MONNAIES RÉELLES ANGLAISES
L'oRiGUîE des monnaies réelles est enveloppée partout d'obscurités. On a beaucoup débattu la question desavoir si les Bretons avaient des monnaies réelles avant l'invasion des Romains. Elle n'a pas été complètement décidée On ne peut cependant disconvenir que les Saxons n'aient amélioré le monnayage romain, et qu'ils ne soient les auteurs de l'étalon dit sterling ',
■ C'est ce qu'on appelle le ^ueux sterling, pour le diàtinguer du nouveau sterling (jui est
INTRODUCTION. xij
qui est resté tel qu'ils l'avaient construit, à quelques variations près rpi'il a subies il y a environ dix ans. Voyez le tableau page xxiij.
Guillaume le Conquérant calqua son système de monnayage sur le plan que Charlcmagne avait établi en France dans le huitième siècle, et qu'on suppose eni|innitc aux Romains, quant à la division de la livre en '20 shillings, et du shilling en 12 ponce. On conserve encore les mêmes proportions pour la lira d'Italie, la Ubbra d'Espagne et la livre de France.
La livre poids de Saxe fut adoptée par Guillaume et dite livre de monnayeur. Elle fournit une taille de 20 shillings qui en font 21 | de la livre troy. Ce nombre s'accrut sous les règnes suivans jusqu'en 1(>()5 (IS de Charles II), qu'elle fut fixée à (VI shillings, où elle est restée jusqu'en 181(i. Elle fut alors portée à GG, son taux actuel.
Dans les premiers temps où l'on battait monnaie, on frappa des penny d'aigent ou sterling sur lesquels une croix était fortement empreinte. On cassait la pièce en deux parties, qui valaient chaque un demi-penny; lors- (pi'cUe était fracturée en quîitre, chaque partie prenait le nom de Umvihing, ou farthing. Il y avait aussi de plus grandes pièces d'argent qu'on appelait greats, ou groats et grosses. On avait en outre des demi-pence et des farthings d'argent; mais on ne connut les shillings que sous Henri VII (1504), et les monnaies de cuivre que sous Charles II (1665).
Quant aux monnaies d'or; les premières, après la conquête des Normands, d'après Suelling, furent frappées par ordre de Henri III, en 1257. Elles pesaient 2 pence d'argent, en valaient 20 , et portaient le nom de go/dpennie. Le même auteur observe « que ce fut la nécessité qui fît essayer ce mode de battre monnaie, et que la cité de Londres fit des représentations. »
La monnaie d'or fut de nouveau frappée en 1344, qu'on battit le florin, ainsi nommé parce que c'est à Florence qu'il avait d'abord été émis en 1252. Il s'introduisit ensuite dans presque toute l'Europe. En Allemagne et en Hollande on l'appela gulden, parce qu'originairement il était en or. Il a cependant été long-temps ime monnaie d'argent et même une monnaie de compte.
On suppose que les monnaies ci-dessus étaient d'or pur ; mais celles qui
supérieur de 8 il. Celui-ci s'emploie rarement et même ne s'emploie que pour l'argent ouvré. Le nom sterling se donnait soit au penny d'argent , soit au penny poids. Il s'applique aujourd'hui à toute monnaie légale de l'Angleterre. Suivant Cambden, le mot sterling vient de Easlerlings, résidence des premiers afûncurs de l'Allemagne orientale, auxquels on doit la proportion étalon de l'argent.
Jiij INTRODUCTION.
furent frappées sous les règnes postérieurs à celui d'Henri VIII, étaient à 23 carats 3 y grains de fin avec un demi-grain d'alliage; c'est ce qu'on appelle le vieil étalon pour le distinguer de l'étalon actuel, qui fut primitivement appelé couronne d'or, parce qu'on frappait des couronnes en 1527.
Les principales pièces d'or du vieil étalon étaient les nobles, de G s. 8 d. chaque, avec les demis et quarts. Le dernier s'appelleyrt/?/////g noble. Il y avait aussi des marcs de 13s 4 d., des anges de 10 .shillings, et des souverains de 20 shillings chaque. Les souverains furent émis par Henri VII, et subirent de fréquentes altérations pendant les quatre règnes suivans. Mais la deuxième année de Jacques F"", ils furent fixés à 22 carats, finesse à laquelle toutes les monnaies d'or ont depuis été battues. Les pièces de 20 shillings, frappées d'abord à ce taux, furent appelées d'abord Unités, et fournirent une taille de 33 1 pièces par livre troy; mais sous le règne de Charles II (1666) la taille fut portée à 44^ par livre, et les pièces qui en provinrent prirent le nom de guinées , du lieu d'où l'or était originairement tiré. La guinée varia, dans son prix courant, de 20 à 30 shillings jusqu'en 1717, que, d'après les conseils de Newton, elle fut fixée à 21 shillings, son taux actuel.
En 1816 on émit de nouvelles pièces de 20 shillings, auxquelles on donna le nom de souverains. Elles furent frappées dans le même rapport que la guinée, c'est-à-dire à la taille de 46^ souverains par livre troy.
On donna à la même époque plus d'extension au monnayage d'argent ; mais au nouveau taux dont nous avons parlé (page xj), qui produit un seigneuriage, dont la quotité se base sur le prix commercial des métalliques.
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