LE PIRE MAL
Kt l'Hiver élail blèiiic cl nu coninic un cadavre. L'Hiver clait j)arcil à ce (|iii lue cl navre.
La nei<4e déroula il ses monotones lèpres.
Un clocher au loinlain» trisle, sonnait les vèj)res.
Les sa|)ins soucieux i)araissaienl des évê(jues Hautains et bénissant d'effrayantes obsèques.
Mon coL'ur, qu'avais-tu donc à pleuier de la sorte ? () mon c(eur, |)Ieurais-tu l'ingénuité morte?
Mon ccrur, j)our(iuoi mener une plainte si dure? Accusais-tu donc Dieu, les dieux et la nature ?
Oh ! les maudissais-tu pour le mystère impie
Au seuil ducpiel notre ])auvre Ame est accroupie ?
Leur criais-tu : « Dites le mot qui réconforte ! Parlez-nous, enlr'ouvrez le judas de la porte ! »
108 HKNK-ALHEHT FI.KL'JtY
La terre était funèbre et l'étendue aflreuse.
De longs eoups sourds : c'est une tonitjc (|ue l'on creuse
La neige s'élancail en immenses rafales,
Le destin déployait des horreurs triomi)hales.
Tu sanglotais, mon ccjeur : (juel était ton martyre ? Amour, déni de gloire, ou bien (fuelcjuc mal pire ?
Avais-tu des pitiés pour les foyers sans flamme Où la brise d'hiver pousse des cris de femme ?...
Mais va, tais-toi, je sais le nom de ta soullrance : La douce, l'invincible et féroce Espérance.