‹ Le cahier rougeChapitre 8 sur 52 · FANTAISIE NOSTALGIQUE · texte numérisé non relu

FANTAISIE NOSTALGIQUE

Mais ni les beaux habits, ni les tables chargées De gâteaux délicats, de fruits et de dragées, Ni le vieil écuyer qui lui dit ses combats, Ni les propos du clerc qui le flatte tout bas, Ni les doux oreillers de la profonde alcôve, Ni le palefroi blanc harnaché de cuir fauve, Ni les jeux féminins qui font bouillir son sang, Ni son père qui rit et pleure en l'embrassant, Rien ne peut empêcher que son cœur ne se serre Alors qu il se souvient de sa libre misère. Ah ! qu'il aimerait mieux le fruit à peine mûr Qu'on dérobe et qu'on mange, à cheval sur un mur, Le revers du fossé pour dormir et la source Pour laver ses pieds nus fatigués d'une course, Mais du moins le plein ciel et le vaste horizon ! — Parfois, sur le rempart de sa noble prison, On le voit, poursuivant sa chimère innocente, Caresser de ses doigts une guitare absente Et, les regards au ciel, le seul pays natal,

Se chanter à voix basse un air oriental.

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