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signalé, coexistant avec les réactions séreuses, une exostose siégeant à la face inférieure du calcanéum. Depuis lors, de nombreux faits attirèrent plus particulièrement l'attention des médecins et maintes fois fut signalée cette périostose de Fournier, appelée par Jacquet ostéite hyperostosante et par Hirtz ostéopériostose hypertrophiante. Ce sont surtout les travaux et les nombreuses observations de Reclus et Schwartz, en 1909, qui mirent la question au point : le nom même de pied épineux leur revient de droit. Mais depuis les publications de ces maîtres, les discussions furent nombreuses ; il nous à donc paru intéressant de reprendre cette question abandonnée pendant la guerre, d’en donner une vue d'ensemble, d’en expliquer certains points, d'en préciser la symptômatologie générale. Cette étude nous a d’autant plus intéressé qu'il était possible de particulariser à coup sûr cette affection, de l’isoler comme l’une des nombreuses formes de la talalgie gonococcique ; de plus si linflammation des séreuses, l’inflammation globale de l’os, est une affection chronique, durable, de traitement difficile, le pied épineux au contraire encore que produisant une gêne fonctionnelle au moins équivalente à celle de la talalgie, semble une forme essentiellement guérissable de cette talalgie soit par une médication appropriée, soit par une opération assez simple.
Historique
L'historique de la localisation au calcanéum d’une infection gonococcique est caractérisée par deux grandes époques
La première répond à la différenciation du rhu: matisme articulaire vrai d’avec les arthrites blennorragiques.
La deuxième époque qui nous intéresse particulièrement correspond à la distinction parmi les complications de la gonococcie du pied, de lexostose sous-calcanéenne d'avec la talalgie en général. Nous devons donner ici une longue liste de maîtres s'étant intéressés à la question.
C’est Fournier qui, en 1869, décrit les périostites et périostoses gonococciques, Mauriac, en 1883, qui signale « que le catharre spécifique de l’urèthre peut, dans quelques cas, produire des tuméfactions du périoste, des gonflements osseux », Ozenne, en 18917, qui parle d'accidents ostéopériostés de la blennorragie chez une de ses malades. Mais c’est Jacquet; en 1897, qui signale nettement l’exostose blennorra: gique du calcanéum après avoir décrit, en 1892, l’hyperostose globale de cet os. C'est à la suite de Ja
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constatation de ce maître que de nombreuses recher. ches cliniques, aidées de la radiographie, se concentrent sur cette étude.
Rôssler (1) (1895) explique l'Achillodynie par une exostose au devant de la bourse rétrocalcanéenne.
Brackett (1) (1896), dans une observation sembla-
- ble accuse plus le traumatisme que le gonocoque.
Claisse (1897), peu de temps après Jacquet, signale des ostéopathies blennorragiques à localisation au niveau des côtes chez une jeune fille atteinte précédemment de rachitisme.
Goldwaith (2) (1897), note une guérison après ablation d’une extose rétrocalcanéenne. Il semble que ce soit Painter (3) (1898), qui ait montré par la radio-
graphie une extose nette sous-calcanéenne siégeant sur la grosse tubérosité.
Plettner (4) (r900), remarque sur six cas, trois guérisons après opération.
Hirtz la même année signale REC blennorragique des os longs.
Philippet (r901), dans sa thèse, fait une étude d'ensemble des ostéopathies gonoccociques. Puis ce
(x) Rosscer : Zur’ Kentniss der Achillodynie, Deut. Zeitsch. f. Chir.; 1895, Bd:42, p.274.
(1) BRAOKETT : Sub. tendinous exostosis, Boston med. and surgical journal, janvier, 1896, n° 2, p. 4x.
(2) GoLpwarTa : À case of Achillodynia due to an exostosis of os ralcis.…, Boston medical and surg. journal, maï-1897, p. 516.
(3) Panrer : Trans of the american, orth. Associat., vol. XI, p. 169, 1898. Inflammation of the post calcaneal Tursa associated with exostosis.
(4) PzeTTner : Ueber die Exostose des Fersenbeins, Jahresb. der. Ges. f. Natur. u. Heilk. in Dresden, 1900.
sont les travaux de Fournier (1904), et Couteaud sur l'hyperostose blennorragique du menbre inférieur.
Barker (1) (1905) accuse nettement la blennorragie dans un cas d’exostose sous-calcanéenne.
Ewald (2) (1906), explique la douleur par l’inflammation d’une bourse séreuse sous-jacente à l’exostose. |
Ebbinghaus (3) à la même époque signale deux cas d’exostose douloureuse d’origine traumatique.
Baër (4) en même temps montre six cas d’exostose sous-calcanéenne et surtout conclut d’une manière indubitable à une localisation gonococcique, les examens histologiques et bactériologiques ayant été nettement positifs.
Chrisospathes (5) (1907) dit que dans Flincision de l’épine il faut en même temps enlever le périoste ou la bourse séreuse si on trouve cette dernière.
Puis en 1908 Jaeger (6) observe onze cas, en rap- . porte un seul où vraiment il a trouvé du gonocoque dans l’exostose.
(1) Barker : Bilatéral exostoses of the inferiore surface of the calcancus gonorrheal in origin. The Johns Hopkins Hospital Bulletin 1905, p. 384. ; ,
(2) Ewazn. — Ueber fusschmerzen in Folge von minder auffâlligen ursachen, Wien. med. Woch., juillet 1906, p. 1498.
(8) EgsiNémauss : Ein Beitrag zur Kentnios der traumatischen fussleiden, Cent. f. Chir., 1906, n° 15, p. 436.
(4) BaËr : Gonorrheal exostosis of the os calcis, Surgery gynecology and obstetrics, vol. IT, 1906, p. 168.
(5) Carysosparnes : Die Variationen einiger skelettheile und die von ihnen ausgehenden Beschwerden, Zeitsch. f. orthop. chir., 1907, Bd XVIII, p. 365.
(6) JAEGER : Gonorrhcal exostosis of the os calcis, The american journ. of orthop. surgery, janvier 1908, p. 304.
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Davidson (1) présente une observation d’épine blennorragique bilatérale.
Lher (2) accuse ici le pied plat dé provoquer l’exostose et la douleur.
Jacobsthal (3) rapporte aussi des cas ie avec ra- ‘diographie.
Pour Haglund (4) le traumatisme est l’agent de la douleur.
Blencke (5) essaie de rechercher comment une épine non douloureuse peut le devenir dans la suite.
C'est en 1909 que parut alors dans la Revue de Chirurgie l'étude complète des exostoses ; Reclus et Schwartz publient leurs recherches, citent de nombreuses observations et précisent la question.
Sicard et Haguenau, en 1914, rapportent des observations.
Milian, la même année, voit dans cette affection une manifestation de la syphilis.
D'autres auteurs enfin étudièrent eux aussi la question, nous verrons au cours de ce travail le résultat de leurs recherches et leurs conclusions.
(x) Davison : Gonorrheal exostoses of the os calcis, Medical Record, New-York, oct. 1908, p. 570
(2) Lemr :, Ueber die plantare exostos: des Fersenbeins, Zeitsch. f. sonore Chir., 1908, Bd 19, p. 473:
* (3) JacoBsruaz. — Ueber Fersenschmerzen. Arch. f. Klin. chir., 1908, Bd 58, p. 147. 4
(4) Haczunp : Ueber den sozenannten Chéineisporn. Zeitsch. f. orthop. chir., 1908, Bd 79, 457.
(5) BLENCKE. — te über den HORS POP Zeilsch. f. orthop. Chir., r908, Bd 20, p. 363.
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Quelques points de l’Anatomie du pied
Il nous a paru utile de rappeler d’abord quelques notions d'anatomie du pied, qui nous serviront pour la localisation du siège de la lésion et de son diagnostic. |
La simple vue des schémas suivants suffira pour attirer l'attention sur les points que nous voulons
Fic. 1. — Calcanéum, face inférieure 1. Tuhérosité interne, 2. Tubérosité externe. — 3. Petite apophyse, avec 8”, gouttières pour le fléchisseur commun des orteils. — à. Gouttière pour le fléchisseur propre du gros orteil. .— 5. Tuber-
cule calcanéenne externe, séparant les gouttières des péroniers latéraux. — 6. Facette articulaire pour le -cuboïde.