TU N'AS PAS
Tu n'a pas respire la myrrhe et l'oliban, Tu n'as pas étendu Ion corps aux lits d'ivoire. Tu n'as pas ceint la mitre et coilîé le turban, Tu n'as pas décoré les murs de ta mémoire.
Tes yeux ne se sont pas brûlés sur le Sépher. Tu ne t'es pas plongé dans la forêt du Hhrame. Tu n'as jamais rompu le sceau d'or ni de l'er. Tu n'as pas décoré les murs nus de ton àme.
Tu n'as pas voyagé, tu n'as j)as médité, Qu'as-tu fait pour la Hègle et pour le Sacrifice? D'un illustre combat, d'un solennel supplice. Ton faible sang, ton sang peureux s'est écarté.
Ah ! que n'as-tu gravi les monts jusqu'à leur cime. Ah ! que n'as-tu lancé ton cri d'iiomme à travers
La sérénité de l'abîme?
Que ne l'as-tu lancé des monts jusqu'à la mer !
Tu n'as pas fait lleurir les semences sacrées, Tu n'as pas encensé les dieux supérieurs. Quand tu mourras, ton ombre, isolée, ignorée. Languira dix mille ans dans un désert de pleurs.
12 MIAIC-AI.MI.MI I I.I.IUN
1 KA(iMi:XTS DinMM-:
A Paul CORSr.
Tu te lèves enfin, niiraculeusc aurore,
Sur ce vieux monde injuste et lourd.
Ton air Irais envahit, éblouissant, sonore, Nos cœurs, comme ferait le plus puissant amour.
Nous t'adorons, nous t'exaltons. Voici les Saintes :
La Beauté, la Bonté, l]l la sincère Joie aux coupes sans absinthes
Et la Sérénité.
(Test l'immortel Printemps. Les misères s'enfuient. L'ombre que fait leur aile est douce aux Afïligés. C'est l'immortel Printemps. Les larmes qu'on essuie Ont un goût merveilleux de miel et d'oranger.
O gloire, ardeur et fête. O sj)lcndeurs retrouvées ! Un fleuve ensoleillé roule à large Ilots d'or. Et des félicités qu'on n'avait pas rêvées Descendent ce beau lleuve accueillant comme un port.
Oh ! Nous allons monter sur la cime éternelle. Nous allons rencontrer assurément les dieux. Pour honorer leur front dont le marbre étincelle, Les Vierges vont lancer des ramiers dans les cieux.