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Scène funéraire. (Sculpture méplate. Art Memphite). Musée du Caire

chaux dont les murs étaient enduits. Ici ce sont des oies cj^ui s'avancent en file I au premier étage : les peintres animaliers de l'Égvpte ont été merveilleux, et souvent ne le cèdent en rien aux Japonais. Il serait difficile de rendre avec plus d'esprit le caractère même de la bête, sa marche alourdie, la tension niaise de son long cou. et le port majestueux, jirétentieux et sot de sa tête. L'exécution est très simplifiée, comme il convient dans toute peinture décorative, et la couleur en est charmante de finesse et d'atténuation.

Les statues ne présentent ])as cette variété de gestes et d'attitudes qu'on rencontre dans toutes ces décorations des murailles. Les Egyptiens ne pouvaient admettre l'abolition totale de la forme même du vivant.

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Ll' CAIRE

D'ailleurs avec leur croyance à une nouvelle vie dans un autre monde, il fallait au double, un corps. Son corps, on essayait bien d'en prolonger l'existence par l'emljauniement, mais c'était une image défigurée, et dont la matière même était de destruction possible et facile. Des corps de pierre ou de bois, reproduisant avec le plus d'exactitude possible les traits du défunt, seraient d'une durée plus certaine. El en les multipliant dans son tombeau, les chances de durée augmentaient d'autant plus. C'est ce

Joute sur le lleuve. (Sculpture méplate. Art Memphite.) Musée du Caire.

qui explique le nombre étonnant de statues qu'on rencontre parfois dans une même tombe, non seulement du mort, mais aussi de ses parents ou de ses serviteurs. D'où le caractère précis, réaliste et idéaliste à la fois de ces statues : réaliste, car il fallait que la statue reproduisit avec la plus grande vérité les traits et les proportions mêmes du corps du défunt: idéaliste en ce sens que le corps était toujours représenté à l'état idéal de son développement, à moins cependant que l'artiste n'ait à rappeler des particularités de nature tout à fait spéciales, comme par exemple une infirmité. Aussi ces statues sont-elles toujours des portraits, documents uniques sur une humanité depuis si longtemps disparue, et dont les poses nous renseignent sur la classe sociale à laquelle appartenait le

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personnage. ."Mais ces poses se réduisent à un très petit nombre, soit que le personnage soit debout et marchant la jambe en avant, soit debout et immobile les deux pieds réunis, soit assis sur un siège ou sur un cube de pierre, soit accroupi le buste droit et les jambes à plat sur le sol ; les bras sont rarement séparés du corps.

Parmi les sculptures, il faut mettre hors de pair deux statues du musée qui ont été découvertes dans un des grands mastabas voisins de la Pyramide de Meïdoum. L'une représente le prince Rahotpou l'autre son épouse, sa cousine royale Xofrit, tous deux assis, les coudes au corps, les mains à jilat sur les genoux. L'homme, solide et robuste, est d'aspect un peu vulgaire ; la femme est vêtue d'une robe ouverte en pointe sur la poitrine, d'une étoffe légère et molle sous laquelle les cuisses et les seins se modèlent avec une souplesse exquise et une grâce chaste.

La figure fine et peu grasse, encadrée de lourdes tresses retenues par un riche bandeau, est légèrement impérieuse. Ces deux statues en calcaire l^eint, rouge, brun et jaune bistre, sont deux œuvres très remarquables, et bien qu'elles aient été trouvées près d'une pvramide attribuée à Snofrou, roi de la IIP lJ3niastie.

Le scribe agenouillé est un type parfait d'une des classes hiérarchisées de la société égyptienne, celle de la petite bourgeoisie en fonctions ; il vient de remettre à son maître, grand propriétaire ou gouverneur le rouleau de papyrus ou la tablette d'ivoire sur lesquels sont consignés ses comptes. Respectueusement agenouillé, dans une attitude de déférence et d'humilité, il attend que le maître approuve ou critique. Peut-être redoute-t-il plutôt cette dernière forme d'appréciation, car son dos se bombe, comme à l'approche prévue d'une tournée de coups de bâton ; sa bouche sourit, il est vrai, mais avec une sorte de contrainte ; son attitude est celle d'un bon chien qui a l'habitude d'être rudoyé. — Comme celle de son illustre pendant, le scribe accroupi du Louvre, cette statue est en calcaire, et dut recevoir comme elle des rehauts decouleurs, que le temps a altérés. Les yeux dont l'orbite était préalablement évidé, recevait un

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no\-au (le quartz, h valin, incrusté au revers d'un disque noir figurant la prunelle, qui leur donnait une vivacité d'expression extraordinaire, et l'éclair d'un regard vivant. 3Iais de la statue du Louvre se dégage une intelligence autrement éveillée, et une intensité d'attention qu'aucune autre œuvre d'art n'a sans doute dépassée.

Prince Rahotpou et princesse Nofrit. Statue en pierre calcaire. Musée du Caire.

Un homme assis à terre, plongeant la main dans une jarre maintenue entre ses jambes, et l'enduisant de poix avant d'y mettre le vin — un homme et une femme broyant la pâte, et préparant le pain du mort, le boulanger penché légèrement sur son pétrin, et fléchissant un peu sur les genoux — le nain Knoumholpou, chef de la lingerie mortuaire du Pharaon, la tète grosse et aplatie, le buste formé et développé et porté sur

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Statue de pierre. Musée du Caire.

du Sheikh-el-Beled, en vérité celle d'un surintendant des travaux, sorte de chef de corvée qui put concourir à la construction d'une des grandes P3-ramides. Il se nommait Kamké.

et quand les fellahs au cours des fouilles le virent apparaître, il ressemblait tellement au maire de leur village, qu'ils lui tlonnèrent le nom de Sheik-el-Beled, que l'archéologie depuis a respecté. Personnage important, d'attitude pleine de gravité, debout et bien d'aplomb, un bâton d'acacia à la main, le torse nu et dans la plénitude de la force, la taille entourée du pagne, toute la

deux courtes jambes hors de proportions avec le corps, les hanches effacées, mais le ventre proéminent, avec toutes les indications spirituelles et caractéristiques de sa difformité — sont des œuvres tout à fait remarc[uables de cette école de statuaires qui multiplièrent dans cette immense nécropole de Saqqarah, les images plastiquement vraies de l'humanité qui se mouvait devant leurs yeux.

.'^lais nulle n'est plus justement célèbre que la statue de bois, dite

Le Siieil<h El-Beled. Statue de bois de l'Ancien Empire. Musée du Ciire.

figure indique la fermeté et l'autorité. La tète forte et énergique, la boite crânienne étant modelée avec cette sûreté par où les artistes de cette Ég3'pte ont été inégalables et cela à toutes les époques, même sous les Saïtes, est éclairée par deux yeux tlont l'iris et la prunelle sont faits de quartz rapporté, enchâssé de bronze pour simuler la ])runelle. Quand

cette statue était recouverte de stuc fin pour indiquer la peau avec toute sa délicatesse, elle devait former un fac-similé d'une ressemblance inouïe. C'est un des grands mystères de l'art, qu'après tant de siècles révolus, une effigie humaine affirme ainsi de façon absolue la vérité de son expression, par la petite secousse et l'émotion que nous ressentons à sa vue.

Dans le même tombeau on découvrit une statue de femme en bois, malheureusement très mutilée 'il n'en restait que le torse et la tête) et qu'on supposa l'épouse de Ramké. Cette figure est d'un travail admirable, d'un modelé fin et délicat, et dans un bois beaucoup plus serré et dur que celui de la statue de l'homme. De type distingué, elle semblerait de race plus affinée que lui. Un sourire énigmatique et capricieux semble errer sur ses lèvres, et éclaire cette figure d'un charme inoubliable.

Raiiofir appartenait à une grande famille féodale de l'époque; il est debout, les bras collés au corps, la jambe gauche en avant, le regard droit, sur la tête une large perruque, vêtu uniquement d'un pagne enroulé sur ses hanches. Les muscles de la poitrine et de l'épaule, la rotule, sont indiqués avec une vérité anatomique surprenante, les jambes sont d'une forme élégante : toute l'allure hautaine et hardie.

Dans les panneaux de bois (i'-'' étage) provenant du tombeau d'Hosi à Saqqarah se révèle une sûreté de main extraordinaire. Le scribe Hosi y

Buste de femme, bois. Époque Mempliite.

Musée du Caire.

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est représenté assis ou debout, en un relief légèrement accusé, et modelé avec autant de fermeté que de délicatesse. Nous avons retrouvé d'ailleurs dans les innomljrables scènes de la vie sculptées et peintes aux murailles des mastabas de la Nécropole cette même grâce souple, aisée et forte que

P.miKMU de bois. Sculpture en bas-relief. Époque Memphite. Musée du Ciire.

dans ces panneaux d'Hosi. JNIariette les attribuait avec raison à la 111'= Dynastie.

Il faut passer assez vite de la VI' à la VII'-' Dynastie, période de laquelle nous est parvenu un moins grand nombre de monuments, pour arriver au Moyen Empire et à la période des Hycksos 12200 à 1600 ans avant J.-C). Des statues aux traits étranges (n'aj'ant rien d'ég3-ptien), des visages aux pommettes saillantes et aux rides plissées autour de la

bouche, des perruques et des barbes tout à fait en dehors des modes égyptiennes, avaient été jadis attribuées aux llycksos. On y a reconnu aujourd'hui, avec plus de vraisemblance, des rois des derniers temps de la XII' Dynastie. Les Hycksos ou Pasteurs dont les hordes étaient descendues des plateaux de l'Asie occidentale, occupèrent pendant plusieurs siècles l'Egypte. Les fouilles opérées en 1860 par Mariette dans les ruines de Tanis, ancienne capitale des Rois Pasteurs dans le Delta, révélèrent le soin qu'ils avaient pris de ne pas détruire les monuments égyptiens des époques précédentes; les temples avaient été dépouillés de leurs richesses mais non pas détruits, et beaucoup de sculptures des XII" et XIII" Dj-nasties nous ont été conservées qui portent encore les cartouches de leurs rois, les llycksos s'étant contentés d'y ajouter les leurs

D'ailleurs il est un fait remar(:[ual3le, c'est la facilité avec laquelle les peuples conquérants de ri'"g-vpte, devant la douceur de ses mœurs, sa docilité et son peu de résistance, se sont très rapidement plies à ses coutumes, se sont égyptianisés. « La loi principale de l'histoire d'Egjpte, disait Gabriel Charmes, parait être une action constante du dehors sur ses éléments intérieurs, et une réaction non moins constante de ses éléments intérieurs sur tout ce qui venait de ce dehors. » Les H5xksos, de même que plus tard les Éthiopiens n'ont pas échappé à cette loi. Ils ont élevé à leurs Dieux des temples tout à fait ég3^ptiens et précédés des habituelles avenues de sphinx.

Ce sont ceux qui précédaient le sanctuaire du grand temple de Tanis que Mariette a retrouvés et qui sont au 3lusée. Le corps en est un peu plus court et ramassé que dans les sphinx ordinaires, et les têtes ont un caractère différent qui dénote de suite les mélanges d'un t3'pe et d'un goût étrangers au sol de l'Eg^ypte. Petits yeux, nez écrasé, pommettes saillantes, lèvre inférieure légèrement avançante, la tète au lieu d'être recouverte du linge flottant, est encadrée d'une épaisse crinière.

La partie supérieure d'une statue colossale de granit gris, représentant debout un Roi Pasteur, ne peut amener de doute sur son origine, tellement le caractère de la tète est semblable à celui des sphinx de Tanis. Ce colosse trouvé à sa place primitive dans le E"a3'oum, nous prouve que les Hycksos occupèrent aussi le territoire de Menijohis.

Cette école de Tanis continua d'exister même après l'expulsion des Pasteurs, car une de ses œuvres les plus intéressantes, un groupe qui représente les Deux Nils, celui du Nord et celui du Sud, offrant des poissons à une divinité a été consacré par Psousennès de la XXI° Dy-

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nastie. Ce sont deux personnages de grandeur nature, placés côte à côte devant des tables d'offrande chargées de poissons, de volatiles et de fleurs de lotus. Leurtvpe est bien jiart' "ulier, tout différent de celui des fellahs.

Offrandes aux Divinités des Eaux. Epoque des Hycksos. Musée du Caire.

ils sont grands, le dos un peu voûté, les jambes très robustes; la tête accuse un caractère sémitique ijrononcé.

La X VIP' I)3'nastie (1600 ans avant Jésus-Christ) amène une seconde Renaissance, appelée le A'oiivfl Empire, et inaugure l'ère la plus glorieuse peut-être de l'histoire de l'Egypte antique, quand le Pharaon Ahmès ou Amosis en eût chassé les Hycksos. L'Egypte se relève alors

plus puissanU' ([ue jamal^r

Delà Méditerranée à Djebel-Barkal en Ethiopie, les deux rives du Xil se couvrent de tem-

II pies; et la plupart sont encore debout. .^ :- ' Ce musée est extraordinairement riche

' SSm2»'EB&^ en monuments de cette période. Il me

j^<s>dS^ I suffira d en citer quelques-uns : le buste

de ïhoutmosis III, la stèle triomphale de Karnak, en haut de laquelle le roi oftre un sacrifice à Ammon-Ré, derrière lui se tient la Déesse protectrice de ïhèbes; les statues divines d'Aménophis II, et celle où il est représenté sous les traits d'un vieillard ; le beau bas-relief dAméno- ]5his III devant Phtah. et la fameuse stèle à son nom mentionnant ses constructions, que plus tard ^lerneptah usurpa à Thèbes jjour V célébrer ses victoires sur les Lybiens. Cette découverte de Flinders Pétrie révèle la plus ancienne mention d'Israël dans une inscription égyptienne où l'hymne se termine par ces mots : « Israël est ruiné et ses descendants sont exterminés ». Les belles colonnes du tombeau du prince plus tard roi Haremheb, et la superbe tête de granit noir de si belle [expression qui lui est attribuée. La figure d'Haremheb et celle d'une femme de sa famille sont d'absolus chefsd'œuvre. Le roi a le visage long, le nez droit, les yeux très fendus , et d'expression sérieuse et méditative, les lèvres éjoaisses et charnues. Le granit noir est taillé avec une légèreté de main surprenante. La reine, de physionomie vive et piquante, avec de grands 3^eux à fleur de tête est modelée dans un bloc de calcaire compact, de teinte très douce. La belle tète de la déesse JMout de Karnak. Les statues de Phtah d'un temple de Ramsès II à Memphis, et enfin la fameuse Table Royale de Saqqarah où le scribe Tounri rend hommage à

Statue du Dieu Konsou. Prêtre agenouillé. Musée du Caire.

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58 rois égyptiens, qu'il éiiumère en huit séries, dont le premier est Merbapen fl'" D3'nastie) et le dernier Ramsès II.

Les Pharaons delaXVIII" D)'nastiecomme ceux de la XIX" laissèrent de leurs règnes des statues colossales ; la plaine de Thèbes en était couverte, Louqsor, le Ramesseum, Tanis et même Ipsamboul en renfermaient de taille formidable. La décadence de l'art du Nouvel Empire ne commença vraiment qu'après 3Ienephtah, quand les guerres civiles et les invasions étrangères mirent l'Egypte au bord de l'abîme. La sculpture sur bois prolongea pendant quelque temps la gloire de l'école Thébaine : le musée du Caire et les musées d'Europe, particulièrement celui de Turin, possèdent une quantité de ces statuettes dont quelques-unes sont des œuvres remarquables.

Le musée du Caire possède un nomljre considérable de sarcophages du Nouvel Empire. Aux temps de l'Empire 3Iemphite et du Premier Empire Thébain, on ne rencontre guère que des grandes caisses rectangulaires en bois de sycomore, à couvercles et à fonds plats. Plus tard, sous le Nouvel Empire, on se préoccupa de donner au cercueil l'aspect général du corps humain. Il est indiqué sommairement, vaguement modelé : la tète seule se dégage entièrement, avec une tendance à reproduire fidèlement les traits du défunt. Les cercueils de rois de la XVIIP Dynastie se signalent par leur perfection et leur soigneuse exécution. LaXIX" Dj-nastie ne se contenta pas de ces cercueils habilement sculptés et peints. Le mort en eut désormais deux, trois ou même quatre, emboîtés les uns dans les autres; la caisse intérieure était parfois d'un luxe extravagant, où tous les détails du costume et de la parure sont indiqués précieusement, le tout englué d'un \ernis jaune éclatant.

Il convient de s'arrêter un peu à ces sarcophages des Rois de la XVIII" Dynastie dont la surprenante et inespérée découverte de JM. Maspero à Deïr-el-Bahari, enrichit naguère d'un seul coup le musée de Boulac^.

Au mois d'avril 1S81, 31. .Maspero était à Thèbes quand on l'avisa qu'un fouilleur arabe émérite se trouvait dans la région. Depuis plusieurs années en effet, des objets de même origine et portant souvent les mêmes noms de rois avaient été présentés aux musées d'Europe et laissaient supposer qu'une cachette a\'ait été découverte dans la région thc'liaine, qu'on exploitait méthodiquement et dans le plus'grand secret. Un mandat d'arrêt fut lancé par le chef de police de Louqsor contre cet Arabe, Abder-Kassoul. L'inculpé nia, et ne faiblit pas dans ses dénégations, les

notables de sa localité témoignènmt de sa jiarfaite honoraljililé ; faute de preuves on dut le relâcher. Quelques mois ne s'étaient pas écoulés que la discorde survenue dans sa famille, peut-être pour le partage des bénéfices provenant de déprédations en commun, amenait la délation du frère aîné auprès du Moudyr de Keneh ; la direction centrale des fouilles, aussitôt prévenue, déléguait, en l'absence de M.Maspero,M. Emile Brugsch, et le 6 juillet, la cachette providentielle, sur les indications du délateur, était découverte au fond d'un cirque solitaire, derrière la montagne de Scheik-

abd-el-Gournah. L'orifice était dissi-

niulé par un rocher et caché dans une anfractuosité remplie d'éclats de pierre. Une galerie coudée de 74 mètres ; coupée d'une descente de S marches menait à une chambre mortuaire.

C'est dans ce couloir et cette chambre que gisaient pêle-mêle des momies et des objets dont les cartouches ro3'aux ne permettaient pas l'ombre d'un doute. Après quarantehuit heures d'un travail sans répit, le caveau était vide et 36 momies étaient étendues sur le sable, au milieu de ce cirque c^ue dominent les hautes murailles de la chaîne Lybique. La nuit vint, et ce fut un spectacle saisissant que la lune offrit en éclairant ces grands spectres rigides Et ce fut un souvenir inoubliable que cette descente du fleuve sacré par tous ces rois et toutes ces reines auxc[uels les populations des deux rives accouraient rendre un dernier hommage ; les hommes faisaient fantasia, et les femmes poussaient leurs hululements aigus des jours de fête.

Quand le convoi parvint à Boulaq, on déposa toutes les momies dans le jardin du musée, et l'on put alors les soumettre à un examen plus complet. C'était bien en effet les restes des familles royales qui s'échelonnent entre les XVIII" et XI'" siècles avant notre ère. Les uns avaient mis fin à la domination étrangère des Hycksos. d'autres avaient conquis la Terre Promise et tenu les Hébreux en captivité; certains avaient connu Mo'ise jeune homme, tous avaient attaché leurs noms à quelques-uns des

Statue assise du Nouvel Empire.

Musée du Caire.

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