L'ESCLAVE BLANCHE DES YHATOHÉILINIS
Joseph et Pierre se levèrent plus tôt que d'habitude, le matin qui suivit leur magnifique coup de filet.
Joseph appela le Renard et voulut se faire dire ce qu'il savait de l'intéressante inconnue au pouvoir du Corbeau. ‘ —Le Renard ne sait pas grand'chose, dit-il. Il sait seulement que le chef Corbeau, à trois jours de marche d'ici, au sud, a acheté une jeune fille, à un parti de Sioux. Le chef veut donner cette fille à son fils La vierge blanche pleure, pleure beaucoup. Le Renard ne pense pas que la fleur blanche aime Œil-de-Faucon, mais le grand chef dit que son fils prendra, pour orner son ouigouaim, l’esclave qu'il lui a achetée.
—Tu ne sais pas où ces Sioux ont pris cette fille ? —Non. Le père du Renard est chef et pourrait peut-être renseigner le chef blanc mieux que moi. |
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—Très bien ! Cours me chercher ton père. Dis-lui que je désire le voir immédiatement.
Le jeune Yhatchéilini courut s'acquitter du message de Joseph.
À ce moment, Pierre rejoignait son ami, et sa première parole, comme on le devine, porta sur l'incident mystérieux Ex la veille,
Joseph mit Pierre au courant de ce qu'il avait appris déjà du Renard, qu'il venait d'envoyer quérir Patte-d'Ours, en demeure probablement de les mieux éclairer.
—Pourquoi n’interroges-tu pas Œil-de-Faucon, que nous avons capturé cette nuit avec sa bande ? Puisque l’inconnue habite la cabane de son père, il doit posséder toutes les informations qu’il nous faut ?
—Ton moyen n’est pas praticable, mon cher. Le sauvage, s’apercevant que nous avons découvert ce qu'il a si bien caché jusqu’à présent, qu'on n’a pu en sonpçonner l'existence, se taira et tentera plutôt de nous fourvoyer ou de nous circonvenir !....
Pendant qu'il s'entretenaient de la sorte, le Renard revint accompagné de son père.
Joseph donna un siège à Patte-d'Ours et lui expliqua aussitôt le motif pour lequel il voulait le voir.
Sur les traits du vieux sauvage se réfiéta d'abord la surprise,
- mais, reprenant son masque d'impassibilité que le peau-rouge cherche
toujours à conserver en toute occasion, il dit :
—Que mon frère pâle me permette une question : “ Par quelle voie a-t-il connu ce que le chef des Yhatchéilinis tenait secret ?.... Les fils de Patte-d'Ours auruient-ils trahi l’ordre du Corbeau d'être muets avec les guerriers blancs sur cette affaire ?
—Non répondit, Joseph. Le grand manitou des Français m'a fait connaître l'existence de la malheureuse qui gémit au pouvoir du Corbeau, et j'ai décidé de lui faire rendre sa liberté.
Patte-d'Ours secoua la tête en signe de négation.”
—Mon frère ne réussira pas facilement. Le chef Yhetchéilini ne se dessaisirait pas de son bien pour rien ; il exigera de riches présents certainement. Mais, il ne sera pas le seul peut-être à disposer de la belle captive, l'ayant promise à son fils qui en est épris.
Œil-de-Faucon refusera peut-être de se séparer de celle qu'il aime et malheur en adviendra, car il y aura du sang versé de part et d'autre ! 4 —S'il faut combattre, nous le ferons pour obtenir ce que nous demandons, dit Pierre.
—Les guerriers français sont vaillants, mais les Yhatchéilinis sont braves aus&i, et plus nombreux, ajouta Putte-d'Ours avec orgueil.
—Comment lu prisonnière blanche est-elle tombée au pouvoir du Corbeau, demanda Joseph
: —A trois jours de marche d'ici, nous avons rencontré une petite
bande de Sioux qui s’acheminait à l'Est venant de bien loin, du soleil e
couchant, Ils nous montrèrent des objets rares et utiles pour nous. Nous fines des échanges, leur donnant des provisions, etc. : Le Corbeau, ayant su que ces Sioux avaient une captive blanche