‹ Le Caire et ses environsChapitre 33 sur 69 · AQUEDUC · texte numérisé non relu

AQUEDUC

placé à 20 mètres au-dessus de l’aqueduc. L’eau s’écoulait de nouveau et venait alimenter un troisième réservoir établi à 320 mètres du précédent, un peu au delà du Bab-el-Arab, et à une hauteur de 20 mètres; de ce point un canal de 300 mètres creusé dans le roc, conduisait l’eau dans 1 intérieur de la Citadelle où elle était encore élevée une dernière fois à 20 mètres, pour s’écouler ensuite par des rigoles sur différents points de la forteresse.

Il résulte des chiffres donnés plus haut, que la longueur totale de l’aqueduc dépassait 3,800 mètres et que l’eau, après avoir passé successivement par les diverses machines élévatoires, arrivait à une hauteur de 85 mètres au-dessus du niveau moyen du Nil. Ce remarquable ouvrage remonte au commencement du seizième siècle. Les pierres employées pour sa construction furent enlevées, suivant 1 usage, aux monuments funéraires de Memphis. A ce sujet, Fath’ Allah ahou-Taher raconte que les ouvriers, en démolissant une pyramide près du Sphinx, en découvrirent une seconde en granit qui était comme le noyau de la première. « Une petite pyramide, dit— il , toute couverte de signes d’animaux et d autres comme j’en ai vus ailleurs. A l’intérieur on trouva le corps d’une femme dans un cercueil en or, que l’on porta au palais du sultan par curiosité. »

SABILS

La sabil est un monument d’utilité publique composé ordinairement d’un rez-de-chaussée, et d’un étage qui sert de salle d’école. Le rez-de-chaussée contient une fontaine qui coule dans un réservoir intérieur, fermé du côté de la rue par un haut grillage de fer ouvré ou de bronze, encadré de colonnes en marbre qui supportent une arcade cintrée, ou une ogive surmontée d’inscriptions et d’ornements dorés. Presque toutes ces fontaines sont semi-circulaires ou polygonales; plusieurs, entièrement bâties en marbre blanc, sont d’un beau travail; quelquesunes sont abritées par un portique qui donne à la construction un aspect monumental. Derrière le grillage se tient un homme chargé de remplir continuellement les gargoulettes et les tasses de cuivre qu’il tend aux passants à travers les barreaux; et il n’a certes pas là une sinécure, car il suffit de voir le nombre considérable de gens altérés qui s’approchent de la sabil, pour comprendre quel soulagement

ces institutions charitables apportent à la population forcée de vaquer à ses occupations sous les rayons d’un soleil de feu.

Les principales sabils du Caire sont celles de .

Oum- Mohammed- Ali-el- Saghir (de la mère du jeune Mohammed-Ali fils de Mohammed-Ali-Pacha), rue du Qantara-el-Dikkah ; Oum-Abbas (de la mère d’Abbas-Pacha), à Salibali ; Moustapka-Pacha Fâdel, à Darb-el-Gamamiz ; Toussoum-Pacha, au Soukkarîeh ; Selahdar, au Gamalieh, et Hassanein, en face de la mosquée de ce nom.

A la Citadelle il existe une fontaine enchantée dont l’eau a la même vertu que le fameux saut de Leucade, c’est-à-dire qu’elle éteint instantanément les feux du plus violent amour; aussi est-elle fréquentée par les amants sans espoir de 1 un et 1 autre sexe. Elle est formée d’une pile en pierre noire, évidemment antique, sur laquelle sont gravés des hiéroglyphes et deux figures, dont l’une représente Osiris et lautic Anubis , le Cerbère égyptien. Cette pierre encadrée dans une niche de marbre est un objet de respect, sinon d’effroi, pour les gens du vulgaire, sans doute à cause des caractères mystérieux dont elle est couverte, et qui, par leur mystère même, éveillent toutes leurs superstitions.

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