‹ Le calendrier mexicain; essai de synthèse et de coordinationChapitre 15 sur 18 · Gesammelte Abhandlungen...^ I, p · texte numérisé non relu

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2. Ed. Seler, « Die Achtzehn Jahresfeste der Mexikaner ». Verôffentlichungen aus demKgl, Mus. f, Vôlkerkunde. Berlin, VI, Heft 2/4, p. 130.

3. Rémi Siméon, Annales de Domingo Francisco de San Anton Mufioz Chimalpahin Quanhtlehuanitzin ^ 6« et 7« relations, Paris, 1899, p. 177.

18 EDOUARD DE JONGRE

malpain ait trouvé dans ses sources pictographiques l'indication du jour 4 acatl. Il est plus vraisemblable qu'il y ait trouvé l'indication du mois Toxcatl, et qu'il ait voulu transcrire cette donnée, en indiquant le jour auquel la fête s'est accomplie. Ce procédé n'a rien d'extraordinaire chez les historiens qui commentent des documents pictographiques. Seulement, Chimalpain s'est trompé dans ridentification du jour, en partant de l'idée fausse que l'année commençait au mois d'Atlcaualo.

Nous trouvons aussi une allusion au mois initial de l'année mexicaine dans le précieux document de la collection Humboldt dont nous parlions plus haut. La série des quatre fêtes annuelles, qui s'étend sur dix-neuf années, commence par Etzalqualiztli^ c'est-àdire celle qui tombe au deuxième mois, si l'on commence l'année au premier Toxcatl. Si l'année mexicaine avait commencé par i4//cawao ou par Tlacaxipeualiztli^ il n'est pas probable que cette dernière fête eût figuré en quatrième lieu. Mais l'historien Sahagun nous fournit une preuve plus convaincante que l'année mexicaine commence plus tard qu'on ne l'a admis jusqu'ici. Au livre XII, ch. 3, il rapporte que Cortès arriva sur les côtes du Mexique vers la fin de Tannée 13 Tochtli, Or l'arrivée de Cortès se place vers le milieu d'avril. Ce texte ne peut se comprendre que si l'on admet que le passage de iS Tochtli k i Acatl sl lieu au mois de Toxcatl *. Vu l'importance de ce texte, je tiens aie transcrire en nahuatl. M. Seler l'a copié, il y a quelques années, du manuscrit de Madrid ; il l'a cité dans un de ses cours sur l'histoire de la conquête, et il a eu l'extrême obligeance de mettre sa copie à ma disposition : « Auh niman ie mocuepa in xiuitl ie imonamicioc in matlactli omei Tochtli : auh ie tlamiznequi ie zonquizian in xiuitl omei Tochtli in quiçaco in ienoceppa itLoque [« et là-dessus déjà retourne l'année, à l'époque où déjà se rencontre 13 Lapin : et déjà est sur le point de se terminer, c'est déjà le moment où prend fin l'année 13 Lapin, alors ils arrivent, alors ils sont vus de nouveau. »]

1. Dans sa traduction du texte de Sahagun, p. 799, Rémi Siméon dit en note que ce texte est confus. Il serait exact pour l'arrivée de Grijalva mais ne pourrait se comprendre pour l'arrivée de Cortès qui arriva en 1519. On voit au contraire que ce texte est très net et très précis. Il prouve simplement que Tannée / Acatl ne coïncide pas entièrement avec l'année 1519, mais qu'elle commence en mai 1519 pour finir en mai 1520. Ce passage, comme une foule d'autres, montre que la publication critique du texte nahuatl de Sahagun répondrait à un réel besoin des études mexicaines.

Il est une question connexe de celle de la succession des mois, 'C'est celle de la place des 5 nemontemi qui n'appartiennent à aucun mois. Ici les mexicanistes sont d'accord pour placer ces jours immédiatement avant le commencement de Tannée nouvelle. Mais cet accord n'est qu'apparent, puisque ces jours se placent, tantôt avant Atlcaualo^ tantôt avant Tlacaxipeualiztli, suivant le mois qu'on considère comme initial. Nous avons établi avec M. Seler que le premier mois de l'année mexicaine est ToxcalL Faut-il en conclure que les /lemon^emi précédaient immédiatement le premier jour de ce mois? Pas nécessairement. Si les nemontemi avaient occupé cette place, il est évident qu'ils auraient contribué à mettre en relief le premier jour de l'an et, dans ces conditions, on ne comprendrait pas qu'aucun auteur ancien ne parle de Toxcatl comme mois initial de l'année, ni des nemontemi comme le précédant immédiatement. Il me paraît bien plus vraisemblable d'admettre que la place des nemontemi éi^ii déterminée par le Tonalamatl^ plutôt que par les fêtes liturgiques de l'année. Je me suis livré sur ce point à quelques expériences, et le schéma de l'année mexicaine qui me plaît le plus est celui qui place les nemontemi immédiatement avant le jour / cipactli dans une année / Acatl^ immédiatement avant le jour ^ miquiztli dans une année 5 Tecpatl^ avant le jour 3 oçomàtli dans une année 3 Calli^ avant le jour 4 cozcaq u au ht li dans une année 4 Tochtli, etc. De cette façon, les nemontemi tomberaient régulièrement les 204, 205, 206, 207 et 208^^ jours de l'année, immédiatement après le 3® jour de Panquetzaliztli. A titre de curiosité, je donne, page suivante, un schéma.

Ma construction aurait l'avantage d'expliquer l'incertitude qui régnait au sujet du commencement de l'année. Le premier jour de l'an n'est pas mis en vedette, parce que certains mois de l'année / Acatl commencent par acatlet d'autres par tecpatl^ certains mois de 2 Tecpatl commencent par /ecpa// et d'autres par calli. De plus, elle expliquerait comment certains auteurs ont pu considérer les jours cipactli^ miquiztli, oçomàtlieicozcaquauhtli^ respectivement, comme jours initiaux des années Acatl, Tecpatl^ Calli et Tochtli. Mais, je le confesse volontiers, je n'ai trouvé jusqu'ici aucun fait positif qui me permette d'imposer mon schéma avec quelque chance de succès. Je constate donc que sur ce point notre ignorance est absolue. Au point de vue synchronologique, cela ne nous gène pas

beaucoup ; mais, pour le déchiffrement des pictographies, il importerait que nous puissions avec quelque sûreté combiner les signes diurnaux d'une année quelconque et le « sefior de la noche », avec lequel les prêtres et les devins les mettaient en rapport. A cette condition, il nous serait peut-être possible de pénétrer quelquefois le

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profond mystère qui enveloppe les dates combinées d'années et de jours que nous trouvons dans le Codex Vindobonensis^ dans le Codex Nuttall, dans le Codex Bodleianus. etc.

Avant d'aborder la question la plus importante au point de vue historique, celle de la concordance du calendrier mexicain avec le calendrier européen, il convient d'examiner les rapports de Tannée mexicaine avec Tannée solaire réelle. Composée de 363 jours, elle était plus courte de quelques heures que Tannée solaire, et nous ne

doutons pas que les anciens Mexicains, en bons astronomes et en bons mathématiciens qu'ils étaient, ne se soient aperçus du désaccord qui résulte de ce fait entre leur année et Tannée solaire. Mais il importe surtout de savoir s'ils ont fait quelque chose pour réparer ce désaccord. A. cette question, différents auteurs ont répondu de façon différente.

Motolinia dit expressément que les anciens Mexicains ne connaissaient pas rintercalation et qu'il se produit un glissement lent mais continu de leur année sur Tannée solaire ^ Torquemada, ainsi que Tauteur de la Cronica de la S. Provincia del santisimo nombre de Jésus de Guatemala (de Tannée 1683), est du même avis^. Sahagun, auquel nous devons nos renseignements les plus précieux sur les anciennes civilisations du Mexique, dit que les Mexicains intercalaient un jour tous les quatre ans. M. Seler pense que c'est là une hypothèse personnelle de Tauteur ^. M"^® Zelia Nuttall s'appuyant sur Tappendice du livre quatrième, conteste Tinterprétation de M. Seler ^. Cet appendice constitue une polémique contre un auteur anonyme qui avait écrit sur le calendrier. L'auteur anonyme avait prétendu que Tannée bissextile échappa aux Mexicains et Sahagun dit que c'est faux, « parce que ce qui s'appelait chez eux le calendrier véritable comptait trois cent soixante-cinq jours et trois cent soixante-six tous les quatre ans, le jour additionnel servant à une fête périodique » '*. Je ferai remarquer que tout cet appendice repose moins sur des informations prises auprès des Indiens que sur des opinions personnelles de Sahagun. C'est une des parties les plus faibles de l'importante œuvre encyclopédique du P. Sahagun. Elle nous révèle que, malgré ses recherches méthodiques, le bon missionnaire ne s'était pas fait une idée exacte des rapports qui existent entre le Tonalamatl et le calendrier solaire. Il les consi-

\, L. Garcia Pimentel, Memoriales de Fray Toribio de Motolinia, Mexico, 4903, p. 36.

2. Ed. Seler, « Die Korrekturen der Jahreslânge »... Zeitschrift fur Ethnologie^ 1903, 1, p: 28.

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