‹ Le camarade infidèleChapitre 60 sur 77 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

s'établit. Je ne me trompe certainement pas en pensant que c'est la manière la plus efficace dont je puisse vous aider.

Ce qui sommeille dans le hobereau de méfiance paysanne lui fait d'abord flairer un piège. Il cache assez bien sa stupeur et commence par quelques protestations ; mais Vernois ne consent pas à se laisser payer de faux semblants.

— Non, mon général, c'est la solution que vous n'avez pas voulu me demander, mais qui s'accorde le plus parfaitement avec vos désirs. J'ajoute : avec les miens aussi-

— Je reconnais là votre décision et votre droiture. C'est ainsi qu'entre hommes les questions doivent se régler. Eh bien, soit, je vous remercie.

Il tend une main que Vernois se donne l'air de ne pas apercevoir. Ce ton lui rappelle trop la martiale tranquillité avec laquelle, naguère, le général acceptait le sacrifice de ses hommes.

— Auparavant, mon général, je voudrais pourtant tenir une promesse faite à Mme Heuland l'été dernier. Je dois la mener sur le front.

— Je l'y ai conduite moi-même, dit M. de Pontaubault, et je ne vois pas de profit à lui faire renouveler un aussi pénible pèlerinage.

— je me suis trouvé mêlé de plus près que vous, mon général, au détail des événements. Je puis les lui faire comprendre d'une manière plus vivante. J'y tiens pour la mémoire de son mari.

Les soupçons de M. de Pontaubault prennent brusquement corps :

— Ah ça, dit-il revêchement, quelle nouvelle révélation lui ménagez-vous ?

Vernois blêmit :

— Je ne comprends pas, mon général.

— Il ne vous suffit donc pas de lui avoir fait connaître les frasques conjugales de ce vaurien. Vous voulez encore, à l'endroit où il est tombé...

D'un bond Vernois est sur ses pieds :

— Vo(us parlez de mon amitié pour Mme Heuland et vous me tenez pour capable...

— Mon ami, les hommes les plus délicats ne le restent pas toujours quand les intérêts d'un sentiment sont en jeu.

— Non, non I Dans ces conditions il n'y a rien de fait. Celui qui cherche à liquider Heuland, ce n'est pas moi. Non, permettez, mon général : un point doit être établi tout d'abord, avant quoi toute parole est inutile. Ces « frasques conjugales », est-ce elle qui vous en a parlé ?

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