NOUVELLES DÉCOUVERTES A SAQQARAH
Quelques semaines avant sa mort, Mariette-Pacha fit ouvrir trois pyramides qui étaient restées closes jusqu’à ce jour; l’une d’elles était vide et muette; les deux autres ont rendu à la science les inscriptions et les sarcophages de deux rois de la VIe dynastie, v Papi II et son fils Mirenri.
M. Maspéro a fait également de la plaine de Saqqarah son champ d’exploration, et, non moins heureux que son prédécesseur, il trouva dans une des pyramides qu’il fit ouvrir, le tombeau du roi Oumas de la Ve dynastie. Le 8 mars 1 881 , M. Maspéro pénétra
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dans l’intérieur du monument. Les voleurs d’époque gréco-romaine et les fouilleurs arabes du moyen âge y étaient déjà entrés avant lui, et c’est le chemin qu’ils s’étaient frayé qu’il lui fallut suivre. Un boyau de deux pieds de haut sur autant de large aboutit derrière la première herse, dans une première chambre à moitié ensablée, au fond de laquelle s’ouvre le couloir qui mène aux chambres funéraires. Ce couloir, dont la longueur totale est d’une vingtaine de mètres, est barré trois fois par d’énormes herses en pierre que les fouilleurs ont tournées; le passage qu’ils ont creusé à cet effet est si étroit, qu’un homme un peu fort ne pourrait s’y engager.
Aucune pyramide n’est peut-être plus difficile d’accès, mais aucune ne récompense mieux l’explorateur de ses peines. La dernière herse franchie, le couloir continue, d’abord en granit poli, puis en calcaire compacte de Tourah. Les deux parois latérales en calcaire sont couvertes de beaux hiéroglyphes peints en vert ; le plafond est semé d’étoiles de même couleur. Ce couloir débouche enfin dans une chambre à moitié remplie de débris, sur les murs de laquelle l’inscription continue. A gauche, une galerie conduit dans une chambre basse à trois niches qui devaient servir de serdab à garder les statues ; à droite, une autre galerie aboutit à la chambre du sarcophage. Le serdab est nu, mais la chambre du sarcophage est couverte d’hiéroglyphes comme la précédente, à l’exception de la paroi opposée à l’entrée, qui est
revêtue d’ornements en couleur du plus bel effet. Le sarcophage est en basalte noir sans inscription ; le couvercle a été jeté dans un coin, et le corps arraché pour le dépouiller. Un bras presque complet, les morceaux du crâne, une côte du roi Ounas sont venus rejoindre au musée de Boulaq les momies des pharaons Papi et Mirenri.
Le texte qui couvre les parois de la chambre est identique, pour la plus grande partie, au texte de la tombe du roi Papi ; il a même sur celui-ci l’avantage d’être complet. M. Maspéro a reconnu immédiatement certaines formules et certaines phrases qui Pavaient déjà frappé une première fois. La présence de ces deux textes dans la chambre même du mort a confirmé d’une manière précieuse les théories qu’il avait exposées pendant quatre ans au Collège de France, sur la disposition des tombeaux égyptiens. Quant aux textes, ils renferment une composition analogue à celle qui couvre quelques tombeaux thébains peu connus, et sans présenter des difficultés bien considérables, ils demandent une étude attentive à qui veut les comprendre.
Sur dix-sept pyramides que M. Maspéro a fait ouvrir au plateau de Saqqarah, cinq contiennent des textes funéraires ou exposés complets de la religion à l’époque de PAncien-Empire. Cette découverte est d’autant plus précieuse pour la science, que jusqu’à présent on ne connaissait aucune ligne de texte de ce genre. L’entrée de ces pyramides, n'offrant aucune
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garantie de solidité, a été soigneusement refermée pour prévenir tout accident; seule la pyramide d Ounas, qui est la plus intéressante, a été préparée pour être ouverte au public dès les premiers jours de l’année 1883.