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LES ANIMAUX

Le tableau d'ensemble des productions naturelles du Cambodge serait incomplet si, avant d'examiner les manifestations économiques qui sont le fait soit spontané soit réfléchi des habitants ou qui représentent lesconséquences des prescriptions gouvernementales, nous ne faisions pas une étude rapide, d’une part, des animaux économiquement utiles ou utilisables qui se rencontrent dans le pays et, d'autre part, des richesses minières, qui demeurent encore à peu près inexploitées.

Nous avons déjà vu que le fleuve contient de nombreux poissons, que la crue amène avec elle de nombreux animaux aquatiques, nous allons examiner maintenant les autres animaux terrestres. Ceux-ci vivent soit dans les pâturages très riches qui proviennent de l'humidité de la terre à proximité des cours d’eau ou des éaux stagnantes qui subsistent après le retrait des eaux.

Animaux domestiques. — Parmi ces animaux quelques-uns sont domestiques ou domesticables,

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d’autres se chassent dans les forêts, et certains même donnent ou peuvent donner lieu à un mouvement économique. A

Parmi les animaux domestiques du Cambodge, les deux principaux sont les bœufs et les buffles qui servent d'animaux de trait et sont les seuls moyens de transport à l’intérieur et permettent les travaux de défrichement.

On peut ici ajouter les chevaux de petite taillequi sont d’une force et d’une rapidité très grandes, mais qui sont, au Cambodge, tenus pour des animaux de grand luxe et réservés aux mandarins.

Ces trois espèces d'animaux croissent et multiplient librement dans les prairies, mais les indigènes qui n’ont aucune idée de l’utilité de la sélection, allaient même jusqu’à sacrifier avec indifférence les bufflesses oules vaches; à tel point qu'il fallut des interdictions du gouvernenent général.

Cependant, il faut reconnaître qu'un mouvement général dans le sens de l’élevage, bien faible sans doute, se dessine mais subit des retards, par suite d'épizooties, même chez les colons européens. C’est un malfréquent parmi les animaux des indigènes, qui ne les soignent point. Le plus souvent, ces animaux viventenliberté et ne sont parqués que quelques jours avant les labours ou au fur et à mesure des besoins. Leurs propriétaires les laissent se couvrir d’immondices, les couchant pendant des mois sur leur propre

fumier. Ils les entassent dans des endroits putrides, Aussi, dès qu'une maladie contagieuse se déclare parmi ces bêtes, les ravages sont-ils terribles. Les indigènes s'en détournent alors encore plus de toute idée d'élevage.

Cependant, un colon européen, malgré ses soins, a perdu, par exemple, dans la province de Kampot, en une seule année, 42 juments. Dans la province de Kassutin et de Srey Santhor les chevaux sont beaux ainsi que les hbœufs ; on les y élève. Le dernier recensement accusait: 35.000 bœufs, 24.000 buffles et 5.000 chevaux.

La résidence de Soai Rieng est aussi en bonne situation au point de vue de l’élevage. À la même époque que plushaut, on relevait les chiffres suivants: bœufs et vaches : 13.000 têtes, buffles et bufflesses : 22.500 ; chevaux et juments : 2.600.

Dans cette même province, les buffles sont beaux et exportés, vendus sur place, vers Kratet Kampot. Mais généralement, on n’en élève que le nombre nécessaire aux besoins domestiques ou de transport.

Cependant, un mouvement récent se dessine pour les exportations à Manille et les îles Philippines. La statistique officielle donne, pour les six derniers mois de l’année 1909, une exportation vers Manille de 9931 bœufs et de 1431 buflles.

On trouve des porcs, quise vendent 14 à 15 piastres le picul. On en exporte un peu. Il faut signaler lin-

troduction de porcs de race française qui, apportés par un colon européen viennent bien. Cet animal est aussi élevé en grand à Krat et forme la base de l’alimentation indigène. L’'abatage de ces animaux entraîne la perception d’une taxe (ordonnance royale du 30 décembre 1848).

Si les volailles ne sont pas rares, c’est qu’elles sont très difficilement frappées de maladie. Mais leur prix est toujours plus élevé qu’en Cochinchine.

On rencontre aussi quelques chèvres, et récemment on a tenté avec succès un croisement de béliers de l’Inde avec desbrebis de Chine. Tous les animaux qui en sont nés sont beaux et vigoureux.

Signalons enfin les éléphants qui peuvent être pris pour être domestiqués, et mis dans des parcs, mais ils se font assez rares ; ce sont des animaux de luxe réservés aux grands personnages. Pour en arrêter la destruction par les indigènes, le roi Norodon a rendu, le 26 octobre 1901, une ordonnance ne permettant la capture de ces animaux que vivants, de même qu’on en a prescrit l’immatriculation et réglementé la vente (arrêté du 24 février 1899).

Pour les apprivoiser, on les attire dans des parcs placés dans le voisinage de leur habitat et on les y enferme.

Les indigènes ont une grande terreur des ravages considérables que font ces pachydermes en une nuit, quand ils passent dans les récoltes.

Animaux sauvages.— Quant aux animaux qui sont demeurés sauvages et qu’on chasse, parmi les principaux, il faut citer encore les buffles, les bœufs, puis les sangliers, quelques cerfs el des rhinocéros. Ces animaux sont recherchés pour leurs cornes dont on fait un assez fort trafic à Kratié.

Dans certaines régions de forêt, on rencontre aussi des tigres, des panthères et des éléphants sauvages en assez grande quantité, dans la résidence de Kompong Thom, par exemple. La corne de rhinocéros, réduite en poudre est, dans la tradition populaire, un talisman, qu’on introduit dans les médicaments. Il faut ajouter le lièvre,le paon, la perdrix, le coq et la poule sauvages.

Tout cegibier, comme les animaux aquatiques dont nous avons parlé plus haut, se chasse assez facilement, au moment où il est emprisonne par les eaux de la crue.

Citons enfin les nombreuses tortues du golfe de Siam, qui fournissent une assez forte quantité d’écailles.

En dehors de lexportation des animaux vivants, le commerce des peaux de bœufs et de buffle surtout etun peu de cerfs, de sanglier, de tigres, etc... attelgnait, vers 1905, 1.500 tonnes dirigées en meilleure partie sur Saïgon et Singapour.

Une bonne part, près de la moitié du bétail

vivant va eu Cochinchine.

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