EXTRÊMES MOYENNE
Acide phosphorique i,a8à a,/|8 2,o3
Potasse 1,76 C,20 3,37
Chaux 33,92 3g, 84 37,38
Magnésie o,G3 7,88 3,58
On emploie aussi à Java les tourteaux d'arachide et de kapock [Eriodendrum anfractuosum). Les tourteaux •d'arachides constituent surtout, paraît-il, un engrais très estimé et qui donne d'excellents résultats (i\
Sans doute on peut arriver, par l'utilisation consciencieuse des pulpes de fruits et par Tenfouissement des mauvaises herbes, par l'épandage des cendres produites dans les défrichements nouveaux, à retarder le plus possible l'appauvrissement du sol et on lui restitue, en partie du moins, les substances qui ont été prélevées par la récolte ; mais cette restitution par l'emploi de la pulpe n'est que partielle et si la pratique de cette fumure est recommandable dans toutes les occasions, elle n'est cependant pas suffisante.
D'ailleurs, en matière de fumure, on ne doit pas ;seulement se proposer de rendre au sol ce que les récoltes lui ont pris ; il faut chercher aussi à établir autour de là plante les conditions les plus favorables pour porter sa production au maximum et le' planteur doit se proposer de maintenir cette production aussi longtemps que possible.
Dans les premières années, pendant la période d'accroissement, on se trouvera bien d'augmenter la proportion d'azote qui hâtera la venue du caféier ; plus tard, au moment de la première récolte, l'acide phosphorique et la potasse favoriseront le développement des fruits. Quand l'arbre aura atteint sa taille défini-
(i) Des recherches récentes poursuivies à Java par le professeur Winlcr ■ont démontré que les tourteaux de graines oléagineuses possèdent dans les régions tropicales une valeur plus grande qu'en Europe au point de wie de la fumure des terres. Ces résultats ont été confirmés par M. Bonamc, directeur de la station agronomique de Maurice, qui a reconnu, dans ses essais de 1896, que l'azote des tourteaux se nitrifiait assez rapidement pour qu'il soit possible d'en conseiller l'emploi dans les sols perméables et irrigués où il serait imprudent de répandre des nitrates.
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tive, la fuiniire pourra devenir simplement une fumure de compensation et à ce moment la quantité et la nature des engrais devront être réglées sur l'importance des récoltes et d'après leur composition chimique. S'il était possible de se procurer des engrais organiques, tels que des engrais de ferme, en grande quantité, leur action serait presque toujours suffisante et il ne serait ni utile ni nécessaire d'y ajouter des engrais minéraux. Malheureusement, cette condition se trouve rarement réalisée et on doit recourir, en partie du moins, à des engrais minéraux.
Études de M. Dafert. — D'après le D' Dafert (i), qui a entrepris à ce sujet des études intéressantes à l'Institut agricole de San Paulo (Brésil), les engrais minéraux employés seuls donnent toujours des résultats moins favorables qu'un mélange d'engrais minéraux et d'engrais organiques, et l'effet utile des premiers se montre toujours d'autant plus marqué qu'ils sont mélangés à une plus forte proportion des derniers ; mais ceux-ci employés seuls, dans cette même proportion, ne donneront pas le même résultat que le mélange des deux sortes (2).
D'après M. Dafert, il faut être très circonspect aussi dans l'emploi des fumures pures de chaux ou de magnésie quand il s'agit d'une plantation de caféiers, et il n'est guère possible de fixer exactement les limites qu'il ne faut pas dépasser, car ces limites dépendent naturellement de la composition du sol ;
(i) Erfahrungen uber raiionellen Kaffeebau, von D»" F. W. Dafert^ Berlin, 1896.
(2) M. Grandeau (Aa fumure des champs et des jardins^ Paris, 1897, page 3) s'exprime de la façon suivante : « Un fait essentiel qu'il ne faut jamais perdre de vue, fait acquis d'une façon absolument certaine
BAGUAIS
mais on a ohscrvi;, en tout cas, qu'un excès dp. ces siiljslances exerce une influence fâcheuse sur la
Fjc, II. — (jféier planlé lo a8 juillet iSg'i : phologr. fin juillet iSijâ.
composée de i«'3B de [ilàlre, oB'.j; do «iiKnle de nugnésie. i"de «el nulrilifde W.gner, a",3j de nitrate d« polnsK eliJ'Mi de .ulfale dammonium.
croissance des caféiers et peut iiiôine l'onrayer complètement.
Quand il s'agit d'engrais très solublcs el surtout
par les nombreuses expériences qu'on a insliliiécs et suivies lant en l'rancc ipik l'étranger, c'est que les engrais aïolés H le nitrate de soude, en parliruller. no donnent leur plein effet que si le snl offre en m^me temps, à
lies engrais à base de potasse, il faut rviler de donner d'un coup de trop fortes fiiiniires; l'effet favorabl<; de ces engrais se montre d'autant plus marqué que
1 julllsl iS-)'i, pliatoi^r. fin juillot |.
les doses employées sont plus faibles et que leur application est plus souvent répétée.
Dans l'emploi des engrais d'origine animale ou végétale, il faut toujours avoir soin de ne pas employer
un excès, car ces engrais non utilisés immédiatement se putréfieraient autour du tronc de Tarbre et auraient une influence fâcheuse sur sa végétation. Cette observation est surtout vraie quand il s'agit de
Fie. i3. — PlnnU l« 36 juillel i8[|^ ; phoUigr. fin juillet tggS. Comme l« caféier de la fig. ii.
débris animaux; les planteurs de café entassent souvent, en effet, autour des caféiers, des débris d'animaux abattus ou morts accidentellement. En évitant l'excès, on peut faire de cette pratique un moyen de fumure. Il est nécessaire de n'employer qu'avec la plus grande précaution les fumiers d'étable qui sont
lia LE CAFÉ
cemment produits et qui ne sont pas encore faits. Il en est de même des engrais verts et composts qu'on ne doit employer qu'après leur complète décomposition.
Il est de règle générale que les arbres chétifs sont beaucoup plus facilement la proie des parasites et il ne manque pas de planteurs pour affirmer que YBemileia n'attaque guère les plantations de café en bon état. Quand les arbres sont malades, on est porté à leur donner plus de vigueur par une forte fumure. Il est bon, comme l'a indiqué P. Wagner pour les arbres fruitiers, de ne pas suivre ces errements. Il est préférable, surtout quand il s'agit d'engrais facilement solubles, de commencer par de petites doses souvent répétées et qu'on augmente peu à peu. L'arbre s'habitue insensiblement à cette fumure qui le tuerait irrémédiablement si elle lui était fournie d'un seul coup.
Choix des engrais. — Quant à la nature même des engrais qu'il faut donner aux caféiers, elle diffère naturellement suivant la composition du sol ; elle devra donc être réglée d'après deux facteurs principaux : le prélèvement opéré par les récoltes et la composition chimique de la terre. Il sera utile, par conséquent, de prélever en plusieurs points des échantillons de terre qu'on fera analyser (Voir page 58). Cette aiialyse, à la fois physique et chimique, fournira au planteur des renseignements indispensables pour le guider dans l'opportunité et le choix des fumures, surtout si on a soin de rapprocher ces données des analyses eflectuées sur des terres voisines où la culture du café donne de bons résultats. Mais en tout cas, si on constatait, par exemple, la pauvreté
ENGRAIS ii3
du sol en potasse ou en chaux, il conviendrait de ne pas servir isolément et en grande quantité une fumure calcaire ou potassique, car les fumures isolées produisent rarement des résultats satisfaisants.
Il est bien préférable de fournir en même temps au sol et en proportions convenables toutes les substances qui sont nécessaires à la végétation du caféier et surtout, comme nous l'avons dit plus haut, d'associer les engrais organiques et les engrais minéraux.
Dans toute question relative aux engrais minéraux, il n'est pas seulement nécessaire de s'assurer de la nécessité de fournir à une plante donnée un aliment déterminé. Il ne suffit pas, par exemple, de savoir que de la magnésie doit être fournie à une plante pour que cette plante produise des récoltes abondantes. Il est clair, en effet, que la magnésie, la potasse, la chaux, etc., peuvent être ajoutées sous des formes très variées. Les sels dans la composition desquels entrent ces diverses substances sont très nombreux; il convient donc de choisir ceux qui réunissent les conditions les plus favorables, c'est-à-dire ceux qu'on se procure le plus facilement et à meilleur compte et qui produisent en même temps l'effet le plus utile ; cette question complexe ne peut être résolue évidemment que par une longue expérimentation, et jusqu'ici les expériences entreprises n'embrassent pas encore une durée suffisante pour qu'il soit possible d'en tirer des conclusions fermes.
Dans ce qui va suivre, nous envisagerons donc surtout la quantité et la nature des éléments principaux qu'ilfautservirau caféier; maisnousnenousprononcerons que rarement sur la forme chimique sous laquelle il convient de les donner au sol et nous engageons vivement nos lecteurs à entreprendre eux-mêmes des
Lecomte. 8
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expériences en s'inspirant à la fois des observations que nous venons de formuler et des données numériques bien établies que nous fournirons plus loin. Mais nous croyons devoir leur recommander d'une façon générale de ne pas négliger tous les engrais organiques qu'ils pourront se procurer et qui seront le meilleur adjuvant de la fumure minérale ou qui pourront môme rendre cette dernière inutile. Il n'est pas toujours possible, il est vrai, de se procurer des fumiers de ferme, car on ne trouve habituellement pas de troupeaux à proximité des plantations de café; mais le planteur pourra utiliser les guanos quand il en existe dans la région, ou la poudrette, quand la plantation n'est pas trop éloignée d'une grande ville.
Épuisement du soL — Avant toutes choses, il est utile d'être fixé sur la nature et sur la proportion des diverses substances qu'une récolte de café prélève surle sol. D'après Boname, i,ooo-kilogrammesde café en grains sont fournis par 3, 880 kilogrammes de café en cerises et ces diverses quantités enlèvent du sol :
ÉPUISEMENT DU SOL PAR i,ooo KILOGRAMMES (CAFÉ EXPORTÉ)
(D*après Boname.)
Acide phosphorique Acide sulfurique. .
Chlore
Chaux
Magnésie. .
Potasse
Azote
3,880 kilogr.
de café
1,000 kilogr.
de café
Compositioo de la
en censés enlèrent
exporté eoiévent
pnlpe et de la
au sol
au toi
parcbe :
ENGBAIS
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Bien entendu, ces résultats ne représentent que des moyennes d'un certain nombre d'analyses effectuées sur des cafés récoltés à la Guadeloupe; ils n'ont par conséquent rien d'absolu ; mais cependant ils donnent une idée suffisamment nette de l'épuisement progressif du sol par les récoltes de café et peuvent servir de base pour l'établissement d'une fumure rationnelle. Nous pouvons d'ailleurs compléter ces résultats par ceux de John Hughes. Ce dernier auteur a fait porter ses recherches sur des plantations de Ceylan où les caféiers (d'Arabie) étaient très rapprochés (3,ooo à l'hectare). Il a trouvé pour le prélèvement annuel d'un caféier par la récolte des fruits et par la chute des feuilles :