‹ Le camarade infidèleChapitre 52 sur 77 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

— Mais dépêchez- VOUS donc 1 Prenez ce journal et enveloppez-y tout cela !

Il l'aide à rouler un paquet, juste achevé quand 1?. porte s'ouvre. Les joues rosies par l'air vif, dans l'élan et l'animation de sa surprise, Clymène n'aperçoit tout d'abord que Vernois.

— Comment avez-vous pu, s'écrie-t-elle, changer, sans m'en avertir, la date de votre voyage ! Moi qui étais par les rues à perdre mon temps d'une façon stupide...

Elle est essoufflée ; on ne saurait dire si c'est par l'émotion du plaisir, ou de la contrariété, ou pour avoir couru à travers l'antichambre.

— Et sûrement vous ne viendrez pas dimanche prochain... Les garçons seront si déçus... Ces hommes qui ne peuvent pas écrire un billet !

— C'est hier après-midi seulement qu'un de mes fournisseurs m'a donné rendez-vous pour ce matin.

— Il y a le télégraphe et vous pouviez...

Elle s'arrête brusquement en apercevant Mlle Gassin. Ses lèvres demeurent entr'ouvertes ; toute vie s'éteint sur son visage.

— Je vous demande pardon, balbutie-t-eJle... Je suis entrée comme une étourdie...

Vernois tâche de la plaisanter ; mais, comme un

homme dont la tête tourne et pour qui le carrousel paraît s'arrêter tandis que les maisons se mettent en mouvement, il voit celle qui devrait se retirer, immobile à l'endroit qu'elle occupe, et Clymène au contraire fléchir, céder, regarder vers la porte.

— Non, non, s'écrie-t-il, ne vous en allez pas. Il y a une glace ici pour ôter votre chapeau.

Elle enlève les épingles, pose le chapeau, et dans le pénible silence, n'osant plus se retourner, elle fait semblant de rajuster ses peignes. Mlle Gassin avance d'un pas, mais c'est du côté de Vernois ; et le paquet qu'il faudrait dissimuler, elle le tient en évidence.

— Monsieur Vernois... (et elle attend que Clymène ait fini par regarder vers elle) je préfère reprendre ma liberté... Voici vos lettres... Faites-en ce que vous voudrez.

Il reste les mains ballantes, sentant qu'il est à sa merci.

— Ne rougissez donc pas comme un petit garçon, continue-t-elle, et ne faites pas l'abasourdi, avec cet air d'ignorer ce qu'il y a dans ce paquet.

Elle a beau trembler elle-même et parler d'une voix qui chevrette, elle est si forte en regard de ses adversaires qu'elle peut se donner le triomphe de faire traîner leur supplice :

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