‹ Le calendrier des confreries de ParisChapitre 23 sur 35 · FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE

NOTES

(1) Les compagnons tanneurs avaient leur confrérie à S. Marcel, et une autre confrérie, comme dit notre Calendrier des Confréries, à S. Médard, au xvii® siècle, sous le patronage de S. Barthélémy (24 août). Ce saint ayant été écorché, les écoreheurs de bêtes avaient trouvé convenable de se mettre sous sa protection.

(2) La première confrérie de S. Honoré fut établie dans l'église de ce nom. Une autre non moins considérable se forma à S. Laurent. Toujours en danger de brûler, eux et leurs marchandises, ils se mirent sous l'invocation du S. Diacre. Pour se préserver de la peste, à laquelle ils se croyaient exposés à cause du feu, ils prirent à cette occasion un troisième patron, S. Lazare ou S. Ladre. Pendant une disette, ils fournirent de pain le monastère, puis changèrent cette redevance en argent ; enfin, ils s'exonérèrent en fondant une chapelle dans l'église du bourg S. Lazare.

(3) Cette confrérie remontait dans cette église à l'année 1422; le xv^ siècle avait vu s'établir bien des confréries, les misères de cette vie faisant désirer de trouver des protecteurs dans l'autre (Voir p. 61).

(4) L'étymologie de ce mot est assez obscure. Le peuple a

donné aux Pénitents Réformés du Tiers-Ordre de S. François le nom du village où ils ont fait l'établissement le plus considérable de leur] Congrégation. (Voir Piganiol. Description de Paris ^ t. V, p. 81.

(5) L'auteur se proposait sans doute, dans une seconde partie, d'entrer dans quelques détails.

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NOTICE SUR LES SAINTS PATRONS, Par Gabriel Peignot.

' N sait que depuis rétablissement du mW christianisme, qui a répandu ses bienfaits sur presque toute l'Europe et dans plusieurs autres parties du Monde, les différents États , empires , monarchies, républiques, se sont choisi un patron dans le Ciel. La Russie, par exemple, est sous l'invocation de S. Nicolas; l'Autriche, sous celle de la S**^ Vierge ; Rome, sous celle de S. Pierre et de S. Paul; Venise^ sous celle de S. Marc;J'Angleterre, sous celle de S. Georges ; la France, sous celle de S. Denis; le Portugal^ sous celle de S. Antoine de Padoue, etc. Mais dans aucun pays, la

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manière d'honorer son saint patron n'a été plus remarquable, plus solennelle,, plus singulière qu'en Portugal. Voici ce qu'en raconte (dans son Portugiesische Grammatik) M. Junk, qui était en Portugal en 1762, et qui y commandait un corps de volontaires levé à ses frais :

« Vers le commencement du dix-huitième siècle (en 1706)^ les habitants de Lisbonne crurent sans doute beaucoup ajouter à la gloire de S. Antoine, leur patron, ou du moins s'attirer encore davantage sa protection, en la décorant d'un titre pompeux. En conséquence, on résolut de conférer au grand saint la haute dignité de maréchalgénéral des armées de Portugal. Mais, comme^ pour parvenir à ce rang distingué, il fallait passer successivement par tous les grades militaires inférieurs, on le fit d'abord 3oldat, puis bas- officier, sous-lieutenant, lieutenant^ capitaine, etc.^ etc., etc., enfin maréchal ; et, pour rendre cette promotion plus régulière et la mettre à l'abri du reproche de tout passe-droit, de toute faveur, on exigea que le saint ne passât d'un grade à un autre qu'après le temps exigé par les règlements, avec la paye et l'habit affectés à

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chaque grade. Enfin, toutes les formalités étant remplies, le grand saint fut reçu et proclamé maréchal-général de l'armée, et sa pension fut fixée annuellement à cent cinquante ducats. Dès lors, toutes les fois qu'il y eut guerre, S. Antoine, en grand costume, placé sur une chaise, fut porté à Farmée, et sa présence stimulait et augmentait le courage du soldat. Uauteur de cette narration prétend qu'en 1762, le premier boulet tiré de l'armée de Ferdinand, duc de Brunswick, faillit emporter la tête du saint général. On assure que, jusqu'au temps de nos révolutions modernes^ la paye du saint officier, renfermée dans une bourse de velours rouge, était tous les ans déposée solennellement sur l'autel de sa chapelle par le Roi lui-même. »

Nous ignorons si tous ces faits sont d'une rigoureuse exactitude; mais, vu leur importance, nous ne sommes guère plus tenté d'y croire que d'y aller voir.

Il en est de même d une autre historiette tenant encore à S. Antoine, et à laquelle on peut fort bien se dispenser de croire, sans porter atteinte à la foi. Le Suédois C.-J. Ruders raconte, dans son Portugisik Resay etc. (Voyage en Portugal), Stokholm,

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1807, 2 vol. in-8, que lorsqu'il était à Lisbonne (en 1800), on montrait dans la cathédrale deux corbeaux qui avaient nourri saint Antoine, et qui en furent récompensés par l'immortalité. Le saint est mort le i3 juin i23i, âgé de 36 ans; ainsi les deux corbeaux auraient maintenant plus de 600 ans d'existence. C'est déjà un fort joli petit à-compte sur Fâge futur de ces doyens de la race corvine.

Mais revenons à quelque chose de plus sérieux, à nos Saints Patrons. Nous avons vu plus haut que les divers États de l'Europe ont chacun le leur ; le même principe religieux a engagé les nombreuses corporations d'arts et métiers, connues jadis sous le nom de maîtrises (^) et même quelques autres professions, à se choisir également un patron dans le Ciel. Curieux de connaître ces corporations et de savoir le jour où chacune d'elles célèbre la fête du saint qu'elle a adopté, nous en avons cherché la liste, mais nous ne l'avons trouvée nulle part f ) ; alors nous avons essayé de la former nous-méme en sollicitant des renseignements près des personnes intéressées à ces pieuses associations. Voici le résultat de nos recherches à

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cet égard ; il consiste dans la liste des divers états et corporations que nous avons pu découvrir, avec l'indication de leurs Saints Patrons, et des jours où se célèbrent leurs fêtes. Nous nous sommes occupé de cet objet aussi rare dans les livres que commun dans la société, parce que d'un côté, il tient à l'esprit religieux, et que de l'autre, il n'est point étranger aux mœurs du peuple^ puisque chaque fête commence le matin par une messe solennelle, et le soir finit par repas^ bal, etc.^ etc.

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