PREFACE
LiET ouvrage est le résultat d'une immense ope'ration : celle de déterminer, au moyen des étalons respectifs, le rapport qu'ont entre eux les poids et mesures des diverses nations du globe. Cette comparaison, que le commerce désirait si ardemment de voir eliectuce, a été faite avec la sanction et l'aide du gouvernement britannique qui a réuni, par l'intermédiaire de ses consuls, les étalons dûment attestés , et les a fait comparer avec ceux d'Angleterre a la monnaie de Londres.
L'ouvrage est divisé en deux volumes. Le premier est rédigé sur le plan de la célèbre publication d'Elert Kruse, intitulée Xllamburg co nto ris i ; mais il est plus ample, plus détaillé. Il donne un état des monnaies réelles et de compte, des poids et mesures de toutes les contrées commerçantes, avec un exposé de Iciu's banques, fonds publics, papiers - mon n aies , bonifications commerciales , et divers autres règlemens de commerce.
Le second volume, tout-à-fait neuf, commence par une exposition des principes et lois du change. Vient ensuite un système régulier où toutes les cotes sont expliquées et les calculs faits par diverses méthodes. Suit l'arbitrage du change, qu'on trouvera singulièrement simplifié au moyen des exemples tirés d'opérations effectives et ré centes. J'ai mis à la suite Yarbitiage des billons et marchandises, avec des exemples de l'usage des logarithmes et nombres fixes qui rendent plus expéditifs les calculs de change. Cette partie est fort étendue et contient, avec les tables àespaiis du change et \cs proportions des Monnaies entre l'or, l'argent en diverses contrées, des documens que l'auteur compulsa en 1810 par ordre du comité de billon de la chambre des communes, et qu'il revit en 1819 pour le comité de la chambre haute.
Viennent ensuite les tables de la valeur intrinsèque des monnaies de compte de toutes les nations, que suivent les ta])les d'essais de NeAVton. Celles-ci servent d'introduction aux nouvelles labiés
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des monnaies d'or et d'argent, calculées pour cet ouvrage. Newton fît essayer, pendant qu'il e'tait directeur de la Monnaie, les principales espèces de l'Europe, et les tables, qui furent publiées par ordre du conseil privé en 1719, servirent long-temps de guide à ceux qui font le négoce des métalliques, ainsi que de règle poiu- les calculs du cliange; mais plusieurs de ces monnaies ont été altérées ou retirées de la circulation; on en a frappé d'autres, et quelquesunes de celles qui se sont maintenues ont été trouvées , par les essais récents , fort loin de ce qu'elles étaient dans l'origine.
Les nouvelles tables des monnaies d'or et d'argent qui suivent peuvent être considérées comme une révision et un complément de celles de NcAVton. Elles sont dressées d'après les essais faits à Londres et à Paris , essais qui en général se vérifiaient les uns les autres. Les premiers ont été exécutés par Robert Bengley, maître essayeur de la JMonnaie; et les seconds par Pierre Frédéric Bonneviile, essayeur du commerce, qui les a consignés dans son célèbre ouvrage des monnaies d'or et d'argent de toutes les nations. La plupart des monnaies réelles étrangères qui ont été soumises aux essais de la Monnaie de Londres, ont été tirées du bureau de billon par ordre des directeurs de la banque, et choisies comme échantillons moyens par John Humble, chef de ce bureau.
\J explication des monnaies ree/Ze^ qui vient immédiatement après, peut être utile aux marchands de métalliques, aux voyageurs, etc. Les diverses empreintes sont expliquées, les légendes et autres inscriptions, traduites du latin, du persan, de l'arabe, du russe, etc. C'est la première fois qu'elles le sont ; cette circonstance donne droit à l'indulgence.
Les tables des poids et mesures n'avaient jamais été corrigées ni comparées d'après un plan général. La seule tentative qui eut été faite à cet égard , fut entreprise d'après les ordres du gouvernement français en 1747, par Tillet, mais ses expériences furent peu nombreuses; on a d'ailleurs des raisons de croire que tous les étalons dont il fit usage n'étaient pas dûment attestés. Quant aux poids et mesures du commerce, ils ont été abandonnés aux gens de négoce, dont on ne peut attendre des expériences bien exactes.
Ces comparaisons générales sont au-dessus des moyens d'un indi-
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vidu. II n'y a que les gouvernemens qui puissent les entieprcndro. Le vicomte Castlcreagii l'a senti, et n'a rien épargné poui' cette grande opération. Voici la dépêche qu'il adressa, en 1818, aux consuls anglais :
Monsieur,
Le gouvernement de S. M. désirant obtenir les renseignemens les plus positifs sur les étalons on usage pour les divers poids et mesures employés dans les contrées étrangères, afin de déterminer le rapport qu'ils ont avec ceux d'Angleterre,
Je souhaite, dans les intérêts du commerce, que vous employez vos soins et votre crédit, afin d'avoir, dans le plus bref délai possible, deux séries d'étalons, bien vérifiés sous fous les rapports, de la livre ou marc, employé dans le lieu de votre résidence, pour peser l'or et l'argent, ainsi que les autres poids usités pour cet objet.
Si la livre étalon ou marc avec ses poids inférieurs, employé pour peser l'or et l'argent de quelque place de votre consulat, diffère de ceux dont on fait usage dans votre résidence, vous vous les procurerez aussi à double.
Vous aurez soin que tous ces poids soient attestés par les autorités du lieu.
Vous emballerez avec soin et séparément ces deux séries de poids complètes , et vous me les expédierez par des transports différens, en ayant soin de joindre à chaque envoi une lettré explicative en duplicata. Vous donnerez dans cette lettre un état et une description des poida envoyés.
Vous établirez la différence et le rapport de la livre employée pour peser l'or et l'argent, à celle qui sert à peser les articles ordinaires, ou livre commerciale.
Vous donnerez la capacité de la principale mesure de blé et de vin employés dans votre consulat, ainsi que celle des mesures inférieures.
Vous évaluerez la capacité de ces mesures par le nombre de pouces cubes de la place, ou de gallons anglais, ou de litres français, qu'elles contiennent.
Vous ajouterez tous les renseignemens que vous pourrez avoir et que vous aurez occasion de vous procurer sur cet objet.
CASTLERE.^GII.
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Ces ordres furent exe'cute's et les étalons vérifie's par Robert Bengley, qui fit surtout usage de la balance que M. Bird avait exécutée en 1758, par ordre de la chambre des communes.
L'auteur suivit ces expériences, et tint note des résultais, qu'il vérifia de nouveau. Il compara les poids subdivisionnaires, car les unités seules l'avaient été à la monnaie.
Cette seconde série d'expériences fut exécutée avec une balance fort sensible, que M. Trougthon venait de construire pour l'institution de Londres, et sur des étalons anglais et français, qui avaient été dûment attestés.
C'est cette série de résultats répétés avec tant de soin et de précision, qui se trouve consignée dans cet ouvrage.