‹ Le cambiste universel; ou, Traité complet des changes, monnaies, poids et mesures, de toutes les nations commerçantes et de leurs colonies; avec un exposé de leurs banques, fonds publics et papiersmonnaies. Traduit et calculé aux unités françaises sur la seconde éditionChapitre 10 sur 234 · VALEUR · texte numérisé non relu

VALEUR

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Titre

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Finesse

Valeur

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de l'or

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18 Edouard III.

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4 Edouard IV.

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1 Henri VIII. .

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2 Elisabeth. ..

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3 Georges 1"^..

56 Georges III.

2 Georges IV.

Il résulte de ces tableaux que les monnaies d'argent ont diminuii de valeur pendant les 500 dernières années, dans le rapport de 99 à 32 ; et les espèces d'or dans celui de 3 y à I. On peut remarquer que, pendant le même intervalle, les monnaies réelles d'argent de l'"r;incc et d'Espagne ont été dépréciées dans le rapport d'environ 17 à I.

xxiT INTRODUCTION.

Le seigiieuriage fut supprimé eu 1006. Une loi décida que toute personne qui porterait à la Monnaie de l'or ou de l'argent en lingots, le recevrait monnayé sans frais. Cette disposition se maintient encore à l'égarJ de l'or; mais le monnayage de l'argent est passé en 181G dans les mains du gouvernement.

Avant cette époque, les monnaies d'argent courantes et autres, quoique battues au taux, légal, étaient fort détériorées. Elles l'étaient à tel point qu'eu 1774 elles furent déclarées ne constituer une offre légale que jusqu'à la concurrence de £25, quoiqu'elles eussent été jusque-là illimitées.

Le système de deux métaux pour étalons mesures de valeur, fut une source de désordres, car le prix de chacun deux variant continuellement sur la place, l'un tendait constamment à mettre l'autre hors de circulation.

On proposa divers moyens pour remédier à cet inconvénient.

Sir William Petty fut le premier qui pensa qu'on ne devait adopter qu'un métal pour signe de la valeur des objets. Locke approuva cette idée et proposa l'argent. D'autres recommandèrent l'or, quelques-uns, les deux métaux comme admis par îv^ewton.

Les opinions restèrent ainsi divisées jusqu'en 1805, ou parut un ouvrage remarquable, qui semble avoir décidé la question. C'est le Traité des monnaies Téellesduroyaume, par Charles comte deLiverpool, dans lequel l'auteur soutient que les monnaies, qui sont la principale mesure de la propriété, ne doivent être composées que d'un métal, que ce métal doit être l'or avec lequel les grands paiemens se font tous en Angleterre . et que les frais de fabrication doivent être supportés par les monnaies d'argent et de cuivre. >>

C'est en substance le système monétaire adopté eu 1816, où l'on rendit une loi portant: « que les monnaies d'or seraient dans la suite le seul étalon mesure de valeur, et moyen légal de paiement sans aucune limitation de somme, et que les espèces d'argent ne seraient un moyen légal de paiement, que pour le montant de 40 shillings en une fois. »

Le mot monnaie est un terme général qui renferme les espèces réelles, le papier et les autres signes représentatifs de la propriété , qui passent couramment de main entnain comme moyen de circulation.

Les monnaies sont réelles et imaginaires.

INTRODUCTION tw

T.es monnaies réelles sont les coins, les billets de banque, et les autres signes de crédit qui ont cours et peuvent se transformer en propriétés.

Les monnaies imaginaires, qu'on appelle aussi idéales, ne sont représentées par aucun coin, mais sont usitées dans les comptes. Elles sont censées avoir leur origine dans les monnaies réelles ou les poids , qui sont les unités réelles adoptées comme mesures de valeur, et qui ont continué d'exister sous la même dénomination, malgré les changemens qu'elles ont éprouvés dans leur valeur intrinsèque.

Quoique les monnaies de compte ne soient pas représentées par des monnaies réelles, néanmoins leur valeur intrinsèque peut se déterminer par le rapport ou la proportion qu'elles ont avec ces monnaies.

Les moiuiaies de compte peuvent être considérées par rapport aux monnaies réelles, comme les poids et les mesures par rapport aux marchandises, ou comme l'échelle mathématique par rapport aux cartes, aux lignes , ou figures géométriques. Elles servent d'étalons de valeur pour les marchandises et pour les métaux précieux eux-mêmes. On doit cependant remarquer que les monnaies de compte, quoiqu'elles soient iniiformes, comme échelles de divisions et de proportions, sont néanmoins variables dans leur valeur intrinsèque, et suivent les variations des monnaies qu'elles évaluent ou qu'elles représentent.

Les monnaies sont en outre distinguées dans les divers pays par des mots particuliers, tels que cash, specie , effective, currencj, banco, giro, moneta di cambio, valida, etc. Il y a aussi des termes spéciaux, comme agio, discount, interest, rebate, exchange, commission &X. brokerage , cpii méritent explication.

Cash est un terme générique employé en Angleterre pour toute espèce de monnaie; mais il désigne une monnaie réelle usitée à la Chine, au Japon et en d'autres contrées.

Specie (espèce) effective (effective) désigne en général une monnaie réelle, mais dans quelques parties de l'Allemagne le mot espèce est appliqué à la risdale et à ses divisions.

Currency (monnaie courante) signifie généralement la monnaie ordinaire et commune d'une place: cette monnaie prend en Hollande le nom (\e cassa; à Venise, de moneta piccola; en d'autres lieux d'Italie, de moneta lunga; dans quelques villes de l'Allemagne et surtout à Augsbourg, monnaie courante-vGut dire monnaie de compte. Elle a la même signification en Amérique et dans les Indes occidentales, où elle tire sa dénomination d'un papier dès long-temps tombé.

lx^j INTRODUCTION.

Banco est la monnaie qui est placée dans les banques de dépôt , qui ne s'en tire pas, mais qui se transfère pour le paiement des dettes et des contrats.

Giro, dans la plus grande partie de l'Allemagne, signifie monnaie de change. C'est la moneta di cambio des Italiens.

Le mot valuta ou valeur s'emploie sur le Continent pour le prix ou taux auquel passent différentes espèces de monnaies dans les transactions commerciales.

La différence d'une espèce de monnaie comparée avec une autre, est presque toujours évaluée à tant pour cent. Quand elle est envisagée par rapporta la moindre, elle prend le nom (Xagio, et celui ^'escompte lorsqu'on la rapporte à la meilleure. Ainsi quand on compte 100 florins banco pour 104 florins monnaie courante, l'agio du banco est 4 pour cent; mais, quanti la même somme se compte pour 95 florins courans, le banco est dit avoir un escompte de 5 pour cent.

\J escompte est aussi un terme employé pour désigner la bonification de tant pour cent par an, pour le paiement de la monnaie avant qu'elle soit exigible. L'escompte diffère du banco comme l'agio de l'intérêt.

Uintérét est une bonification de tant pour cent par an pour la jouissance d'cuie somme; c'est par conséquent une addition au principal. L'agio n'ajoute rien au capital. Il n'est que la différence actuelle de la valeur de deux espèces de monnaies. L'escompte entre diverses espèces de monnaies et l'escompte pour prompt paiement, présentent aussi une différence. Dans le premier cas, il n'y a ni perte ni diminution, dans le second il y a déduction du principal.

Il y a une troisième espèce d'escompte qui est une déduction de tant pour cent sur le prix convenu des marchandises; on l'appelle quelquefois rebate ou rabais. Dans différens pays on fixe à plusieurs mois les époques du paiement de certaines marchandises; et, lorsqu'on les acquitte dans un mois, le rabais est généralement de 8 pour cent par an. Cependant on l'évalue de différentes manières : dans quelques places on paie £ 100 pour £108, et dans d'autres £92 pour £100 : cette dernière méthode est généralement employée pour déduire toutes espèces d'escompte. Ainsi, en Angleterre, où la loi n'accorde que 5 pour cent d'intérêt par an, il faut payer cette somme pour l'escompte d'un effet de£ 100, exigibles à 12 mois. C'est en réalité 5 pour 95, ce qui fait £ 5 5 s. 3 d. pour cent par an.

Il faut observer que le taux de l'escompte des effets sur le Continent, n'est pas limité par la loi comme en Angleterre, mais qu'il varie selon l'abondance ou la rareté de l'argent.

INTRODUCTION. xxvij

"Linlérée composé est celui qui provient du principal et des intérêts réunis ensemble. Les lois d'Angleterre défendent cet intérêt dans les prêts. Cependant on le tolère dans le calcul des annuités, et les ncgocians le portent également en balance dans leur grand livre, lorsque leurs comptes ne sont pas établis régulièrement , mais sont reportés d'un an à l'autre.

Lorsqu'on donne une somme de monnaie d'une espèce pour son montant ou équivalent en luic autre, on appelle cette transaction change : il y a deux sortes de change : l'un qui consiste dans l'échange immédiat des monnaies, et qui est appelé en Italie et dans quelques autres parties du Continent, ^cambio commune , » ou change commun, change sec : mais lorsqu'on paie dans une place une somme d'argent d'après un ordre écrit , pour son équivalent dans la monnaie d'une autre place, on l'appelle, « cambio reale, » ou change réel : et c'est ce qu'on entend ordinairement par change étranger.

La commission est généralement un droit de tant pour cent, ou pour mille, prélevé par un marchand ou facteiu", pour quelque transaction commerciale; et le courtage est un droit semblable prélevé par un courtier. Ces droits sont ajoutés ou soustraits selon la nature de la transaction. Ainsi une commission de 1 pour cent sur la vente de marchandises ou sur une lettre de change, réduira £ 100 à 99 pour le vendeur ou le tireur de la lettre de change : et un droit pareil sur un envoi ou lettre de change, portera £ 100 à 101 pour l'acquéreur ou l'accepteur.

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