‹ Le Caire, le Nil et MemphisChapitre 6 sur 29 · I.R CAIRK · texte numérisé non relu

I.R CAIRK

parla patine du temps, donne accès dans le tombeau du Sultan. C'est une vaste salle carrée, surmontée de la haute coupole, revêtue jusqu'à 8 mètres

Portail de la mosquée du sultan El-Mouayyed.

du sol d'un lambris de marbre, et plus haut d'une énorme frise de bois de caractères massifs (jui donnent la date de l'achèvement de la primitive coupole (1362) deux ans après la mort du Sultan. Ronqés par le temps,

LES MOSQUÉES-TOMBEAUX DU CAIRE

troués par les vers, ayant perdu jDresque toute peinture ou dorure qui les ornaient, ils sont encore beaux dans leur délabrement et leur lutte contre le temps. Au centre, le tombeau d'Hassan, très simple, de forme obloni^-ue. est protégé par une balustrade de bois.

Cour intérieure de la raeJresseh de Kait-Baï, iiilia miiros.

Avec les Sultans .^lammlouks Circassiens finissent, à vrai dire, les belles mosquées du Caire: ils furent en général, eux aussi, amoureux des belles choses, et désireux de laisser des témoignages monumentaux de leur puissance. Chacun a construit sa mosquée et son tombeau, presque toujours accomijagnés d'un sihil 1 fontaine publique et d'une lUiilrrssa

(école). Elles sont plus petites de dimension, inoénieuses de combinaisons, harmonieuses de pro]Dortions, et souvent ornées à l'extérieur, ce qui est une grande nouveauté.

Intérieur de la medresseh de Kait-B.i'i, intra miiios.

Barkouk a la sienne contiguë à celle d'En-Nassir : sa grande porte de bronze composée de petits polj'gones de bronze incrustés d'argent, est une merveille qu'on ne se lasse jamais d'admirer.

El-Mouayyed, protecteur des sciences, a construit la sienne en 1415; récemment restaurée, peut-être avec excès, elle est ajuste titre une des plus célèbres du Caire. Elle possède la splendide porte enlevée à la mos-

LES MOSQUEES-TOMBEAUX DU CAIRE

quée d'Hassan, dont les énormes panneaux en bois de tilleul sont plaqués de rosaces polygonales de bronze étonnamment repoussées et refouillées. Elle a son superbe minbar, et son tombeau en marbre blanc décoré d'une inscription kouffique en fort relief

Intérieur de la medresseh de Kait-Baï.

Barsbaï et Kait-Baï ont aussi les leurs, charmants petits monuments d'une élégance extrême.

Le sultan El-Achraf Qansou-el-Ghoîiri a laissé enfin au commencement du xvr siècle les derniers édifices de sa dj-nastie, qui forment au Caire un des groupes de monuments les plus charmants et les plus pittoresques. C'esten un carrefour de la rue El-Crhouri. une des jjIus vivantes du Caire. Un incessant mouvement y règne, une confusion de bêtes et de gens, des boutiques de quatre planches, recouvertes d'une toile, s'ac-

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rrochcnt à l;i base même de l'édifice, et en font, un organisme vivant; des passages voûtés l'entourent, sur lesquels on plonge des fenêtres même de la cour intérieure. Sur les marches de ses escaliers dorment ou paressent des U)ques vivantes. C'est, d'un côté, la mosquée, toute petite, mais si gracieuse, d'un goi'il ]>iir, d'une ornemenlLition raffinée. Plutôt adnrable demeure. c|u'éclifire religieux. Quel rêv'e réalisé serait d'y pouvoir vivre

Intérieur de la meJresseh du sultan El-Ghoûri.

étendu sur des tapis ou des nattes, dans le silence et la fraîcheur, dans la pénombre des liouàns abrités, avec le carré de ciel que le sahn découpe dans l'espace, seule échappée sur le monde extérieur. Puis de l'autre côté de la rue le tombeau du .Sultan qui ne reçut jamais son corps, car dans une bataille contre Selim, tombé de cheval, il mourut piétiné par le galop de sa propre cavalerie, et à l'angle de la rue, le sebil avec sa fontaine de mosa'ique de marbre.

Ce fut alors bien fini. Les Turcs, vainqueurs, s'étaient emparés de la

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riche Egypte : le Caire n'est plus qu'un chef-lieu de province de l'Kmpire; l'essor des arts est arrêté. Sans doute, il y aura encore de jolis monuments, telle cette mosquée du cheik Bordeini, mais d'aspect trop riche, d'ornementation trop chargée, où la nacre et l'or papillotent avec excès. Et

Mirliab et minbar de la mosquée du cheik AchmeJ el-Bordeini

cela finit par la mosquée de JMehemet-Ali, à la citadelle, monument de parvenu, où s'exagère le mauvais goût turc. Les stèles s'y bariolent de couleurs terribles, les glaces y apparaissent et les lustres en cristal de \'cnise. C'est à l'art arabe, ce qu'est en Italie le style jésuite à l'architecture de la Renaissance.

La Plaine des Tombeaux des Khalifes.

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