‹ Le "Cahier rouge" de Benjamin Constant. PubliéChapitre 36 sur 36 · PROCÈS DE M. JUSTE DE CONSTANT · texte numérisé non relu

PROCÈS DE M. JUSTE DE CONSTANT

En 1787 lors des troubles de la Hollande entre le parti d'Orange et le parti patriote, Juste- Arnold de Constant, colonel au Régiment bernois de May, avait été accusé par quelques-uns de ses officiers de n'avoir pas agi avec l'énergie nécessaire. Un long procès commença de 1788 à 1791. M. de Constant ne put obtenir justice, Leurs Excellences de Berne soutenaient ses ennemis — il fut cassé de ses emplois avec dépens. Pour payer, il dut vendre le Désert, Vallombreuse, Beau Soleil, ses terres de famille. Il en appela. Enfin le 12 mars 1796 Benjamin put écrire à madame de Charrière : « La sentence

contre mon père vient d'être annulée. Il vient d'être replacé au service batave comme général. » Pendant toute la durée du procès de son père, Benjamin lit les efforts les plus énergiques pour sa défense.

Lettres de Benjamin Constant usa famille, etc., etc., Jean-H. Menos, in-18, Albert Savine, Paris, 1888.

Marianne Marin était au service de M. Juste de Constant. Il l'épousa lorsqu'il renonça à la nationalité suisse pour se faire reconnaître Français à la suite de son procès, s'établissant à Brevans près Dôle. Pour plus de détails sur elle et ses enfants voir le Journal intime, et les Lettres de Benjamin Constant à sa famille.

Charles Guillaume, duc de Brunswick, neveu de Frédéric le Grand, capitaine illustre et prince très remarquable qui fit de sa petite cour l'une des plus brillantes de l'Allemagne et y attira

beaucoup d'étrangers célèbres. Mirabeau fait de lui un portrait enthousiaste dans son Histoire secrète de la cour de Berlin (Londres, 1789).

DCEL AVEC M. DDPLESSIS.

Le duel avec M. Duplessis finit par avoir lieu car il se trouve mentionné dans le Journal intime en ces termes : « Il y a seize ans aujourd'hui (la date manque) que je me suis battu à Colombier et très bien battu avec M. Duplessis ».

Journal intime de Benjamin Constant et Lettres à sa famille et à ses amis précédés d'une Introduction par D. Melegari, Paris, OUendorfT, 4895.

Le Cahier Rouge se termine au milieu du récit de ce duel manqué. Il reste dans le manuscrit plusieurs pages vides qui font supposer que ce journal n'a point été continué. Benjamin Constant a d'ailleurs passé en voyage presque toute l'année 1811. Quittant Paris en

janvier, ses lettres sont datées successivement de Melun, Lausanne, Nyon, Bâle, Strasbourg, Francfort, Cassel, et enfin depuis la fin d'août du château du Hardenberg où il fit un séjour assez prolongé avec sa femme dans la famille de celleci. Il est possible qu'il ait employé les loisirs de cette villégiature pour rédiger ces notes devant servir à sa Biographie.

Il y a lieu de supposer que c'est le « Cahier Rouge » dont Benjamin Constant fit présent à son secrétaire peu de jours avant sa mort, ne pouvant autrement rémunérer ses services. Les traces de ce journal qui devait servir à la rédaction de ses Mémoires, et dont font mention Loève Veimars et Sainte-Beuve, se sont perdues; il est probable qu'il ait été racheté par M. Auguste de Constant d'Hermenches.

Le fils de ce dernier, M. Adrien de Constant, qui transcrivit en lettres latines le Journal intime écrit en caractères grecs, et qui y pratiqua les coupures nécessaires à sa publication, fait mention dans une notice sur Benjamin Constant, d'un autre journal rédigé par lui dans sa jeunesse. Il y serait question des débuts de son intimité avec madame de Staël, et ce diarium

comblerait donc l'intervalle entre la fin du Cahier Rouge, en 1787, et le commencement du Journal intime, datant de 1804. Ce manuscrit s'il existe encore, doit se trouver entre les mains des descendants de M. Adrien de Constant.

Voir pour ces détails l'Introduction du Journal intime, pa.r D. Melegari, pp. vu, vm, ix, Paris, OltendorlT, 1895.

COULOMMIERS Imprimerie Paul Brodapd.

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DC Constant de Rebecque, Henri

255 Benjamin

C7A17 Le "Cahier rouge"

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