‹ Le "Cahier rouge" de Benjamin Constant. PubliéChapitre 35 sur 36 · Allusion à un ancien prétendant de madame de Charrière · texte numérisé non relu

Allusion à un ancien prétendant de madame de Charrière

Benjamin, Benjamin Constant! » Ma. famille me gronderait bien d'avoir oublié le de et le Rebecque ; mais je les vendrais à présent three pence a pièce. Adieu, madame.

Madame de Charrière et ses amis, par Philippe Godet, p. 355, Genève, A. Jullien, 1906.

FUGUE EN ANGLETERRE

Lettre à madame de Charrière.

Septembre 1787.

Je relis ma lettre, madame, après souper et je suis honteux de toutes les fautes de style et de français. Mais souvenez-vous que je n'écris pas sur un bureau bien propre et bien vert, pour ou auprès d'une jolie femme ou d'une femme autrefois jolie, mais en courant non pas la poste mais les grands chemins, en faisant cinquante-deux milles comme aujourd'hui sur un malheureux cheval ; avec un mal de tête effroyable et n'ayant autour de moi que des êtres étranges et étrangers qui sont pis que des amis et presque que des parents.

Si j'avais pourtant épousé mademoiselle Pourras, j'aurais ma tête sur ses genoux, sur ses jolies mains et j'oublierais mes maux. Que je suis bête! Mademoiselle Pourras serait sur les genoux de Sainte-Croix II, etc., etc., etc.; et ma tête serait cent fois plus malade....

Madame de Charrière et ses amis, par Philippe Godet, t. I, p. 356, Genève, A. Jullien, 1906.

FUGUE EN ANGLETERRE

Lettre à mad'ime de Charrière.

Vous ne vous attendiez pas que je vous lasserais de mes balivernes à trois cents lieues de vous, comme dans votre chambre. C'est votre faute. Je ne sais quel roi (c'était un singulier roi, c'était presque un homme) disait à je ne sais qui : Si je connaissais un plus honnête homme que vous, je ne vous choisirais pas. — Et moi je vous dis : Si je connaissais quelqu'un de plus aimable, de plus indulgent, de plus bon que l'intéressant

auteur de Caliste, je ne vous écrirais pas si longuement. — Savez-vous bien, madame (pardon si je continue), que je suis en Lancashire, au milieu des Lancashre witches qui sont les plus jolies femmes de l'Angleterre, et par conséquent du monde ! J'en vois une qui fait tomber ma plume et tourner ma tête...

Madame de Charrière et ses amis, par Philippe Godet, t. I, p. 357, Genève, A. Jullien, 1906.

FUGUE EN ANGLETERRE

De tous les amis que j'ai eus, les neuf dixièmes au moins ou sont morts ou sont devenus fous ou ont tourné détestablement. On croirait que je les ai choisis à plaisir, pour pouvoir, en faisant beaucoup de sottises, conserver l'avantage d'être encore le plus sage de la compagnie.

Lettre à Rosalie de Constant, Lettres de B. C. à sa famille, Jean-H. Menos, Paris, Albert Savine, 1888.

En marge du manuscrit se trouve ici la mention « argent renvoyé et perdu ». Il s'agit sans doute des sommes que lui avaient avancées ses amis en Angleterre.

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