MOSQUÉE SAY1DA-ZEY N A B
A la pointe occidentale du vieux quartier de Touloun, près du « Khalig » et de l’ancien Qantarael-Sebaa (Pont des Lions), est située la mosquée de Saijîda-Zeynab petite-fille du Prophète. La présence du corps de la sainte qui repose dans une salle particulière, indique assez le degré de vénération dont jouit cette mosquée, surtout parmi les femmes
L’édifice rappelle dans son ensemble celui de Hassanein. L’entrée principale est sur la face nord. Le côté ouest, remarquable par l’originalité de ses sculptures, est creusé de longues baies ogivales dans la partie inférieure desquelles s’ouvre une rangée de fenêtres grillées en losanges. La première porte latérale est presque entièrement recouverte de ferrures en bronze découpées en arabesques.
L’intérieur est réellement beau, mais plutôt sous le point de vue de l’ensemble que sous celui de l’architecture; comme à la mosquée Hassanein, ce qui frappe l’œil sont des colonnes en marbre blanc veiné, des lustres de cristal et des tapis d’une grande
MOSQUÉES
richesse. Le portail de marbre qui s’ouvre sur le parvis près de l’horloge, donne accès à la chapelle funéraire. Avant de pénétrer dans ce sanctuaire auguste, on traverse une sorte d antichambre où se tient le gardien de la mosquée; cette pièce est gai nie de tentures vertes et percée de deux fenêtres grillées a travers lesquelles on aperçoit le mausolée, de Sayida Zeynab. La porte du tombeau est garnie de ferrures en argent et ne s’ouvre pas facilement aux infidèles. Lne riche coupole abrite le corps de la sainte qui repose sous un baldaquin entouré d une grille en bronze. Les murs de la salle sont revêtus de lambris en bois, au-dessus desquels règne une grande inscription en or, qui est un des plus beaux spécimens de la calligraphie arabe.
Les deux tombeaux placés devant la mosquée appartiennent aux Cheikhs Saïd-Mohammed-Aati is et El-Aidarous, le premier, lecteur (fiqi) de Sanla- Zeynab, l’autre son précepteur (aarif). Lafête instituée en l’honneur de Sayida-Zeyriab, un des plus beaux moùlid que l’on célèbre au Caire, a lieu au mois de Regeb.
Dans le quartier de Sayîda-Zeynab, on visite deux autres mosquées qui sont l’objet d’un grand respect de la part des fidèles; l’une est celle du Cheikh - S ale h, l’autre d’un saint appelé Sultan-Hanéji qui vivait au quinzième siècle.
LA CITADELLE
La Citadelle est bâtie sur un mamelon du Gebel- Moqattam, qui domine le Caire au sud-est. On y pénètre le plus ordinairement de la place Roumeyleb, soit par le Bab-el-Gcdid en suivant une rampe accessible aux voitures, qui suit le contour des murailles ducôlé nord, soit plus directement par le qui s’ouvre au milieu de deux tours sarrasines précédées d’un perron de construction récente, et qui débouche sur un étroit défilé taillé dans le roc ; c’est dans ce passage qu’eut lieu le 1er mars 1811 le massacre des Mamelouks, acte terrible qui délivra l’Égypte de la domination tyrannique des Beys et affermit l’autorité de Mohammed-Ali. L’origine de la Citadelle remonte au douzième siècle; elle fut construite par l’émir Bohâ-cd-Din surnommé Qara-Qouch (l’oiseau noir), sur 1 ordre du sultan Salah-ed-Din (Saladin).
Histoire. — - A la mort de Nour-ed-Din qui régnait en Syrie, Salah-ed-Din \oussouf, gouverneur de l’Egypte, se déclara indépendant et souverain maître
LA CITADELLE
(l’Égypte et de Syrie (1174 — 570 de l’hégire). Les Croisés devinrent alors ses ennemis directs. La suite non interrompue de ses victoires et surtout celles qu’il avait remportées sur eux quand il n’était que vizir de Nour-ed-Din, les alarmaient d’autant plus qu’ils le voyaient par là se frayer rapidement le chemin qui devait l’amener avec eux sur le même champ de bataille. Voulant le prévenir, ils forcèrent la ville de Damas et remportèrent d’abord quelques avantages sur les troupes de Touràn-Schah qui commandait la place, mais ces succès furent de courte durée ; Salalied-Din ne tarda pas à paraître lui-même à la tète de son armée et contraignit les Croisés de battre en retraite.
Chaque fois que Salah-ed-Dîn s absentait pour une expédition, il confiait l’administration de 1 Égypte à son fidèle lieutenant, l’émir nubien Bohà-ed-Dîn-el- Assady auquel il laissait les ordres les plus précis pour faire exécuter tous les travaux qu’il reconnaîtrait d’utilité publique. L'émir remplissait toujours avec zcle les intentions de son maître ; grâce à son activité les digues furent réparées et consolidées en plusieurs endroits par de forts revêtements en pierre ; de nombreux canaux furent creusés, des ponts construits, des routes tracées, et la capitale embellie d édifices nouveaux. Les matériaux ne manquaient pas : on en avait trouvé amplement dans la démolition des petites pyramides du plateau de Giseh ; la vieille Memphis, qui avait été en partie dépouillée au profit d Alexan-
drie, de Fostat et du Caire, fut de nouveau exploitée, | et les monuments des anciens pharaons continuèrent à servir de carrières pour les constructions arabes. C’est en présence de ces matériaux si abondants, dont la source semblait intarissable, que Bohâ-ed-Diii proposa au sultan d’élever à l’extrémité de la croupe septentrionale du Moqattam, une forte citadelle qui assurerait la tranquillité de la ville et renfermerait > le palais du souverain. Ce plan fut aussitôt adopté et exécuté sur l’emplacement d’une ancienne forteresse du temps des Toulouniiles, appelée Qasr-el-Haoua (château de l’air). Les historiens arabes contemporains rapportent que Salah-ed-Din, pour s’assurer de la salubrité du lieu, constata par des expériences répétées, que la viande exposée à l’air libre s’y conservait fraîche vingt-quatre heures de plus que dans tout autre endroit du Caire ou des environs.
Lorsque la citadelle, la même qui existe actuellement, fut terminée, on songea à entourer la ville d’une enceinte fortifiée, de telle sorte, qu’elle devait braver toutes les attaques de l’ennemi. D’après le plan proposé, les murailles devaient avoir une vaste étendue et renfermer non-seulement la capitale, mais j encore Foslal ; de plus, l’ancienne forteresse de Babylone (Qasr-ech-Chama) devait être protégée par des bastions du côté sud, et File de Raoudah porter à ses extrémités deux énormes tours pour commander le fleuve. Ces vastes projets de fortifications i furent réduits à l’enceinte du Caire non compris les
LA CITADELLE
faubourgs. Ces travaux nécessitèrent la démolition de plusieurs mosquées et de quelques tombeaux, .ainsi que l’expropriation des maisons et des terrains qui se trouvaient sur le tracé ; des impôts furent levés pour subvenir à ces dépenses extraordinaires. La population cria à la profanation et à la tyrannie ; mais si la résistance se borna à ces protestations inoffensives contre le souverain, la vindicte populaire s’est pour ainsi dire éternisée contre le ministre, instrument direct des actes du pouvoir suprême, en prenant pour armes, à défaut de toute autre, le sarcasme et la plaisanterie la plus amère. Le vizir, déjà surnommé par le peuple Qara-Qouch (oiseau noir), surnom que l’ histoire a consacré, fut choisi par le parti de l’opposition, et c’était le plus considérable, pour être le héros idéal des spectacles bouffons de marionnettes et des baladins, le vouant ainsi d’âge en âge à la risée publique. Léguée comme un héritage de vengeance, passant de génération en génération aux mains des bateleurs, la rancune populaire est arrivée jusqu’à nous ; maintenant encore le polichinelle égyptien que l’on voit figurer dans des scènes aussi burlesques que licencieuses, s’appelle qaraqouch ou, par corruption, qaraqoz.
En 1177 (573 de l’hégire), les hostilités recommencèrent entre Salah-ed-Dîn et les chrétiens ; cette fois le conquérant arabe fut battu à Ramleh par Raynaud de Chàtillon. Cinq ans P1 us tard les émirs, d’accord avec les habitants de Moussoul, traitaient
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sourdement avec les Croisés pour réunir leurs elforts contre le sultan d’Égypte. Prompt à déjouer ces projets de coalition, Salab-ed-Dîn parut tout à coup, prit Alep, s’empara de plusieurs autres villes, puis vint camper devant Moussoul, la seule place qui restât de l’ancien royaume des Atabeks. Le siège de Moussoul fut interrompu par diverses opérations militaires sur les frontières de Syrie, et repris définitivement en 1185 (581). Des propositions pacifiques furent faites à Salali-ed-Dîn qui les accepta à condition d’être reconnu comme chef suzerain par les émirs avec lesquels il était en guerre, et proclamé comme tel à la prière solennelle. La paix fut signée et Salah-ed- Dîn n’eut plus que les Croisés à combattre. En 1187 et les années suivantes, il leur enleva Tabaryeh (Tibériade), Ivaïsaryeh (Césarée), Haïffa, Safouryeh, Foulab, Yafa (Jaffa), Saïd (Sidon), Beyrouth, etc,, puis Akka (Acre), où il fit prisonnier le roi de Jérusalem Guy de Lusignan, et les grands maîtres de l’ordre des Templiers et des Hospitaliers. De là il marcha sur Jérusalem qui capitula après une résistance héroïque de quatorze jours ; ensuite il prit Djabalah, Asqalah, Ghazza, Ramleh, Latakyeh (Laodicée), Khaïroun, Derbesak, Batroun, Baghras, Safed, Naplouse, Sébaste, etc. Les chrétiens arrêtèrent ce débordement de victoires en proposant une trêve qui fut acceptée (1191 — — 587). Quinze mois après, cette trêve fut rompue, et Salah-ed-Din marcha à de nouvelles conquêtes,
Ce fut au milieu de ces derniers succès, que mourut à Damas ce grand capitaine en 1193 (589 de Phégire), à F âge de cinquante-sept ans.
L L’édifice le plus remarquable de la Citadelle était, il y a quelques années, le palais de Saladin. Ce palais, appelé communément le Divan de Joseph, était couvert de sculptures, de mosaïques, de dorures et de peintures. On admirait surtout une salle voûtée surmontée d’une coupole avec des inscriptions en lettres d’or. Des colonnes monolithes on granit rouge, mesurant huit mètres environ de hauteur sous les chapiteaux, sur une circonférence moyenne de trois mètres, soutenaient des arcades en pierre et des frises chargées d’inscriptions arabes en lettres gigantesques. On est étonné du temps et du travail qu il a fallu dépenser pour transporter ces colonnes sur un point si élevé. « Si l’on pouvait, dit l\l. Prisse d’Avennes, comparer le Divan de Joseph à d’autres monuments, ce serait, pour le goût seulement et la sévérité des styles, à la porte de Bali-el- Nasr et peutêtre aussi à la mosquée d’El-Hàkem. Les arcades sont à plein cintre dans les deux monuments. Par l’origine, les colonnes nous paraissent venir d’Alexandrie, où l’on en voit encore plusieurs centaines dans le port. « C’est sur l’emplacement de cet édifice, détruit en 1829, et près de la mosquée Qalaoun qui tombe en ruine, que Mohammed-Ali s’est fait construire une mosquée et un palais.
La mosquée Mohammed-Ali passe parmi les mdi-
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gènes pour la merveille du Caire. Cette opinion, qui n’est peut-être qu’une flatterie à l’adresse du fondateur, n’en prouve pas moins à quel point les grandes traditions de l’art arabe sont perdues en Orient, car cette mosquée si vantée est une combinaison de tous les styles excepté le style arabe. L’édifice est surmonté d’une coupole flanquée de quatre demi-coupoles dans le genre bizantin ; les deux minarets qui l'accompagnent élèvent à une hauteur exagérée leurs formes grêles ; ils sont octogones, à deux galeries, et coiffés d’un toit en éteignoir. La cour est entourée de portiques en bel albâtre oriental, mais d’un aspect bien monotone. Au centre, la fontaine aux ablutions d’un style de fantaisie du plus mauvais goût, est tout empanachée d’ornements, et entourée de huit colonnes bâtardes. La tour carrée brun et or placée sur la galerie nord-ouest, renferme une horloge publique offerte à Mohammed-Ali par le roi Louis- Philippe.
L’intérieur de la mosquée, tout en albâtre poli, a quelque chose de glacial qui produit une singulière impression ; cette immense salle, éclairée faiblement par quelques fenêtres et de minces filets de lumière qui tombent du vitrage multicolore de la coupole, a un aspect désert; rarement on y rencontre des musulmans en prière; il semble que le fidèle, même le plus fervent, doit être dépaysé au milieu de ces murs où pas le moindre ornement ne repose l’œil. La qiblahj qui toujours est rehaussée de jolies mo-.
A CITADELLE
saïques, de fines sculptures ou de peintures aux couleurs vives, est aussi froide et aussi nue que les murs. Le sol est recouvert de beaux tapis de Perse que l’on ne foule que pieds nus, suivant l’étiquette religieuse. A droite de l’entrée on remarque le tombeau du fondateur, défendu par une lourde cloison en fonte dorée, percée de sept ouvertures à entrelacs au-dessus desquelles règne une inscription arabe sur fond d’azur. Le membar est décoré d’une façon si regrettable que la plus habile description ne pourrait en donner une idée. En somme la disposition intérieure, le grand lustre central et les quatre autres plus petits, mais toujours dans le même style, donnent à ce vaste sanctuaire plutôt l’aspect d’un salon moderne que d’un temple de prière.
Le palais qu’habitait Mohammed-Ali est, comme le sont d’ailleurs tous les palais d’Orient, fort simule à l’extérieur, vaste et magnifique à l’intérieur, mais d’une magnificence par trop européenne : tentures, glaces, tables, tout vient de Paris, jusqu’à des fauteuils et des chaises qui font une étrange figure au milieu des larges divans, seuls meubles appropriés à l’architecture domestique et aux mœurs orientales. 11 y a en revanche de très beaux pavés en maibie, des bains d’albâtre dans le meilleur goût arabe. Par malheur, il y a aussi d’adreuses pendules et des fresques abominables. La vue dont on jouit de ce palais est admirable : on a sous les yeux l’immense ville du Caire hérissée de ses coupoles, de ses mina-
rets, et enveloppée de ses mornes cimetières comme d’une ceinture mortuaire. Bien différentes des villes d’Europe, toujours si bruyantes même à distance, les villes d’Orient sont silencieuses ; pas le moindre bruit humain ne sort des innombrables rues pourtant si populeuses de cette grande cité, qui paraît aussi muette que les tombes qui l’entourent. Au loin, le long du Nil, des jardins d’un vert sombre fleurissent çà et là comme autant d’oasis au milieu des habitations et des plaines de sable, et des bois de palmiers épanouissent dans l’air bleu leurs gracieux éventails. Au delà, se déploie le désert dans toute sa sereine immensité.
Le Bir-Youssouf (puits de Joseph), appelé ainsi du prénom que Saladin portait, est creusé dans le roc vif. 11 est carré, à deux étages et a 88 mètres 30 centimètres de profondeur. La partie supérieure, un des points culminants de la Citadelle, est construite eu pierres de taille jusqu’à une profondeur de 13 mètres 50 centimètres. Un chemin de ronde en pente douce permet de descendre facilement jusqu’à la plate-forme qui sépare les deux étages. Ce chemin est fouillé dans le roc en conservant des cloisons de 0,30 centimètres percées de fenêtres qui serrent a éclairer la descente. Le fond de cette première partie du puits, séparée de l’étage inférieur par un plancher, est à -48 mètres de l’ouverture ; là, une saqieh mue par un bœuf, élève l’eau du fond du puits jusqu’à la hauteur d’un premier réservoir, d’où elle est
la citadelle.
puisée par les godets d’une autre saqieli placée au niveau de l’orifice supérieur. Au-dessous du premier palier, un autre escalier humide et glissant, de 0,85 centimètres de largeur , permet de descendre jusqu’à la source du puits, mais non sans danger, car il n’y a ni parapet ni garde-fou. Le Bir-\oussouf est un fort bel ouvrage, surtout si l’on se reporte su temps où il a été creusé ; il sert encore aujourd’hui à l’alimentation de la place, mais son importance a beaucoup diminué depuis l’installation des réservoirs de la compagnie des Eaux.
La Citadelle est divisée en trois parties : el-Azab , el-Enkicharîeh, et el-Qalaa qui est la plus élevée. Ces trois parties distinctes et contiguës sont entourées chacune de murailles et de tours crénelées. Toute la forteresse est dominée par le plateau du Moqattam dont elle est séparée par un ravin ; ce n’était pas un grand inconvénient au temps de Salah-ed-Din ; mais aujourd’hui elle ne pourrait résister aux attaques de l’ennemi. Une particularité à noter, c’est que le côté le mieux armé est celui qui regarde la ville ; on peut donc inférer de là que les sultans, paenas, ou vicerois d’Égypte ont plutôt considéré cette place comme un château fort qui les mettait à 1 abri des révoltes et des guerres civiles, que comme une citadelle qui devait les protéger contre une invasion étrangèie.
PORTES
Le Caire possède un grand nombre de portes, presque toutes intérieures aujourd’hui par suite de l’extension de là capitale. Les plus remarquables sent celles ue Bab-el-Ncisr , Bab-el-Foutouh et Bab-el - Zoueijleli, dont l’origine remonte au khalife fatimite Ei-Mostanser-b-ülIah (xie siècle); elles furent bâties par le vizir Bedr-el-Gemaly , ancien mamelouk de Gemal-ed-Doulah.
Lab-el-!\tasr, porte de la Victoire, est à plein cintre, et flanquée de deux tours carrées ; elle rappelle dans son ensemble les monuments arabes d’Espagne. « L’édifice, dit M. Pascal Coste, est d’un caractère ferme; l’arcade est soutenue par des pieds droits avec moulures. Une belle inscription koufique, dont l’exécution est d’un ciseau pur et sévère, règne sur toute la longueur de la frise. » Des boucliers ornés d’épées sont sculptés sur les deux tympans de l’arcade, et des écus décorent les faces des deux tours qui s’élèvent à environ sept mètres au-dessus des murailles.
PORTES
Bab-el-Foutouii, porte des Conquêtes, est située un peu à l’ouest de la précédente. «La disposition des masses et la relation des parties sont plus lourdes que celles de Bab-el-Nfasr ; mais les sculptures dont elle est revêtue sont aussi soignées quoique les ornements soient répartis avec moins de goût; cependant elle a du caractère dans son ensemble, et paL la richesse de ses médaillons, et par sa grande voussure dont les caissons et les rosaces sont correctement sculptés. « Les tours sont rondes ou plutôt elliptiques et trop saillantes même pour l’objet de sa défense. Les moulures s’encadrent au lieu de suivre les assises de l’édifice. Les ornements de cette porte, son plein cintre avec sa découpure en festons, ses arcs de décharge, ses meurtrières, ses créneaux, tout en elle a bien plus le cachet de l’art arabe que dans le Rabel-Nasr. La hauteur des deux portes, sous clef de voûte, est de vingt-deux mètres.
Bab-el-Nasr et Bab-el-Foutouh s’ouvrent dans la vieille enceinte au nord de la ville, et semblent flanquer l’antique mosquée du sultan El-Hàkem, dont un minaret forme comme une sorte de bastion entre les deux portes. Cette partie du rempart présente un ensemble de tours et de demi-lunes reliées par une double muraille au haut de laquelle est un chemin d’environ deux mètres et demi de large. Ce chemin est bordé de meurtrières pratiquées dans la maçonnerie qui remplit les anciens créneaux ai abcs, et d’espace en espace on rencontre des escaliers condui-
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sant aux casemates. Ces travaux de défense ont été utilisés pour la dernière fois par Bonaparte. Si l’on Parcourt le rempart en y montant par une des tours de Bab-el-Nasr, on peut encore lire les noms des officiers français par lesquels on désignait les divers points fortifiés. En se dirigeant de l’est à l’ouest on passe successivement par la tour Corbin, la tour Julien, la tour Milhaud, le fort Vaille (bastion du minaret de la mosquée El-Hàkem), les trois tours Lescale, les tours Perrault et Janot.
Bar-el-Zoueyleh touche à la mosquée El-Mouayyad; toute sa façade est zébrée de longues bandes horizontales alternativement rouges et blanches. Ses tours servent de bases aux deux minarets que le sultan El-AIabinoudy Abou-l-Nasr fit élever en construisant sa mosquée. C’est sous l’arcade de cette porte, appelée aussi Bàb-el-Metoualli, qu’avaient lieu autiefois les exécutions capitales de haute importance. C’est là que le malheureux sultan Toumàn-Bày fut pendu par ordre de Selim Ier en 1517 (923 de l’hégire).
Histoire. — Pendant le règne agité du khalife El-Mostanser son vizir Bedr-el-Gemaly gouverna l’Egypte pendant vingt ans avec une autorité absolue. Craint et universellement respecté, il tint les rênes de 1 administration avec autant de sagesse que de fermeté. Grâce à lui, 1 Égypte désolée par une suite de fléaux et de troubles, recouvra son ancienne splendeur et devint plus florissante que jamais. Il entoura
PORTES. 2-
le Caire d’une nouvelle enceinte en briques dans laquelle étaient comprises les trois portes dont nous venons de parler. Cette enceinte fut remplacée un siècle plus tard par d’épaisses murailles de pierre, sous, le règne de Salah-ed-Din. C’est pendant le règne d’El-Mostanser que les quartiers d’El-Asker et° de Qataïak furent ruinés. Avec leurs débris Bedr-el-Gemaly fit construire un quartier au sud du Caire, que l’on appela le faubourg de Bab-el- Zoueylek.
Les autres portes : Bab-Touloun, Bab-ei-
Qarâjeh , Bab-el Ouézir, Bab-el-Mahrouq , Bal-el- Ghoraïb, Bab-ech-Charîeh, etc., n’ont aucune importance.