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LES ARBRES D'OMBRAGE ET D'ABRI

mesure. Lorsque des caféiers nouvellement plantés sont trop fortement ombragés, ils poussent d'abord très bien et présentent un feuillage d'un beau vert sombre qui fait concevoir les plus belles espérances ; mais, quelques années après, Tarbuste se montre plutôt débile et les feuilles ont produit leur teinte vert sombre. Il est probable que le système radiculaire ne s'est pas développé. Les planteurs de Java ont remarqué que de tels caféiers se montrent particulièrement accessibles aux attaques de THemileia.

Si Tombrage n'est pas très nécessaire pour le Libéria dans les premières années, il n'en est plus de même pendant la période de production, car, faute d'ombrage, ce caféier n'atteint pas une grande longévité. Mais comme d'autre part un ombrage trop épais peut nuire à la fructification, il est bon de garder un juste milieu.

Principaux arbres employés. — Les principaux arbres d'ombrage employés par les planteurs de café dans différents pays (et surtout à Java) sont les suivants :

Albizzia moluccana. Miq. (en malais Sengoan Laoot). Croît très rapidement et offre un ombrage trop fort. De plus ses branches ne résistent pas à un vent violent et leur chute cause des dégâts nombreux dans les plantations.

Albizzia stipulata Boiv. (En malais Sengon Yora). Comme le précédent. Dans les premières années de sa croissance ses branches sont chargées à leur extrémité d'un feuillage trop lourd, ce qui les fait retomber jusqu'à terre sur les caféiers et prive ceuxci de l'aération nécessaire.

too LE CAFÉ

Albizzia Lebbek Benth. (Bois noir, bois à feu ou à friture). Le tronc donne une gomme analogue à la gomme arabique. Bois à grain fin, dur, serré, veiné de rose et de rouge, qui noircit en vieillissant. La variété de la Réunion et des Antilles est de petite taille et peut être employée comme abri pour le café. D'après J. de Cordemoy (Flore de la Réunion), les feuilles constituent un excellent fourrage pour les bestiaux. Nous pensons qu'il est préférable dans une plantation de café de les laisser se décomposer sur le sol, car elles contiennent une quantité considérable d'azote, fixé par les tubercule radicaux (i).

Pithecolobium Saman (Regenboon) ; est le plus apprécié des arbres à ombrage ; il pousse très droit et c'est seulement à 6 ou 7 mètres du sol que commence sa couronne de feuillage ; la tige fournit un bois dur se prêtant à de multiples applications.

Cœsalpinia arborea.

— dasyrrhachis Miq.

Cassia florida Wahl. (En malais Djolxar),

Erythrina lithosperma^ Bl. ou Dadap Djangoen.

Erythrina indica, L. ou Dadap serep.

Erythrina subumbrans ou Dadap,

Les planteurs de Java paraissent apprécier beaucoup Y Erythrina indica dont les branches résistent aux efforts du vent. Il n'en est pas de môme de VErythrina lithoaperma.

Les Erythrines se multiplient facilement de bouture et présentent une croissance assez rapide.

Au nombre des arbres les plus appréciés comme îîbris pour les plantations de caféiers, nous citerons encore Eriodendron anfracttiosian ou Kapock,

(i) Voir page 98 les résultats des analyses effectuées par M. Grandeau.

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Cet arbre, commun dans les pays chauds de toutes les parties du monde, convient, pafaît-il, fort bien pour les plantations de café. On Tutilise actuellement à Java concurremment avec un autre que les indigènes désignent sous le nom de Mindhié (i). Ces deux arbres perdent leur feuillage pendant les derniers mois de la mousson de l'est ; mais les caféiers n'en subissent aucun préjudice.

On utilise encore, à titre d'arbres d'abri :

Grewia columnaris ;

Schizolobiiun excelsum;

Ficus glomerata Roxbg (Conimon.) ;

Ficus tuberciilata Roxb., Coorg et Mysore ;

Ficus mysorensis Hayne, Coorg et Mysore ;

Ficus infectoria Roxb., Coorg et Mysore;

Tectona grandis L. (Teck) ;

Cedrela toona Wild. (Red cedar.) ;

Byrsonima spicata (Moricypre) ;

Peptadenia colubrina Ben th.

= Acacia virginalis Pohl ; = Acacia angico Mart. ;

Sponia Wigtii;

Melia compositaVsfWà ;

Acrocarpus fraxinifoliusWight; Coorg et Mysore;

Eugenia (plusieurs espèces E. janiholana ; E. zejjlanica, etc.) ;

Pterocarpus marsupium Roxb ;

(i) On a l'habitude^ de reproduire ces arbres par boutures. Celles-ci peuvent être fournies par des branches de deux et même de trois pouces de diamètre. On ne doit pas les couper trop longtemps à l'avance. Il faut, autant que possible, les choisir droites, les tailler en biseau à l'extrémité inférieure et les enfoncer d'un seul coup dans un trou d environ un pied et demi de profondeur sur un de diamètre ; puis remplir ce trou de bonneterre qu'on foule ensuite avec le pied. Il arrive souvent que ces boutures faites sur place ne réussissent pas, ce qui occasionne des retards très préjudiciables. On obtiendrait de meilleurs résultats en repiquant des arbres formés d'avance en pépinières.

Artocarpus hirsuta Lam.

Cette dernière série d'arbres comprend surtout les essences utilisées ou essayées dans Flnde et à Ceylan.

En Arabie, on emploie le Ficus pseudo-sycomorus et des arbres appartenant aux genres Tamarindus, Ehretia, Dobera, etc.

Dans le centre de l'Amérique et principalement au Mexique, les Bucares ou Erythrines ont la préférence.

En somme, il est bien difficile d'indiquer d'une façon générale les essences qu'il convient d'adopter. C'est au planteur à se rendre compte par lui-même des qualités et des défauts des arbres qui viennent le mieux dans la région qu'il habite. Mais s'il craint de faire des essais qui pourraient compromettre le succès de sa plantation, il aura intérêt à se procurer à Ceylan ou à Java les graines des arbres les plus usités dans ces colonies.

Ajoutons pour terminer que certaines plantations, exposées à des vents violents, ont besoin d'être protégées par des rideaux d'arbres. A Java, on emploie principalement pour cet usage un arbre <le la famille des Malvacées, le Waroë, qui présente une grande résistance ; mais comme il atteint une taille élevée il convient de combler les intervalles entre les troncs par des arbres de taille moins élevée, comme le Morus indica^ le Bixa orellana, etc.

On a même proposé de cultiver le caféier en pleine forêt ; il convient naturellement de choisir les jeunes bois et non pas les forêts de grande futaie ; on y trace des allées au milieu desquelles on plante les jeunes caféiers.

Cette pratique nous paraît tout à fait défectueuse,

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-car c'est livrer les caféiers aux attaques de tous les insectes qui pullulent dans les forêts tropicales. Nous avons visité une plantation faite en forêt où on avait seulement laissé quelques arbres chargés de fonctionner comme arbres d'abri. Mais, on le comprend, ^'es arbres ne peuvent être régulièrement espacés et ne rendent pas les mêmes services que des arbres spécialement plantés pour cet usage. D'ailleurs, des arbres ayant poussé en pleine forêt n'offrent jamais la même résistance au vent que les arbres isolés et leur chute ne peut que causer des dégâts sans noml3re dans une plantation.

Aux Antilles, les abris sont habituellement constitués par des lignes d'arbres plantés dans deux directions rectangulaires. Les lignes perpendiculaires à la direction principale des vents régnants, sont à dix mètres les unes des autres ; les lignes perpendiculaires aux premières ont un écartement de trente mètres •environ. Les arbres employés sont les suivants:

Le Pois-doux ou Poix-doux blanc [Inga laiirinaVsf ,)^ abondant à la Guadeloupe. Il est malheureusement attaqué, dans un certain nombre de plantations, par une maladie qui provoque la chute des feuilles.

Le Galba [Calophyllum Calaba L.), assez abondant à la Guadeloupe et surtout à la Martinique ; il constitue un abri très efficace, préféré par un grand nombre de planteurs au précédent: malheureusement il ■épuise le sol et les caféiers ne viennent pas bien dans son voisinage immédiat.

L'arbre dit Pomme-rose {Eugenia Jambos L.), surtout employé en lisière contre le vent.

Les jeunes caféiers sont souvent abrités par des bananiers ou par le malanga [Xanthosoma sagittifo^ Hum Schott.). ,

loï LE CAFÉ

Plus tard, entre les rangs de Pois-doux, de Galba ou de Pomme-rose, on plante, dans un certain nombre de caféeries à litre d'abris contre le soleil, l'acajou du pays [Cedrela odorataL.), le châtaignier (/Irtocarpus incisa var seminifera), l'immortel jaune {EryÛirina amasica Spruce). Mais à la vérité j'ai vu bien peu de ces trois derniers arbres dans les plantations des Antilles.

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