DEUXIÈME PARTIE
— Pourquoi dis-tu cela ?... Qu'est-ce qui te le fait croire ?...
Le petit ménage son effet ;
— Où est son chapeau ? dit-il enfin.
Vernois demande :
— Où l'as-tu mis ?
Antoine se retourne avec rancune :
— Vous pourrez le chercher longtemps.
— Voyons, mon petit, rends-le-moi.
Un tel ordre ne demande pas à être obéi, le petit le sent parfaitement. D'ailleurs Vernois n'insiste pas. Il froisse et tiraille un de ses gants.
— Vous ne voulez pourtant pas que je reste, dit-il, parce que j'aurai craint de sortir nu-tête ?
— Si vous promettez de venir dimanche prochain, commence Antoine...
Mais Clymène lui met la main sur la bouche. Il comprend qu'il faut être discret, ne pas tout demander d'un coup. Vernois garde le front barré d'une grosse ride, mais ne fait pas mine de se lever. Comme s'ils craignaient, par le moindre mouvement, de réveiller la volonté mauvaise, la mère et l'enfant retiennent leur souffle... Le gant tombe sur les marches. Antoine avance prudemment la main et s'en empare... Vernois ne bouge toujours pas...
ACHEVÉ D'n! PRIMER LE 26 JUIN 1922 PAR PAUL PIGELE T & FILS & C'" A ORLÉANS (LOIRET)