‹ Le cahier rouge; poésiesChapitre 5 sur 51 · LE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

LE PRINTEMPS

Mais, fier du fardeau léger,

Le berger La regarde avec ivresse Et presse le bercement

Si charmant Qui lui livre sa maîtresse.

Elle a son seul point d'appui

Contre lui, Qui touche ce que dérobe L'écharpe qu*un vent mutin

Du matin Fait flotter avec la robe.

Leurs beaux cheveux envolés

Sont mêlés.

Ils vont, rasant les fleurettes De leurs jeunes pieds unis ;

Et les nids Là-haut sont pleins de fauvettes.

— Un baiser sur ces cheveux,

Je le veux Et je veux que tu le veuilles.

— Non, berger, car les grimpants

iEgipans Sont là, cachés sous les feuilles.

— Un baiser, — qu'il soit moins prompt !

Sur ton front.

Sur ta bouche qui m'attire !

— Non, berger. N'entends-tu pas

Que là-bas Déjà ricane un satyre ?.

Ainsi l'ingénue enfant

Se défend Et veut détourner la tête ; Mais, pour augmenter sa peur,

Le trompeur Fait voler l'escarpolette;

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