‹ Le camarade infidèleChapitre 76 sur 77 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

VOUS servirait à rien... Nous serons à la gare aussi vite que vous et nous monterons dans votre train...

Ramené contre la poitrine de Vemois, la joue écrasée contre sa chaîne de montre et les boutons de son gilet, il entend les coups sourds du cœur de l'homme et, très loin, la voix faible de Clymène :

— Mon chéri, laisse-le... Il n'aura pas pitié de toi... Mais cette voix est couverte par une autre, plus forte,

qui murmure près de son oreille, avec une sorte de rire à la fois terrible et rassurant :

— Tu me tiens, mais c'est moi qui refuse maintenant de te lâcher. Je t'emporte avec moi. Tu veux bien, dis ? Ta mère a deux garçons, ça lui suffit. Dis, tu veux bien ?

Passant un bras sous les jambes de l'enfant, il va le soulever, mais Clymène est accourue. A genoux auprès de son fils, elle le couvre de baisers :

— Ne crois pas ce qu'il te dit. S'il t'aimait véritablement, il sait bien qu'il pourrait te revoir ici... J'aurais soin qu'il ne me rencontre pas, puisqu'il ne peut plus souffrir ma présence...

Vernois veut la forcer à se taire :

— Ne jouons pas cette affreuse comédie.

— Que faisons-nous d'autre depuis trois mois ?

Mais il vous fallait ce coup de théâtre et vous avez eu le sang- froid...

— Il était lâche et fou de venir. Je ne me le pardonne pas. Mais le sang-froid, hélas !... Dix fois en une heure j'ai tout remis en question.

— Pour augmenter l'honneur de votre victoire, car lorsque votre amour-propre est en jeu...

Il riposte avec colère :

— L'amour-propre d'un homme échoué sur le bas de votre escalier !

— Alors que direz -voius de moi... qui suis à vos genoux ?

— Mais, mon amie, si je prenais au sérieux ce que vous disiez tout à l'heure...

La parole lui est coupée par Antoine. Ils ne se sont pas aperçus que le petit, se coulant à terre, s'est échappé de leurs bras. Il vient se rasseoir, enlaçant sa mère :

— Maman, n'ayez donc pas peur... Maintenant il ne peut plus partir.

— Chéri, tu ne le connais pas...

Malgré une larme qui n'a pas encore séché sur sa joue, l'enfant la regarde avec assurance et malice. Elle ne peut s'empêcher de s'écrier :

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