‹ Le calumet, poèmesChapitre 26 sur 47 · DANSEUSES · texte numérisé non relu

DANSEUSES

Celui qui doit frapper l'Empereur dans sa loge Ce soir, c'est le héraut, mon frère et mon amant. De ses doigts nus brisant l'injure et les éloges, Lorsque fuiront l'Infante et le Prince Charmant.

C'est pour lui que je veux, ce soir, me faire belle Et danser. Le souffleur, ma chère, est du complot Pour que le chœur annonce une aube maternelle Au peuple trop longtemps privé des purs sanglots.

Des anges en exil attisent de leurs plumes Tous les foyers épars et l'incendie allume La nue où le taureau d'avril beugle d'amour.

Ma sœur, nous souperons sans voile jusqu'au jour Avec les sénateurs, les cochers et l'alcade En écoutant clouer le bois des estrapades.

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