LES ABBBES D'OMBRAGE ET D'ABRI
rables et il est de fait qu'à Java, à la Réunion, aux Antilles et au Mexique, on se trouve bien dans la plupart des cas de recourir à l'emploi de ces arbres <l'ombrage ; nous croyons donc devoir indiquer les plus employés, en signalant autant que possible leurs qualités spéciales et leurs défauts.
Conditions qu'ils doivent remplir. — Ces arbres doivent remplir un certain nombre de conditions essentielles. On comprend d'abord qu'ils doivent pousser très vite afin de dépasser rapidement les caféiers qu'ils sont chargés d'abriter ; il convient en outre de rejeter ceux qui fournissent un feuillage trop compact, et ceux qui, possédant un bois de peu de résistance, pourraient être renversés par les coups de vent un peu violents. 11 faut rejeter aussi ceux qui sont habituellement la proie des insectes, car ce serait attirer ces redoutables ennemis dans la plantation. Le planteur devra s'assurer qu'ils ne possèdent pas un système radiculaire trop développé pouvant entraver la croissance des caféiers et qu'ils n'épuisent pas le sol d'une façon exagérée. A ce propos il n'est peut-être pas inutile de faire remarquer qu'il est illogique de planter comme arbres d'abri des essences fournissant des fruits ou des graines utiles qu'on se propose de récolter. C'est en effet enlever au sol une partie des matières nécessaires au caféier. Je crois qu'il faut rejeter au même titre les arbres à caoutchouc comme VHevea ou le Manihot Glaziovii, qui épuisent le sol aux dépens du caféier ; les essais tentés à Ceylan avec le Manihot n'ont pas donné de bons résultats. Mais par contre rien n'empêche de choisir des arbres dont le bois est utilisable. La vente de ce bois constituera
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un revenu appréciable à un moment donné. Cependant, comme les arbres dont le bois est utilisable n'acquièrent une valeur qu'au moment où le tronc a acquis une certaine grosseur, il en résulte qu'à cette période de leur croissance ils ne constitueront plus qu'un abri très imparfait. On voit facilement aussi les dégâts que pourrait occasionner l'élagage d'arbres aussi grands. Quand on choisit des arbres d'ombrage de moyenne taille il est bon que les feuilles possèdent la faculté de se fermer dans la nuit pour ne pas entraîner le dépôt de la rosée. .
Enfin, il n'est peut-être pas inutile d'appeler l'attention sur ce fait que certains arbres de la famille des Légumineuses portent sur leurs racines des nodosités capables de fixer l'azote atmosphérique ; c'est précisément le cas du Dapdap [Eryihrina subwnbrmis) très employé à Java. De tels arbres sont de véritables agents de fixation de l'azote, et quand les feuilles tombent sur le sol elles produisent l'effet d'une funuire azotée. C'est ce qu'a constaté M. Grandeau pour les feuilles du Bois noir utilisé comme arbre d'ombrage en Nouvelle-Calédonie.
SUBSTANCES MINÉRALES CONTENUES DANS 1,000 KILOGRAMMES DE FEUILLES SÈCHES DE BOIS NOIR (d'après M. Grandcau)
Azote i8'*K',7go
Acide phosphorique i 4oo
Potasse 3 i8o
Chaux 87 »
Magnésie 2 5oo
Ces feuilles constituent, comme on le voit, uno véritable fumure azotée.
L'utilité des arbres d'ombrage paraît surtout évidente pour les plantations de café d'Arabie ; mai& encore faut-il fournir cet ombrage dans une sage