‹ Le cahier rouge; poésiesChapitre 29 sur 51 · AUBADE · texte numérisé non relu

AUBADE

L'aube est bien tardive à naître, Il a gelé cette nuit ; Et déjà sous ta fenêtre Mon fol amour m'a conduit.

Je tremble, mais moins encore Du froid que de ma langueur ; Le frisson du luth sonore Se communique à mon cœur.

Emu comme un petic page, J'attends le moment plus sûr Où j'entendrai le tapage De tes volets sur le miur ;

Et la minute me dure Où m'apparaîcra soudain, Dans son cadre de verdure, Ton sourire du matin.

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DOULEUR BERCEE

1 oi que j*ai vu pareil au chêne foudroyé, Je te retrouve époux, je te retrouve père ; Et sur ce front, songeant à la mort qui libère, Jadis le pistolet pourtant s'est appuyé.

Tu ne peux pas l'avoir tout à fait oublié.

Tu savais comme on souffre et comme on désespère ;

Tu portais dans ton sein l'infernale vipère

D'un grand amour trahi, d'un grand espoir broyé.

Sans y trouver l'oubli, tu cherchais les tumultes, L'orgie et ses chansons, la gloire et ses insultes, Et les longues clameurs de la mer et du vent.

Qui donc à ta douleur imposa le silence?* — O solitaire, il a suffi de la cadence Que marque le berceau de mon petit enfant

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