‹ Le Caire, le Nil et MemphisChapitre 23 sur 29 · I.F.S MUSEES DU CAIRE · texte numérisé non relu

I.F.S MUSEES DU CAIRE

que 31ariette entreprit courageusement aux quatre coins de rÉg\-pte, à Tanis, à Saqqarah, à 3Leïdoum, à Abydos, à Edfou. à Dendérah et à Thèbes. Puis en i88q on s'avisa que les locaux étaient devenus tout à fait insuffisants devant l'abondance des monuments que les fouilles si remarquablement menées par les successeurs de .'Mariette, ^laspéro entre autres, amenaient au jour. On ne pouvait songer à agrandir les salles île Boulaq ; le temps et l'argent manquaient pour édifier un musée définitif. On décida de transporter les collections antiques dans un immense palais qu'Isma'il dans les dernières années de son règne avait construit à Ghizeli au milieu de magnifiques jardins t[ui bordent le Nil. iMais bien qu'elles }• fussent très convenablement présentées, en raison toutefois de l'éloignement du vieux Palais de Ghizeh et de son inquiétante combustibilité.

rÉg3'pte, en voie de transformations méthodiques, a voulu jiour les chefs-d'œuvre de son art national un palais définitif qui ne le cédât en rien comme stabilité et heureuses dispositions intérieures aux plus récents musées de la vieille Europe. Exécuté sur les plans d'un architecte français, M. Dourgnon , il fut inauguré en 1902.

Le monument comprend trois grandes divisions : i" parallèlement à la façade, une grande galerie d'honneur, avec deux escaliers aux extrémités; 2" perpendiculairement à cette galerie et dans l'axe de l'entrée, une autre galerie desservant à

Statue de bois. Ancien hnipire.

Musée du Caire.

droite et à gauche huit grands atriums vitrés, compris entre six salles intermédiaires s'arrètant à hauteur du premier étage ; 3° une galerie de circulation entoure l'ensemble du monument. Le nouveau classement adopté a été entièrement systématique : au rez-de-chaussée se trouvent les monuments de la sculpture et de l'épigraphie monumentales ainsi que

les grands sarcophages de l^ierre.

Au premier étage , on trouve les petits monuments de l'art plastique (sculpture et peinture), le mobilier, les ustensiles , les objets de parure, les momies, les objets funéraires, les spécimens de la faune et de la flore extraits des tombeaux , les petites stèles, les papyrus, etc.

Tête en pierre cilcaire. Ancien Enipin.

Musée du Caire.

Pendant longtemps il fut impossible, pour l'étude ' des monuments de l'antique Eg}'pte, de remonter au delà de l'Ancien Empire, en continuant à considérer comme une énigme le temple du Sphinx à Ghizeh, d'époque indéterminée.

Il était cependant impossible d'admettre qu'on fût là devant les tâtonnements d'un art à son début, tellement il semblait complet, en pleine possession de ses moyens d'exécution, et sûr de ses effets. Cette civilisation mystérieuse n'auraitelle donc pas eu d'enfance? Ou alors de combien de siècles fallait-il que l'imagination remontât le cours pour concevoir les âges si lointains où cet art, le plus ancien des arts humains, avait commencé à balbutier ? Aujourd'hui, à la suite des nombreuses fouilles opérées en Eg5rpte par MM. Amelineau, Quibell, Flinders Pétrie, et de Morgan, à Naqadeh, à Ballas, à Ab3'dos, à Kôm el Ahma, etc., on connaît assez nettement les étapes par lesquelles a passé l'art égyptien, et l'on peut en entrevoir

LES MUSEES DU CAIRE

l'origine, tout comme on perçoit les débuts de l'art grec archaïque. On possède, en effet, actuellement des monuments préhistoriques, préthinites et thinites qui permettent de remonter jusqu'aux I"-' et IP Dj'nasties, c'est-à-dire plus de 3.000 ans avant l'ère chrétienne.

En 1897, ^^- de Morgan découvrait en effet à Naqadeh, le tombeau du roi Ahaïti ,'ou Menés? et recueillait pour le musée les objets qu'il contenait, un lion en cristal de roche, et un ivoire portant représentation des principales cérémonies de l'enterrement de ce souverain, document sans prix.

Au rez-de-chaussée du musée, à la suite de la grande galerie d'honneur, se trouvent classés en six salles les monuments de l'ancien Empire JMemphite (2800-2200 avant J.-C.!. Ils appartiennent aux 111% IV-. V--' et VI" Dynasties, et furent découverts dans les cimetières des grandes cités dhizeh, Sakkara, Abydos.

Parmi les monuments historiques les plus vénérables de cette antiquité reculée se trouve le tombeau inaclievé et inutilisé du roi Snofrou , prédécesseur du roi Chéops, provenant de Meidoum.

Et si l'on n'a rien retrouvé du roi Chéops lui-même, du moins la grande statue en diorite du Pharaon Khephren de la IV' l)^•nastie qui contruisit la deuxième des grandes pvramides, a été trouvée dans le temple du Sphinx. Il est

assis les mains allongées sur les genoux. Une grande expression de calme et de force émane de cette figure. Et l'on reste confondu de la souplesse à laquelle Tartiste a plié cette matière si dure de la diorite. Dans ce même temple du .Sphinx a été trouvée une autre statue décapitée de Khephren.

La statue du roi M ykerinos, le constructeur de la troisième pyramide de Ghizeh a de même pu être retrouvée, complétant ainsi les monuments qui permettent d'étudier l'art de la IV' D3'nastie.

Deux grandes colonnes de granit rose, en forme de palmiers furent extraites du temple funéraire (|ui se trouvait à côté de la pyramide du roi

Le roi Khephren, statue en diorite.

Musée du Caire.

Ounos à Sakkara (V° D3Miastie). Enfin, JM. Ouibell découvrit il v a quelques années dans les ruines de Hierakonpolis une statue de bronze, grandeur nature, du roi Pépi 1", qui en cette matière, est un des monuments les plus rares en Ég3'pte. La stature imposante, les noljles proportions font de cette statue du roi Pépi I" un monument inoubliable, pendant i:(ue l'émail rajiporté des yeux prête au visage une expression

de vie intense. Mais bien avant cette effigie de roi de la "\'I" Dynastie avec laquelle prit fin la Période Mempliite, les ateliers de sculpture des HT, IV" et \''' D3nasties avaient produit des œuvres d"un caractère admirable où l'indi \idualité des personnages est rendue avec une vérité scrupuleuse.

liien qu'ils soient dis- ])ersés dans diverses parties du musée, je crois préféraljle de grouper ici ces monuments de même style qui proviennent presque tous de mastabas ou chapelles funéraires. Les statues ont été recueillies surtout dans les Serdabs, ou réduits secrets des tombeaux, quelques-unes cependant se trouvaient dans les cours à air libre des Mastabas. Les murs des chapelles étaient couverts de peintures et de sculptures à très léger relief, qui forment au musée une série très importante.

Elles représentaient les scènes de la vie dans lesquelles l'existence du mort s'était complue, et lui en garantissaient l'accomplissement dans l'autre monde. Celui-ci reçoit les offrandes de ses serviteurs, et les scribes devant lui procèdent à l'enregistrement des objets : ici des bouchers procèdent à l'abatage des bestiaux, des boulangers broient le grain et pétrissent la pâte, tandis c[ue les sommeliers mettent en cruche le vin ou

Statue de bronze grandeur nature du roi Pepi I"^ Ancien Empire.

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la bière. Là des bergers traient les vaches, prennent les taureaux au lasso, ou poussent devant eux les troupeaux pressés. Ailleurs le mort mange avec les siens le repas funéraire cju'ils ont apporté. Partout cette même simplicité familière et cordiale dont nous avons trouvé à chaque pas des exemples touchants dans le fameux tombeau de Ti à Saqqarah. Il faut cependant signaler ici une frise peinte admirable qui provient de Meidoum et date de la HT' Dynastie. C'est une de ces peintures à la gouache que les anciens Eg\-ptiens exécutaient sur un crépit au lait de

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