.

Tout ce qu'ils ont été Dort là, sans forme et noir, dans la profonde terre.

Mais ils ne seraient j)as en proie au gouffre lourd

Si, d'un vouloir plus ivre,

Ils avaient voulu vivre, vS'ils avaient plus encore adoré leur amour.

Il leur aura manqué de plus fièrement croire

Au pouvoir infini

Des cœurs que réunit Le seul Enchantement et la seule Victoire.

La Mort eût reculé devant leur grande flamme.

Elle eût baissé les yeux.

Elle s'en fût allée à pas silencieux, Ayant appris qu'il ne faut pas toucher aux âmes...

LE cADAViiE i:t ij:s hosks 111

Mais peut-être la t()inl)e csl-clle une maison

Qu'un pur soleil fait blonde.

Peut-être a-l-elle un iiorizon De jardins merveilleux que le bonheur inonde.

Non, non, ee ne sont pas des sanglots que j'entends

A travers la dalle funèbre,

Ce sont des rires éelatants Venus d'un beau pays sans affres ni ténèbres.

J'entends les Morts ehanter dans leur elaire demeure,

Joyeux d'être éternels.

Chère; et les deux amants (|ue notre pitié pleure Font le chant le i)lus fier et le i)lus solennel.

Chère, si notre amour a dépassé l'extase

De leur amour enseveli, Si le parfum persiste après le bris du vase

Kt s'il n'est pas d'oubli.

Quand la Main poussera les émouvantes portes Qui s'ouvrent sur le seuil de l'Eblouissement, Nous ne gémirons pas, mais magnifiquement Calmes, nous entrerons ehez les Morts et les Mortes.

De ci, de là Pages

Psaumes lunaires 7

Épreuves , 9

Tu n'as pas 11

Fragments d'hymne 12

Le Bain 13

Innocence 15

Le Cyprès 17

Heur et Malheur

// anait une ardeur 21

A bout 23

J'ai fait de l'amour 25

Je vis enveloppé 26

Bronze 27

Lumière 28

Une Inconnue 30

Quelle Ame 32

L'Étoile de Mort 33

Pensées du Soir 34

Autour d'un vieux Cyprès 30

La yuit est religieuse 37

Étains 38

Mon Ame est une flaque d'eau 39

Enfer 41

Le vain Asile '. . . 42

Roses du Temple 44

La Danse macabre

Sonnet drôle 47

Gnomique 48

Quel Songe 51

Su pleine Aïoiiif ')'2

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