LES PYRAMIDES. — LE SPHINX
si tu pouvais parler ! » Sentinelle muette du Désert, enracinée à la chaîne Lybique, il disparaîtrait un peu plus chaque jour sous l'envahisse ment des sables, si l'on ne prenait soin de le déblayer. Son corps qui se délite, n'offre plus que vaguement l'aspect du lion, et le cou dans son effritement est devenu un peu mince pour le volume de la tète. Le nez a été brisé par la brutalité des Barbares. Et cependant nulle œuvre sortie
Le Sphinx de Ghizeh.
de la main des hommes n'offre plus de force et plus de souveraine grandeur. On n'oublie plus jamais, quand on les a vus, l'intensité et la profondeur de pensée de ces j'eux qui regardent si l<jin, par delà la réalité des choses.
C'est une des œuvres humaines les plus anciennes que nous connaissions ; il existait déjà du temps de Chéops, puisque une stèle découverte par iM ariette nous apprend que ce Pharaon fit construire sa Pyramide auprès du temple du Sphinx qu'il avait fait restaurer, et où par ses ordres avaient été déposées les statues des Divinités.
Ainsi donc, par delà la Pyramide de Chéops, par delà le Sphinx,
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nous p()u\(jiis concevoir une jiériode arcliaïque perdue dans un insondable lointain, puisque déjà à une époque si reculée, un temple de si puissante construction que le temple du Sphinx avait besoin d'être restauré. On peut ainsi-mieux assurer cette hypothèse que les monuments de l'ancien Empire, ceux de Memphis et de Saqqarah, étaient déjà les produits d'un art très conscient de lui-même, et loin des tâtonnements du début.
Ce temple du Sphinx, découvert et déblayé en i(S33,à (quarante mètres environ au sud du Sphinx, présente une forme extraordinaire qui n'est celle d'aucun autre temple de rÉg3'pte. Le jjlan en est très simple. Au centre, une grande salle en forme de T, avec seize piliers carrés, hauts de 5 mètres, à l'angle nord-ouest un couloir en plan incliné par lequel on pénètre aujourd'hui dans l'édifice. Au delà, et communiquant avec la grande salle, une galerie oblongue ouverte à ses deux extrémités sur un cabinet rectangulaire encore obstrué. Ni porte monumentale, ni fenêtres ; on se demande comment ce monument pouvait s'éclairer , le corridor étant trop long pour amener la lumière. L'appareil est fait de blocs d'une grosseur telle qu'on n'en rencontre pas de semblables dans un pays oii pourtant les monuments ne sont pas faits de matériaux mesquins Aucun détail adventice d'architecture, ni polygone, ni corniclie, ni colonnes; aucune décoration, ni hiéroglyphes, ni bas-reliefs, ni peintures. Et pourtant cette nudité fait peut-être ce monument plus saisissant encore, d'une beauté toute abstraite où ne prennent part c[ue les lignes et les proportions.
Si énigmatique que soit le Sphinx, ce temple l'est plus encore.
D'ailleurs, est-ce bien un temple ? n'est-ce pas un tombeau ? et quels principes ont présidé à sa construction si singulière, où les blocs souvent chevauchent les uns sur les autres ou se pénètrent profondément
Des Pyramides de Ghizeh, en longeant la chaini' Lybique vers le sud. on rencontre le groupe des Pyramides d'Abousir, dont quatre suljsistent encore, mais dans un pitoyable état de dégradation. Elles appartenaient à des Pharaons de la V° Dynastie.
Puis un peu plus au sud encore, les Pyramides de la Nécropole de Saqqarah, au nombre de i8 selon Lepsius. Les fouilles commencées par Mariette ont été poursuivies de 1882 à 1884. Elles ont permis de retrouver les pyramides d'Oursas [V Dynastie) et celles des rois de la VI" Dynastie, Téti III, Pépi I"'', Metensaf, et Pépi II. Elles sont contemporaines des Mastabas que nous étudierons plus loin dans notre visite à ..Alemphis.
r,ES PYRAMIDES.