LE PRINTEMPS
Mais, fier du fardeau léger,
Le berger La regarde avec ivresse Et presse le bercement
Si charmant Qui lui livre sa maîtresse.
Elle a son seul point d'appui
Contre lui, Qui touche ce que dérobe L'écharpe qu*un vent mutin
Du matin Fait flotter avec la robe.
Leurs beaux cheveux envolés
Sont mêlés.
Ils vont, rasant les fleurettes De leurs jeunes pieds unis ;
Et les nids Là-haut sont pleins de fauvettes.
— Un baiser sur ces cheveux,
Je le veux Et je veux que tu le veuilles.
— Non, berger, car les grimpants
iEgipans Sont là, cachés sous les feuilles.
— Un baiser, — qu'il soit moins prompt !
Sur ton front.
Sur ta bouche qui m'attire !
— Non, berger. N'entends-tu pas
Que là-bas Déjà ricane un satyre ?.
Ainsi l'ingénue enfant
Se défend Et veut détourner la tête ; Mais, pour augmenter sa peur,
Le trompeur Fait voler l'escarpolette;