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savant anglais Flinders Pétrie, prétend que le nomljre des chambres et des couloirs d'une p\'ramide n'était destiné, par son unique constructeur qu'à dépister les recherches; le plan en était arrêté par l'architecte une fois pour toutes, et l'exécution, une fois mise en train, se poursuivait jusqu'à complet achèvement.
Le groupe des Pyramides de Ghizeh. qui n'est pas le plus ancien, en
La route du Caire aux Pyramides.
compte neuf, parmi lesquelles celles de Chéops, de Khéphren et de Mykerinos. Celle de Chéops. avait une hauteur de 145 mètres et une base de 233. KUe avait gardé jusqu'à la conriuête arabe un parement de jjierres de couleurs qui formaient une surface unie. A l'intérieur, tout a\'ait été disposé pour soustraire aux curieux l'emplacement du sarcophage, comme si le Pharaon avait eu une sorte de prescience de ce que tenteraient dans le cours des siècles les fouilleurs de tombeaux, et les archéologues indiscrets. L'entrée se trouvait au milieu de la face nord, on pénétrait alors dans un couloir incliné qui menait à une chambre inachevée et murée. Il fallait revenir près de l'entrée, découvrir à quelques mètres au plafond du
couloir une pierre différente des autres, la faire sauter et suivre alors un couloir ascendant qui s'ouvrait et se séparait ensuite en deux branches; l'une d'elles, la bonne, qui s'élevait, était fermée de nouveaux murs qu'il fallait percer avant d'arriver à la chambre du sarcophage de granit mutilé et sans couvercle. Tant de précautions n'avaient pas été inutiles, puisque la Pyramide de Chéops avait gardé pendant 4.000 ans son secret.
On monte facilement au sommet de la grande Pvramide de Chéops. JMais le spectacle qu'on y a ne répond peut-être pas entièrement à l'espérance qu'on en avait, ni à la fatigue qu'on en éprouve. La garde des Pyramides est confiée à une tribu de Bédouins, responsable de tout accident, et dont la vie est largement assurée par le tarif de dix piastres qu'elle peut percevoir pour chaque ascension. Les blocs de granit étant tels qu'un homme ne peut seul d'uua enjambée y atteindre, deux Bédouins prennent chacun une main de l'ascensionniste, et le hissent de bloc en bloc, ce pendant que deux autres le poussent par derrière, ^lais cette montée ne s'effectue pas sans arrêts; on cherche bien à faire chanter le vo3'ageur, et à lui arracher en cours de route quelques piastres de plus que le tarif ne l'a fixé, ou à lui vendre quelque scarabée faux ou quelque monnaie que les Bédouins ont toujours dans leurs poches. Puis on redescend tenu en laisse par la longue écharpe dont ils ceignent les reins du voyageur, un peu à la façon d'un sac de farine.
Les P}'ramides de Ghizeh appartenaient à des Pharaons de la IV'' D3'nastie; celles d'Abousir qui leur font suite vers le sud à des Pharaons de la V% Les cinq Pyramides de Saqqarah encore plus au sud appartiennent à la VI" D3-nastie.
Les Pyramides dépassées, on descend par des pentes de sable, et le Sphinx apparaît « Enfoui jusqu'au poitrail, rongé, camard, dévoré par l'âge, tournant le dos au désert, et regardant le fieuve, ressemblant par derrière à un incommensurable champignon, et par devant à quelque divinité précipitée sur terre des hauteurs de TEmpyrée, il garde encore malgré ses blessures, je ne sais quelle sérénité puissante et terrible qui frappe et saisit jusqu'au profond du cœur d
Il insjDire une crainte indéfinissable, tant sa face reste impénétrable, tant ses yeux vides semblent garder la vision d'une foule de choses lointaines, ignorées et terribles. Que fait-il là, unique monument de son âge, impassible sous le ciel, perdu dans la solitude ? Tous les peuples ont passé devant lui, et se sont évanouis. On est tenté de lui dire « Ah!