‹ Le café: culture-manipulation, productionChapitre 110 sur 116 · COLORATION ARTIFICIELLE DES CAFES · texte numérisé non relu

COLORATION ARTIFICIELLE DES CAFES

On sait que la valeur commerciale des cafés se règle beaucoup plus d'après les caractères extérieurs des grains (couleur, forme, etc.) que d'après les qualités intrinsèques des graines elles-mêmes; aussi s'est-on ingénié à donner à des cafés mal préparés une apparence extérieure capable d'élever leur prix de vente.

La coloration artificielle est obtenue par mélange des grains avec une matière colorante en poudre impalpable dans un appareil animé d'un mouvement de rotation. Les substances employées varient natu-

(i) Voir Trillich. Z. f. angew. Chem.^ 1891, p. 54o.

SUCCÉDANÉS DU CAFÉ 33i

rellement suivant la couleur primitive du café à haaller et celle du cale à obtenir. Le choix de ces sul)stances exige donc une assez longue expérience.

Nous nous dispenserions volontiers de faire connaître les substances employées si nous n'avions trouvé dans le Giomale di Farmacia de Trieste le moyen de les reconnaître.

Les couleurs noires employées sont fournies par le graphite, le charbon de tilleul, le noir animal, etc. ; les vertes sont : l'outremer, des mélanges de jaune et de bleu, des laques de vert malachite; les bleues : bleu de Berlin, outremer, laques de diverses couleurs d'aniline, tannate de fer; les jaunes : chromate de plomb, ocre jaune ; les blanches : carbonate de calcium et talc.

Ces couleurs sont d'ailleurs toujours employées non pas seules mais en mélanges.

Le chromate de plomb, en raison de ses propriétés couvrantes, fait partie de presque tous les mélanges. La recherche du plomb est facile : on traite par l'acide azotique, on filtre, on évapore au bain-marie pour chasser l'excès d'acide et on traite par l'hydrogène sulfuré qui donne un précipité noir plus ou moins abondant de sulfure de plomb. Dans le liquide filtré, un excès d'ammoniaque et de sulfhydrate d'ammoniaque précipitent le chrome.

Les colorants tirés de la houille sont généralement à l'état de laques d'alumine. En faisant bouillir avec l'alcool ou l'éther on les dissout. Le colorant jaune de naphtol donne avec l'acide sulfurique concentré une coloration rouge fuchsine devenant jaune orangé par dilution. Une partie traitée par un alcali devient rouge brun.

Le jaune rouge de l'amidoazobenzol devient rouge

par l'acide chlorhydrique et reprend sa coloration par addition d'eau.

Le talc, la cire, la résine, la sandaraque servent aussi à lustrer le café.

Nous ne croyons pas utile d'insister plus longuement sur cette question des succédanés ou des transformations du café.

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