‹ Le Calcanéum Épineux GonococciqueChapitre 7 sur 33 · SIÈGE · texte numérisé non relu

SIÈGE

C'est dire que cette épine, cette lame, s’insère sur la zone tubérositaire calcanéenne ; plus particulièrement sur la tubérosité interne, quelquefois sur les deux au niveau de l'insertion du grand ligament plantaire. On a encore donné comme siège d’implantation, la crête osseuse qui fait suite à la zone tubérositaire, le cuboïde. Généralement unique, on peut cependant en voir plusieurs en série comme celles signalées par Reclus et Schwartz, Jaeger et Labernadie ; ce dernier en ayant vu trois sur le même calcanéum. Ajoutons enfin que la bilatéralité est fréquente. ;

Poussant plus loin l'examen macroscopique, nous pouvons voir coexister une pareille exostose, moins aiguë cependant, mesurant de un centimètre à un centimètre et demi, siégeant au niveau de l’attache du tendon d'Achille, exostose rétrocalcanéenne qui aurait la même cause que la précédente, mais qui pourtant est beaucoup moins fréquente. Elle se dirige verticalement en haut et en arrière, est moins pénible au malade et constitue en quelque sorte «-un pied épineux supérieur ». C'est elle en effet qu’on accuse de provoquer l’Achillobursite si bien étudiée par Rôssller, lAchillodynie décrite par Fontaine (thèse Paris 1912).

NATURE. — Reste à savoir la nature de cette lésion : la néoformation osseuse est évidente, pour-

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tant, à titre documentaire, il est intéressant de rappeler la grande discussion de la Société de Dermatologie de 1898 ; elle nous sera utile pour expliquer quelquefois le résultat négatif de la radiographie. Jacquet avait cependant été catégorique sur lhypérostose calcanéenne ; citons d’ailleurs ses propres paroles : « Voici l'un des calcanéum de ce malade, comparez-le à ces deux calcanéum normaux, il y a hyperostose évidente au niveau de l’attache du tendon d'Achille et de la facette lisse et cartilagineuse qui lui fait suite. On conçoit que l'extrémité inférieure du tendon soit à la fois renflée et refoulée en arrière de manière à constituer la saillie calcanéenne postéro:supérieure et le sillon qui la sépare de la partie postéro-inférieure de l’os ou encoche achillocalcanéenne. De plus, il est non moins évident que les faces latérales, surtout l’externe, sont hyperosto-

sées, ce qui explique l'accroissement du talon dans

le sens transversal ; enfin la tubérosité inféro-externe est, elle aussi, anormalement développée et la douleur sous-calcanéenne des talalgiques trouve là, elle aussi, un substratum anatomique positif. » Voici donc, établi bien nettement par Jacquet, l’existence d’une hyperostose osseuse à la partie inférieure de la grosse tubérosité calcanéenne. La même année Emery communiquait un cas où l'examen physique paraissait révéler une hyperostose évidente alors que la radiographie donnait un résultat négatif. Jacquet lui-même expliqua aisément la raison de cette contradiction. « Le tissu osseux jeune est per-

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