‹ Le caïd, opéra-bouffon en deux actesChapitre 35 sur 37 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

BIROTTEAU, seul

La nuit est venue pendant la scène précédente.

Oui, je le sais trop bien, hélas!

En ce moment ma pauvre tète, Que j'épouse ou n'épouse pas, Doit toujours être de la fête!

Maudit Tambour-Major! sans lui

Je voyais ma fortune faite, Tout s'arrangeait à merveille aujourd'hui. Quant à la sensible griselte, On trouvait bien quelque défaite... Et puis, la bigamie, ici, N'est point un cas pandable, Dieu merci! Mais parce qu'il a du courage, Et qu'il voit que j'ai peu de cœur, Il en abuse! il me fait peur!

Le lâche! En vérité, j'enrage!

Un instant je voudrais cesser d'être poltron Pour étriller ce fanfaron, Et sur lui venger mon outrage...

Il s'assied sur le divan et rencontre la canne que Michel y a déposée.

Page 1