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A. P. — Pas de maladie grave dans l'enfance, à 18 ans iritis.
Histoire de la maladie : en 1900, à 21 ans, blennorragie ; le malade, alors au régiment, est bien soigné : durée 3 à À mois. Environ un an après, apparaît une douleur au niveau de la face inférieure de la grosse tubérosité du calcanéum droit, cette douleur est continue, elle est plus accentuée lorsque le malade se met en marche. Quand il a marché un peu elle s’atténue ; le malade pensait avoir une aiguille dans le talon; 1go1-1913, même état; en 1913, on opère le malade (M. le D° Desmoulins), pas de résection osseuse, incision très basse, pas de soulasement ; en 1915, seconde blennorragie ; le malade semble. avoir été moins bien soigné du fait de la guerre et au bout de quatre mois apparaissent les symptômes de rhumatisme blennorragique : les deux genoux sont pris successivement, puis les tibio-tarsiennes ; en mê- me temps prise des. petites articulations : sterno-claviculaire droite, chondro-sternales et prise de la bourse séreuse intercalcanéo-tendineuse gauche. Ce rhumatisme semble augmenter nettement la douleur à la partie in-° férieure du talon droit; 1915-1920 : Après une immobilisation dont le malade ne peut préciser la durée, la vi> normale est reprise; de temps à autre apparaissent. des douleurs rhumatismales soit au niveau des petites articulations des mains et des pieds, soit au niveau des chondro-sternales ; la douleur au talon droit est continue, présentant des paroxismes qui coïncident avec les crises rhumatismales : le salicylate ne produit aucun effet, l’aspirine semble calmer rapidement. En novembre 1920, le malade entre à l’hôpital, sa douleur dans le talon droit étant devenue intolérable. Opéré à cette date par M. le D° Dujarier : « Stovaine lombaire 5 centg. T. B. difficulté à la piqûre. On dénude la face inférieure du calcanéum et on extirpe une pointé osseuse qui avait été vue sur la
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radio, suture avec drainage filiforme. » Suites : drainage filiforme enlevé 4o heures après. Le fil de lin enlevé au neuvième jour. Le malade ne souffre plus du pied opéré, commence à marcher le 14 novembre 1920, c'est-dire douze jours après l'opération. La radio montre à ce moment au niveau de l’autre calcanéum une exostose marquée siégeant au niveau de l'insertion du tendon d’Achille. Peu de néo-formation osseuse au niveau de la face plantaire du talon.
Revu le 7 avril 1921, le malade est guéri d’un côté et vient pour qu'on l'opère du côté Opposé. À cette date il entre à l'hôpital parce que depuis trois mois environ il souffre du talon gauche à la partie inférieure de la grosse tubérosité et en arrière du tendon d'Achille, au niveau de la bourse intercalcanéo tendineuse. L’inspection révèle
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une légère proéminence en arrière et à gauche du tendon d'Achille, la palpation accentue la douleur.
L'examen des autres régions révèle de nombreuses déformations articulaires qui semblent caractéristiques du rhumatisme chronique déformant. Aux mains : déformation des métacarpophalangiennes, des phalangines, des phalangettes. Saillie d’une bourse séreuse à la face antérieure du poignet gauche. Au pieds : hallux valgus, déformation des orteils, striation des ongles. Au ster- nüm : déformation très nette et saillante au niveau des chondro-sternales. Au rachis : raideur très nette de la colonne vertébrale faisant penser à une spondylose, qui serait en rapport avec la difficulté d'introduction de l’aiguille lors des deux rachi-anesthésies.
Opéré le 16 avril 1921 : .« Talalgie. Malade déjà opéré le 0 Novembre 1920, guéri parfaitement ; wassermann négatif ; stovaïne lombaire 5 cent. T. B., difficulté de piqûre ; après de multiples essais sur la ligne. médiane, on pique latéralement et on réussit du premier coup. Première incision à l'insertion des fragments plantaires et dorsaux, décollement de toute la semelle plantaire ; on est frappé par la disparition du plan de clivage qu'on trouve normalement au niveau de l’aponévrose plantaire ; la face ‘inférieure du calcanéum présente une tubérosité saillante ; on l’aplanit d'un coup de ciseau à froid, Une incision verticale suivant le bord externe du tendon d'Achille permet d'ouvrir la bourse intercalcanéo tendineuse, cette dernière est enflammée, contient un liquide sous tension. Franges rouges et hypertrophiées. On l’extirpe et d’un coup de gouge courbe, on enlève les irrégularités osseuses que l’on sent sur la face supérieure du calcanéum ». »0 avril, on enlève le drainage filiforme ; très bon état local. 22 avril, légère bronchite. 29 avril, le malade commence à marcher. Dans les”
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AE jours qui suivent, il ne sent plus aucune douleur ni d’un
côté, ni de l’autre.
OBSERVATION I (Fig. 13).
(Communiquée par M. le D Ducroquet)
M. M... 25 ans ; le malade dit avoir eu une blennorragie à 18 ans, il s'est mal soigné, il a eu plusieurs récidives plus ou moins fortes. À 23 ans il a ressenti quelques vagues douleurs au niveau du tendon d'Achille à ‘son insertion inférieure, Depuis quatre mois le pied enfle, le malade souffre beaucoup et bientôt apparaît une douleur extrêmement pénible à la partie postéro-inférieure du calcanéum. Le malade ne peut plus faire un pas ; il se tient difficilement debout ; il est obligé de s’appuyer sur des béquilles pour marcher.
A l'examen : on note un gland encore rouge et turgescent. Le calcanéum du pied droit est énorme, chaud ; on note la disparition de chaque côté des méplats; on ne peut plus limiter le tendon d'Achille. La pression de cet os est peu douloureuse latéralement où il semble surtout augmenté de volume ; par contre la douleur est vive au niveau de l'insertion du tendon d'Achille. Mais le fait caractéristique est surtout une douleur exquise, bien limitée, située à la partie postéro-inférieure du calcanéum, en regard de la grosse tubérosité de cet os. La radiographie montre une épine osseuse sous-calcalnéenne nette. :
On ne note aucune prise des autres articulations, cependant la tibio-larsienne est limitée dans ses mouve-
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ments : Ja ténsion du tendon d’Achille est douloureuse. On ne note pourtant aucune épine à ce niveau.
OBSERVATION HI (Fig. 14) (Communiquée par M. le D° Ducroquet) M. M. B..., 35 ans.
Le malade, examiné, avoue une blennorragie il y à r2 ans ; se dit guéri. Il y a trois ans, ce malade à souffert au
niveau du talon pendant plusieurs mois ; il marchait à ce moment sur la pointe du pied, toute pression sur le
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talon lui étant extrèmement douloureuse. Depuis cette époque la voûte plantaire s'est progressivement affaissée. Actuellement on note : un pied plat fixé, irréductible, une douleur nette au niveau du scaphoïde et de la tête de l’astragale. Le calcanéum est énorme, douloureux à sa partie postéro-inférieure, à deux centimètres du bord postérieur du talon et un peu en dedans de la ligne médiane. La radio montre une Eériostite du scaphoïde, mais surtout une épine sous-calcanéenne très marquée.
OBSERVATION IV (Fig. 15)
(Communiquée par M. le D° Ducroquet)
M. L..., 24 ans.
Arthrites multiples gonococciques. En novembre 1920 se plaint d’un lumbago qui dure encore, ses hanches sont douloureuses. En juillet 1921, prise de l'articulation sterno-claviculaire droite. En août, l'épaule gauche n’a plus qu'un quart de ses mouvements. En novembre, prise du pied gauche qui reste longtemps douloureux. En août 1922, le malade souffre derrière le talon (sensation d'aiguille), tout le pied augmente de volume. À l'examen on note, eneffet, que le pied est très œdématié en dedans et en dehors ; les gouttières malléolaires effacées sont douloureuses. On note encore un point douloureux le long de la gaine des péroniers. En pressant au-dessous du calcanéun d'avant en arrière, on provoque une douleur extrêmement vive et bien localisée vers le bord postérieur du talon. La voûte plantaire est affaissée de moitié, mais est immobile, sauf pour les mouvements de latéra-
Fic. 15
lité. La radiographie montre une épine sous- -calcanéenne très développée.
OBSERVATION V (Fig. 16 et 16°)
(Communiquée par M. le D’ Massart)
M. H..., 5° Colonial.
Cette observation se rapporté à un vieux sujet du 5° Colonial ayant eu maille à partir avec la blennorragie. On ne trouve pas de signe de spécificité. Il souffre depuis un an quand . ; vient consulter.
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A l'examen : on note une douleur très marquée, exquise au niveau de la grosse tubérosité calcanéenne du pied gauche. Le malade ne peut poser son talon à terre. La voûte plantaire est conservée, mais l'épaisseur de la semelle graisseuse est augmentée. Le calcanéum semble lui aussi augmenté de volume. Le malade, a essayé tous les traitements sans succès, seul le repos sefnble ,calmer la douleur ; la marche est possible après un séjour au lit. La guerre a empêché l'intervention. Mais les radiographies ont été faites : on note une épine calcanéenne bien marquée au niveau de la grosse tubérosité; sa direction est oblique en bas et en avant, son sommet est fortement pointu, on ne note pas d’épine au niveau de l’attache du tendon d'Achille,
Au pied droit, alors que le malade n’accusait aucune douleur, que ce pied au contraire était surmené du fait que le pied opposé ne pouvait pas être posé à terre ; fait remarquale, on note à la radiographie une ombre floue, pourtant visible de forme arrondie et siégeant au niveau de la tubérosité .sous-calcanéenne. I semble qu'on ait à faire à une épine en voie de formation. Le calcanéum paraît augmenté de volume.