‹ Le cambiste universel; ou, Traité complet des changes, monnaies, poids et mesures, de toutes les nations commerçantes et de leurs colonies; avec un exposé de leurs banques, fonds publics et papiersmonnaies. Traduit et calculé aux unités françaises sur la seconde éditionChapitre 3 sur 234 · MESURES · texte numérisé non relu

MESURES

Lje mot mesure signifie, en commerce, les dimensions d'un objet acheté, vendu ou estimé.

On distingue trois espèces de mesures : les mesures linéaires ou mesures de longueur, les mesures carrées ou de superficie, les mesures solides ou cubiques.

1. Les mesures linéaires s'appliquent aux lignes; telles que les routes et les distances de toutes espèces.

2. Les mesures carrées s'appliquent aux surfaces, telles que les terres, les aires, etc.

3. Les mesures cubiques s'appliquent aux corps pourvus des trois dimensions, tels qu'un marbre, une pièce de charpente, et les vases de

toutes espèces. Appliquées à ces derniers elles prennent aussi la dénomi- /

nation de mesures de capacité.

Les mesures linéaires sont les élémens de toutes les autres '.

Les mesures carrées sont le produit de deux lignes, et les solides celui de trois.

POIDS

Le -poids peut être défini luie propriété naturelle de la matière, proportionnelle à son volume et à sa dentité. On détermine le poids d'un corps en plaçant celui-ci dans le plateau d'une balance qu'on met en équilibre au moyen d'un poids connu.

Dès qu'on a im étalon pour la longueur, on peut en déduire celui des ^ poids. Car un vase de dimensions fixes, rempli d'eau distillée ou de tout autre liquide homogène, aura toujours le même poids à la même latitude.

' Les mesures linéaires de toutes les nations p.iraisscnt déduites de quelque partie du corps linmain : tels sont le pied, la brasse, etc. Elles ont en général les proportions sui- Tantes : la brasse d'un liomme bien proportionné est égale à sa liaiiteur ou stature; le pas à la moilié; la coudée, an quart; le pied, au sixième; l'empan, au huitième de sa hauteur. I.e pied égale trois fois la largeur de la main et douze fois celle du pouce.

•^ INTRODUCTION

I.es principales propriétés du poids des corps ont été démontrées par Newton.

1. Le poids des corps, à égale distance du centre de la terre, est en raison directe de la quantité de matière qu'ils contiennent.

2. Le poids du même corps varie suivant sa position sur la surface de la terre. Il croît de l'équateur au pôle eu raison du carré du sinus de la latitude.

3. Le poids du même corps, pris à différentes hauteurs au-dessus de la surface de la terre, est en raison inverse du carré de la distance au centre de la terre.

4. Le poids du même corps, considéré à différentes profondeurs dans l'intérieiu'de la terre, est en raison directe des distances au centre delà terre. De manière que, pris à une station moyenne entre celle qu'il occnpait d'abord et le centre de la terre, il n'a plus que la moitié de son poids, et qu'arrivé au centre il n'en a plus du tout.

5. Un corps, plongé dans lui liquide spécifiquement plus léger, perd une partie de son poids, égale à celui d'une masse de liquide de même volume que le corps immergé '.

ETALONS.

Etalon, dans le sens commercial, signifie tm poids ou une mesure convenue qui sert à en ajuster d'autres. Ils se divisent en étalons arbitraires et en étalons invariables, pris dans la nature. Les premiers sont les plus répandus, les seconds sont destinés à les reproduire, s'ils venaient à se perdre, ou à servir de modèles pour de nouveaux systèmes de métrologie.

' Les poids et mesures, dont la précision importe tant à la conservation de la propriété, ont été un des premiers objets dont se sont occupés les hommes réunis en société. Paucton observe, dans l'Inlroduclion à sa Métrologie, que les étalons étaient généralement regardé» comme sacrés chez les anciens , et qu'ils étaient en conséquence déposés dans le sanctuaire des Juifs, les temples des payens et les églises des premiers chrétiens. Il établit en outre que les anciens étalons s'ajustaient sur les dimensions de quelque édifice durable. La base de la plus grande pyramide, en Egypte, qui était la 500'' partie d'un degré du méridien, servait à cet objet. Il ajoute que plusieurs contrées voisines de l'Europe et de l'Asie avaient emprunté leurs mesures des Égyptiens, et que des étalons uniformes furent établis dans tout l'empire romain, d'après l'archétype conservé au Capitole.

Dans les temps modernes, c'est généralement au premier magistrat de chaque gouvernement que sont confiés les étalons. Il en envoie des copies à certains officiers qu'il autorise à les distribuer et à veiller à ce qu'ils soient uniformes.

INTRODUCTION. xj

L'adoption des étalons arbitraires n'étant assujettie à aucune règle fixe, chacun les a choisis selon son caprice et ses idées. Aussi, quel que soit leur nombre, à peine en trouve-t-on deux comparables. L'imperfection du travail, les altérations des substances matérielles, tout contribue encore à augmenter la confusion.

On a cherché à remédier à ces inconvéniens. On a proposé de tirer les étalons de quelque propriété inaltérable prise dans la nature, telle que la loi ou force de gravitation terrestre, les mouvemens des corps célestes, ou la mesure de quelque arc ou portion du méridien.

De tous les moyens énoncés, deux seuls ont été appliqués avec quelque succès :

1"* La longueur du pendule qui bat les secondes du temps solaire moyen \

2° La longueur d'un arc ou portion du méridien.

Si la terre était une sphère parfaite et en repos, ces mesures seraient les mêmes sur toutes les parties de la surface; mais sa figure est une espèce de sphéroïde aplatie, dont le diamètre équatorial est plus long que l'axe ou diamètre polaire.

D'après cela la gravité atteint son maximum au pôle, et diminue progressivement à mesure qu'on approche de l'équateur. En conséquence les vibrations du pendule sont plus rapides au pôle, et plus lentes à l'équateur. Aussi quand on veut mesurer des portions égales de temps, on doit allonger graduellement le pendule de l'équateur au pôle. Le poids des corps sur la terre est également influencé par la force centrifuge, qui est

' Longueur du pendule à secondes à différentes latitudes.

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