TOMBEAU DE PHTAH-HOTEP
Ce monument n’offre pas d’autres dispositions que le tombeau de fi ; c est, comme tous les autres, un massii rectangulaire qui est à proprement parler le mastaba , celui-ci ne contient qu une seule chambre qui fait l’office de chapelle, au-dessus du puits qui conduit au caveau funéraire. La décoration des parois a été conçue dans le même esprit que pour le tombeau de Ti. Nous sommes sur les domaines spécialement affectés par Phtah-Hotep au service des offrandes funéraires. Des serviteurs se livrent devant le défunt (dont on n’aperçoit que le bâton) à la chasse au filet; d’autres rentrent à la ferme, rapportant des produits divers, et traversant un canal montés sur de légères barques faites en paille de maïs. Le mouvement des personnages qui joutent entre eux éveillera à juste titre l’attention. Phtah-Hotep se qualifie
R U I \ E S DE MEMPHIS
de « prêtre de la pyramide Men-asou de Ranouser et de la pyramide Mouter-asou de Menkaouhor ».
Parmi les personnages, il en est trois ou quatre que la conformation de leur tête, considérablement aplatie au sommet, signale tout d’abord comme des étrangers. Ils sont dolichocéphales, autant du moins qu’on en peut juger par des ligures vues seulement de profil. Les chairs sont peintes en rouge comme celles des Égyptiens; mais quelquefois elles sont brun foncé. Cette particularité n’est pas propre au tombeau de Phtah-Hotep : on la retrouve dans la chapelle funéraire de Ti , et en général dans tous les tombeaux anciens de Saqqarah. Peut-être faut-il voir dans ces étrangers des individus d’une autre race, qu’à cette époque on employait comme esclaves.
mastabat’-el-faraoun.
Au sud de la nécropole de Saqqarah, s’élève une construction immense en forme de pyramide tronquée, qui mesure 102 mètres de long, 72 de large et 20 de haut. Les Arabes l’appellent Mastabat-el- Faraoun, « le siège du Pharaon » .
Ce monument est une sépulture royale, dont la disposition intérieure rappelle celle de la pyramide de Mykérinos. Mêmes couloirs inclinés, mêmes
chambres, mêmes grandes niches latérales. Sur un bloc provenant de démolitions, on a retrouvé une marque de carrière tracée à l’ocre rouge, dont l’assemblage paraît former le nom d’un des derniers rois de la Ve dynastie.
L’entrée du Mastabat’-el-Faraoun a été découverte en 1858 par M. Mariette. L’intérieur ne porte point d’inscription. Le sarcophage destiné à la momie royale a été trouvé brisé. Entre deux blocs était un maillet en bois, oublié sans doute pendant la construction. Ce très-ancien outil est déposé aujourd’hui parmi les collections du Musée de Boulaq.