‹ Le café: culture-manipulation, productionChapitre 10 sur 116 · SOL B · texte numérisé non relu

SOL B

Sol inculte

100 p. (le terre fine séchée à l'air renferment :

Azote 0,175 0,1 14

Acide phosphoriquc. . . . 0,077 o,486

Potasse 0,087 0,110

Chaux , 0,330 1,786

Magnésie o,43o 0,260

Calcaire Traces. Traces.

Ces deux échantillons prélevés en des points très rapprochés, sur Fun et l'autre versant d'un coteau, paraît-il, se montrent très différents au point de vue <le la production, sans que l'analyse donne cependant une raison suffisante de cette différence profonde qui tient évidemment à des causes secondaires.

Utilité des analyses. — Avant d'entreprendre une plantation de quelque importance, il est prudent de faire analyser le sol. Mais il ne faut pas se borner à l'analyse chimique.

L'analyse mécanique a pour but de déterminer les proportions de terre fine et d'éléments grossiers contenus dans le sol naturel; cette analyse mécanique est indispensable, car l'analyse chimique portant toujours sur la terre fine, il est nécessaire de connaître le taux de celle-ci pour pouvoir rapporter les résultats à la terre brute. L'analyse mécanique se fait facilement à l'aide de tamis de divers numéros; elle renseigne sur la teneur du sol en cailloux, en gravier et en terre fine.

L'analyse physico-chimique n'est pas moins utile ; elle permet de séparer dans un sol donné le sable, l'argile, l'humus et l'eau et de fixer les proportions relatives de ces diverses parties (i).

(i) Nous recommandons à nos lecteurs l'ouvrage suivant dans lequel

Enfin, Tanalyse chimique permet de reconnaître et de doser l'azote, la potasse, l'acide phosphorique, etc.

Les deux premières opérations n'exigent ni connaissances bien étendues, ni un matériel bien dispendieux; mais la troisième ne peut être confiée qu'à un chimiste.

Les résultats obtenus ne peuvent, d'ailleurs, être pris en considération au point de vue de l'application pratique que si le planteur possède des éléments de comparaison pris dans la même région, dans des conditions de climat, d'exposition à peu près identiques. Nous ne pouvons trop insister sur ce fait, car la simple comparaison d'analyses de sols des régions tropicales avec des analyses de terres de nos pays^ pourrait conduire à des conclusions tout à fait erronées.

Nous devons aussi ajouter que l'échantillonnage des terres destinées à l'analyse doit être l'objet de la plus scrupuleuse attention (i).

ils trouveront toutes les indications relatives à l'analyse des sols : Aug. Vivier. Analyse et essai des matières agricoles. Paris. 1897.

(i) On commence par déterminer dans le territoire de la plantation un certain nombre de points où pourront être prélevés les échantillons. Cespoints une fois déterminés, on nettoie la surface du sol à Taide d'une pelle, de manière à éloigner du lieu où on prélèvera la terre, les détritus qui la recouvrent accidentellement, tels que feuilles sèches, fragments do bois, corps étrangers, etc. La place étant bien propre, sur une surface do 1 mètre h i™,5o de côté on pratique, à la bêche, un trou à parois aussi verticales. que possible, en rejetant au dehors la terre qu'on extrait de cette petite fosse. La profondeur de ce trou peut être portée, quand il s'agit de plantations de café, à i mètre de profondeur. Lorsque la fosse est complètement nettoyée, on marque sur une des parois des lignes horizontales à o'",a5. o™,5o et o"*,75 de profondeur de façon à diviser la hauteur de la paroi en quatre parties égales. Sur chacune de ces parties on prélève, à la bêche, par des sections verticales, des tranches de terre de façon à obtenir quatre échantillons du poids de chacun 4 ou 5 kilogrammes qu'on dépose séparément sur quatre bâches étendues à terre.

On répète ce prélèvement sur autant de points que cela est nécessaire pour obtenir une représentation aussi exacte que possible de la composition

Les terres à café du Brésil. — Au Brésil, les terres à café sont désignées d'après leur couleur beaiicoup plus que d'après leur composition chimique, dont beaucoup de planteurs se soucient fort peu. La « terra roxa », d'un rouge très foncé, produite par la décomposition d'une diorite très riche en feldspathset en amphibole est considérée comme la plus favorable à la culture du café; elle est très riche en potasse et contient une forte proportion de fer qui lui communique sa couleur.

Les terres dites « terra vermelha » et « terra massapé » sont moins estimées; elles sont produites par la désagrégation du granité et du gneiss; les terres « massapé » sont de couleur moins foncée que les premières; elles sont rouges brunâtres ou cuivrées; elles contiennent aussi moins de fer, mais^ en revanche, plus d'argile, de potasse et de quart/, arénacé (d'après Van Delden) ; elles contiennent

moyenne du sol. On réunit ensuite, sur des bâches plus grandes, le» échantillons prélevés à la même profondeur ; on les mélange aussi intimement que possible et on prélève sur chaque tas un échantillon moyen de 4 à 5 kilogrammes environ. On étale ces échantillons sur des toiles dans un lieu couvert et on la laisse se ressuyer à l'air. Lorsque la dessiccation est sufiBsante, la terre est mise dans un sac ou même dans un vase en terre et soigneusement étiquetée.

Pendant le mélange des divers échantillons sur les bâches on a écarté les pierres et les cailloux qui dépassent le volume d'une noix, en notant approximativement leur nombre relativement à un poids donné de terre, leur grosseur et leur valeur géologique et chimique (calcaire, siliceuse, etc.^

(Ces données sont tirées en partie des instructions publiées par la station agronomique de l'Est (rue de Lille, Paris) dont le directeur est M. Grandeau, l'éminent agronome bien connu. Afin de renseigner plus complètement nos lecteurs nous reproduisons ci-dessous le tarif do cette

station à titre de document :

PRIX QLANTITK à envoyer.

Analyse physico-chimique d'une terre ao fr. 2 liilog.

Dosage de Tazote total, de l'acide phosphorique, de la potasse,

de la chaux et de la magnésie 26 fr. a kilog.

Analyse complète d'une terre iio fr. !\ kilog.

Co LE CAFÉ

très peu de chaux. D'après le professeur Derby, les terres désignées à Rio et à Sgfn Paulo sous les mêmes noms de « terra vermelha » ou de « terra massapé » ne possèdent d'ailleurs pas exactement les mêmes caractères.

Enfin, les terres dites « terra area » sont des terres sablonneuses provenant de la désagrégation des grès; elles sont moins fertiles que les précédentes; mais, cependant, elles sont encore propres à la culture du café.

Ce qu'il faut retenir de ces détails sur les terres des plantations du Brésil, c'est qu'elles ne sont généralement pas calcarifères ; en outre, elles paraissent en général d'autant plus favorables à la culture du café qu'elles sont plus riches en oxyde de fer. On a même remarqué que les plantations dont le sol est riche en sable et en oxyde de fer sont, plus que les autres, à l'abri des attaques de l'Hemileia. Enfin, ces terres du Brésil sont, en général, très profondes en €e sens qu'on ne rencontre la roche non désagrégée qu'à plusieurs mètres de profondeur ; mais, par contre, elles sont très pauvres en humus, ce qui ne paraît pas nuire à la végétation du caféier. Dans le choix d'une terre propre à une plantation de caféier, il conviendra donc de ne pas se laisser arrêter par cette absence plus ou moins complète d'humus à la surface du sol.

Les terres argileuses ne sont pas non plus à rejeter, car en certains pays (Nouvelle-Calédonie, d'après Raoul), elles fournissent de belles récoltes et un produit très estimé ; mais, cependant, il ne faut pas qu'elles soient trop compactes (i).

(i) Les terres argileuses conviennent surtout dans les régions un peu «scarpées, car le ravinement se fait moins facilement.

LE SOL 6r

Celles qui sont mélangées de sable ou de gravier conviennent davantage, et, au Brésil, par exemple, les terres dites « terra salmorâo fi, qui ressemblent à des terres « massapé » avec du sable en plus, sont très estimées et sont placées immédiatement après la « terra roxa ».

Les plantes qui poussent à l'état spontané dans une région donnée, sans aucune culture, constituent le plus souvent des indices certains de la composition du sol et on peut établir une plantation de café sur les terrains où se rencontrent abondamment certains végétaux ayant les mêmes exigences que le caféier. Au Brésil, ces arbres typiques sont nommés padroes et les meilleures terres à café se rencontrent, d'après Dafert, dans les régions où vit le GaUesia Gorazema Miq.; c'est une plante qui a, comme le caféier, des racines profondes et qui ne peut supporter les gelées. D'après Van Delden plusieurs autres plantes telles que le Cedrela brasiliensis Juss. et St-Hil, le Cecropia peltata Linn., etc., constitueraient aussi des indices de première valeur des terrains propres à la plantation du caféier.

A Java, d'après Teysmann, les arbrisseaux du genre Lantana (famille des Verbénacées) se rencontrent partout, entre les altitudes de 5oo et 1,200 mètres, où on peut établir avec succès des plantations de café.

Par contre, on connaît, au Brésil, des plantes dont la présence constitue une contre-indication très nette pour la culture du café, car elles ne se développent que sur des terres sèches impropres à la végétation du caféier ou à des altitudes trop élevées. Il ne nous paraît pas utile de les signaler ici, car les indications qu'elles fournissent n'ont qu'une valeur locale.

Terres volcaniques. — A Costa-Rica, de même qu'aux Iles Fidji, dans des régions par conséquent très éloignées, on considère comme terres éminemment propres à la culture du café celles qui proviennent de la désagrégation des laves ou autres roches volcaniques. On rapporte même que le volcan de Turialba (Costa-Rica) ayant vomi pendant plusieurs mois des torrents de cendres qui s'abattirent sur les régions voisines jusqu'à plusieurs milles de distance, des plantations de café à peu près complètement épuisées reprirent leur vigueur à la suite de la chute des cendres volcaniques, et cette fertilité paraît être de longue durée (d'après Seinler).

En résumé, le caféier affectionne un sol profond; les terrains argilo-sableux lui conviennent particulièrement; il ne prospère pas dans les terres trop riches en calcaire; mais, cependant, il lui en faut quelque peu. De plus, on doit trouver à l'analyse une proportion suffisante d'acide phosphorique, de potasse et d'azote.

Les terres humides ne lui conviennent pas; après un beau début, il souflre bientôt et meurt; il se plaît même mieux dans les terres trop sèches que dans les terres trop humides, car, dans les premières, une (ois pa?'tiy il se comporte très bien.

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