LE LIVRE DES CONFRERIES
5 0US avons le regret de ne pouvoir illustrer le présent volume des insignes des corporations et confréries ou des gravures qui les remplacèrent.
Malgré les lacunes inséparables d'un pareil sujet, et qui ne sont pas le fait de l'auteur, mais de la négligence de nos aïeux, qui ne nous ont rien conservé comme monument ou comme nomenclature, les recherches suivies de succès de M. Forgeais nous ont été un moyen de contrôle pour vérifier les assertions souvent matériellement inexactes de notre auteur.
On connaît la série d'ouvrages de M. Forgeais sur cette matière, ouvrages que nous avons mis à contribution; nous nous contentons d'en citer les titres, pour qu'on puisse vérifier nos assertions ou s'épargner des recherches :
Notice sur des plombs historiés trouvés dans la Seine, Paris, i858. Noyau primitif
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de la collection qui comprend les volumes suivants :
i^^ série. Méreaux des corporations de métiers y 1862.
2^ série. Enseignesde pèlerinages, iS63.
3^ — Variétés nwnismatiques, 1864.
4^ — Imagerie religieuse, i865.
5^ — Numismatique populaire, 1866.
ge — Numismatique des corporations parisiennes y métiers, etc., 1874; le résumé des volumes précédents, mais qui offre des additions et ne peut les remplacer entièrement.
On y trouvera plus d'un trait curieux intéressant la vie privée de nos ancêtres prise sur le fait, et une preuve de plus de ce besoin de mouvement qui ne se bornait pas à leur cité, mais s epandait au dehors et allait chercher dans les autres provinces de France, en Espagne, en Italie^ dans la Terre-Sainte, un aliment à cette activité fiévreuse qui fut toujours un des caractères de l'esprit parisien, lequel, à défaut d'autre objet, la mettait au service des mauvaises passions.
Le cabinet des Estampes de la rue de
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Richelieu possède sur le sujet qui nous occupe un recueil mentionné dans le Dictionnaire iconographique des monuments, de Guénébault, sous le titre de Livre des Confréries. C'est un volume in-folio^ coté Re. i3, de 369 feuilles, mais qui ne contient que 346 numéros, y compris les doubleSj parce qu'il s'y trouve des lacunes. Ce précieux recueil,, formé par un amateur du commencement du dix-huitième siècle^ renfermant des planches relatives aux corporations et confréries de la ville de Paris^ ne contient que des pièces antérieures à 1725 ou 1730. La plupart des planches de ce volume sont grossièrement gravées sur bois et coloriées à la main; elles rappellent ces naïves images de dévotion que l'on trouve partout dans les campagnes et qui se fabriquent spécialement à Epinal et dans la rue Saint-Jacques. Ce ne sont pas des œuvres d'art : la plupart sont inférieures comme exécution aux papiers peints actuels ; plusieurs font cependant exception; on peut recommander entre autres à l'attention des amateurs un cachet de la Confrérie de S. Crépin et S. Crépinien^ dans l'église de l'hôpital des Quinze- Vingts : Confrérie
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royale des Cordonniers du roy et des marchands privilégiés suivant la Cour.
Au fond, derrière l'autel, on voit un vitrail remarquable du quinzième siècle autant qu'on en peut juger, représentant la légende des patrons. C'est peut-être la seule fois qu'il ait été reproduit; il manque dans l'ouvrage de Millin, les Antiquités nationales (1790)^ l'église ayant été détruite dès 1780. On rencontre également des dates de fondation ou d'origine des confréries, les noms des dignitaires^ ceux des chapelles et églises où l'on se réunissait, la représentation des outils et instruments de la corporation.
Le Calendrier des Confréries datant d'une époque antérieure à l'usage général des cachets et de beaucoup postérieur à celui des jetons, en tenant compte également des changements qui arrivent nécessairement dans les lieux de réunion et le choix des patrons, on ne s'étonnera pas de ne pas trouver pour chacune des confréries mention de l'un et de l'autre, quoiqu'elles aient dû nécessairement posséder l'un et l'autre selon l'époque ; d'ailleurs les découvertes de M. Forgeais quelque importantes qu'elles soient , ne sont pas défini-
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tives et le Livre des Confréries n'est pas complet.
Les collections sigillographiques des Musées de Carnavalet et des Archives nationales viendront combler plusieurs de ces lacunes, mais on ne peut espérer qu'elles les fassent toutes disparaître.
Dans une note sur une estampe de la communauté des maîtres fondeurs ciseleurs de la ville de Paris, M. Guiffrey (^) s'exprime ainsi en terminant :
« Il nous semble, et c'est pour cela que nous avons aussi longuement insisté sur cette récente acquisition, qu'il y aurait de curieux renseignements à tirer de ces estampes répandues à profusion au temps de leur publication, et si rares aujourd'hui. Ceux qui étudient l'histoire des anciennes corporations parisiennes pourraient y recueillir des dates et des faits curieux. Une étude approfondie du volume factice possédé par le cabinet des Estampes ne saurait manquer de présenter un vif intérêt... Nous l'entreprendrons quelque jour si notre appel n'est pas entendu d'un travailleur plus versé que nous en ces matières, et nous essayerons de présenter un tableau complet des docu-
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ments gravés qui nous sont parvenus sur les anciennes corporations parisiennes d'arts et métiers. » Nul mieux que M. Guiffrey n'est en mesure de bien exécuter ce travail ; nous prenons bonne note de sa promesse.
ORDONNANCE SUR LE FAIT DES MESTIERS DE LA VILLE DE PARIS PAR LOUIS XI, A CHARTRES. JUIN 1467.
Les soixante et une bannières,