‹ Le Caire, le Nil et MemphisChapitre 15 sur 29 · LE VIEUX CAIRE (FOSTAT · texte numérisé non relu

LE VIEUX CAIRE (FOSTAT

lantes, donnant à cette solitude un peu du caractère de la campagne romaine.

Construit à l'époque de Saladin pour alimenter d'eau la citadelle, puis rebâti, en 15 18, par le sultan El-Ghoùri, il avait sa prise d'eau en une tour hexagonale qui abritait une citerne en communication avec

Saint-Serge. Église Copte au Caire.

le fleuve. Du Nil à la citadelle, l'aqueduc s'attardant en plusieurs coudes offrait un développement de plus de trois kilomètres.

L'aqueduc dépassé, on traverse une liourgade C[ui a emprunté l'emplacement du vieux Caire : ce fut là qu'Amrou planta sa tente sur laquelle un pigeon s'arrêta, et ce fut là qu'il construisit sa mosquée, aujourd'hui si délabrée. D'innombrables buttes de décombres l'entourent où chaque siècle est venu apporter sa couche de débris : les grandes pluies d'orage qui les ravinent entraînent parfois les terres, et laissent apparaître des débris de tout genre où brillent parfois des fragments de poterie ancienne. Aucune fouille méthodique ni profonde ne fut jamais

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faite sur cet eniplacenient do rancicnne Foslat, l't il n'est pas un CLirieux qui ne le déplore. 11 ne semble pas douteux que celui qui la tenterait n'en recueille un bénéfice certain.

Quand Amrou entoura la ville nouvelle de remparts et y construisit sa mosquée, il eut l'adresse de n'en pas exclure les Coptes, descendants des i^remiers chrétiens d'Eg3'pte. Il leur avait octroyé le libre exercice de leur culte. C'est ainsi que plus tard des églises et des couvents s'étaient construits à côté de la primitive mosquée, et se sont groupés en une enceinte fermée qui s'est appelée « le Kasr ech Cham'ah » le fort de la Chandelle, et qui est demeuré le fief de la communauté Copte. C'est un véritable labyrinthe de ruelles enchevêtrées dans lequel on pénètre par une porte basse ouverte après coup dans l'ancienne enceinte.

Les vieilles églises coptes qu'on y vient visiter sont très difficiles à trouver, car leur architecture est nulle à l'extérieur, et ne les distingue pas des constructions qui les entourent. A l'intérieur la disposition est celle de la basilique b3-zantine, avec un narthcx où vestibule, une nef et deux bas côtés, divisés par des colonnes (généralement antiques) supportant des arcs. Au fond se trouve le heikal ou sanctuaire fermé et séparé de la nef par une cloison à claire-voie ou à panneaux pleins d'incrustation d'ébène et d'ivoire. Que la cloison soit de l'un ou de l'autre genre, le tournage de ses moucharabiehs ou la disposition polygonale de ses motifs ornementaux rappelle absolument le style arabe décoratif des mosquées. La fusion des deux éléments bj'zantin et arabe, rend ces édifices extrêmement intéressants.

La principale de ces églises, Saiiit-Scrgc, offre de remarquables spécimens de boiseries du XlV" siècle faites d'une combinaison de motifs polygonaux, d'étoiles et de croix, incrustés d'ivoire. L'art purement arabe n'offre pas beaucoup de travaux du même genre qui leur soient supérieurs.

La crypte basse, bien conservée, et qui remonterait au vT siècle, aurait offert, d'après la légende un refuge à la Sainte Famille lors de la fuite en Egj'pte.

Une seconde église, Satita-Barbara, de mêmes dispositions architecturales, mais très remaniée, possède également une clôture de boiseries dont quelques panneaux formés de figures d'animaux mêlés à des arabesques, sont du plus grand intérêt et du plus surjirenant caractère.

Un petit bras du Nil sépare le vieux Caire de l'île de Rôda. Une

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