‹ Le calumet, poèmesChapitre 27 sur 47 · LE BATELIER · texte numérisé non relu

LE BATELIER

L'homme au turban offrit d'abord une améthyste, Claire comme un péché cajolé dans la nuit, Et dit au batelier : « Le soin d'aimer m'attriste Et mon bien le plus cher m'accable d'un ennui

Tel qu'il m'en faut mourir dans la ville inconnue Que gouverne ton rire et ta paresse ; prends Ce coffre, il est bien lourd mais, si tu t'évertues, Je te sais mieux payé que par mon talisman

Du son plaisant que fait un trésor quand il coule Au soir des mers sans bord, l'oiseau marin roucoule De joie en l'entendant ! » Le beau passeur partit.

Mais le noir fardeau lourd, mais le fardeau si rare Devenait, peu à peu, plus léger qu'un esprit Et l'ombre d'une femme accoudée à la barre

S'auréolait des feux du talisman repris.

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