‹ Le calendrier mexicain; essai de synthèse et de coordinationChapitre 13 sur 18 · VII VIII · texte numérisé non relu

VII VIII

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de par le Tonalamatl. De cette façon la manipulation du livre deviendrait très diflRcile, si le tonalpouhqui (celui qui compte les jours) n'y remédiait par cette loi très simple : le premier jour de Vannée rétablit l'équilibre entre les signes diurnaux et la série des « sefiores de la noche », en ce sens qu'il est combiné avec la figure qui lui revient normalement de par le Tonalamatl. A notre avis, les feuilles 21-22 du Codex Borbonicus^ placées immédiatement à la suite du Tonalamatl^ ne sont autre chose que l'expression de cette loi ; elles montrent comment il faut se servir de ce livre et prouvent par conséquent que les jours qui ont donné leur nom aux années sont, en qualité de régulateurs, les jours initiaux de ces années.

Comme nous l'avons exprimé plus haut en chiffres, l'année mexicaine se répartissait en 18 vingtaines, au bout desquelles se célébraient régulièrement des fêles liturgiques. A ces vingtaines nous appliquons, bien qu'improprement, le terme de mois. Ces mois se succèdent dans l'ordre suivant :

Atlcaualo, fête de Tlaloc

Tlacaxipeualiztli, fête de Xipe

Toçoziontli, fête de Ginteotl

Ueitoçoztli^ fête de Ginteotl

Toxcail, fête de Tezcatlipoca

Etzalqualizlli^ fête de Tlaloc

Tecnilhuitontli^ fête de Uixtociuatl

Ueitecuilhuill^ fête de Xochipilli

Miccailhuiizintli (ou Tlaxochimacoj, petite fête des morts

Ueimiccailhuitl (ou Xocouetzi), grande fête des morts

Ockpaniztli^ fête de Toci

Teotleco^ fête de Tezcatlipoca

Tepeilhuitl, fête de Tlaloc

Quecholli^ fête de Mixcouatl

Panquelzaliztli^ fête de Uitzilopochtli

Atemoztli, fête de Tlaloc

Tititl^ fête de Ilamatecutli

Itzcalli, fête de Xiuhtecutli *

d. L'indication des fêtes est donnée ici d'après les codices Vaticanus A et Telle-

Si nous sommes bien orientés sur la succession des mois, nous le sommes malheureusement de façon beaucoup moins parfaite sur le mois initial. Les plus anciens documents indiquent comme mois initial Atlcaualo ou Tlacaxipeualiztli. Parmi ceux qui font commencer Tannée par Atlcaualo^ nous pouvons citer Sahagun, Torquemada, le Codex Ixtlilxochith les interprètes du Telleriano-Remensis et du Vaticanus A, le Codex 1576 d'Aubin^ Duràn, Martin de Léon, Velancourt, Clavigero, Granados y Vaidès, etc.; tandis que Motolinia, le Codex Magliabecchi, Gomara, Valadès, Ixtlilxochitl, J. de la Sema, et, à la suite probablement de Siguenza y Gongora, Gemelli Carreri se prononcent pour le mois de Tlacaxipeualiztli. Madame Zelia Nuttall adopte ce dernier avis.

L'auteur du calendrier publié à la suite de l'édition des Mémoriales de Motolinia par le M. L. Garcia Pimentel se distingue assez sensiblement des autres auteurs du xvi® siècle. Il fait apparemment commencer Tannée par le mois de Titilla mais il semble bien qu'il n'a en faisant cela d'autre but que de faire coïncider la nouvelle année mexicaine avec la nouvelle année européenne *. Il n'est pas impossible que Cristobal del Castillo se soit inspiré des idées de cette école. En tout cas, Léon y Gama qui nous le présente comme sa principale source, adopta lui aussi le mois de Tititl comme premier mois de son année. Dans la seconde moitié du xvii® siècle, furent copiés ou composés un grand nombre de calendriers qui font commencer Tannée par Atemoztli ; et nous retrouvons le même mois initial dans l'édition des lettres de Cortès parLorenzana en 1770^. Il restait Itzcalli; celui-ci fut placé en tête des mois par Orozco y Berra.

Ces discordances sont assez suggestives. Elles me font penser que chez les anciens Mexicains le passage de Tannée ancienne à une année nouvelle n'était pas aussi marqué que nous le croyons. Us avaient une série continue de Tonalamatls ; ces séries étaient jalonnées tous les 365 jours par un signe qui donnait son nom à la période suivante. La présence de ce signe constitue proprement le

rianO'Remensis, collationnés avec le Codex Magliabecchi. Cf. Seler, Eine Liste der- Mexikanischen Monatsfeste, Gesammelte Abhandlungen^ I, p. 145, 151.

1. Nous trouvons la même préoccupation chez l'auteur anonyme contre leque Sahagun mène la polémique de son Appendice au livre IV.

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