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SITUATION GÉOGRAPHIQUE DU CAMBODGE

Le Cambodgeest compris entre le 10°30' etle 14°20/ de latitude nord (environ 425 kilomètres) et le r02°10” et 10720’ de longitude est (environ 575 km.).

Il est borné au nord et au nord-est, par la chaîne des Dang Rek et par ie Laos français ; au Sud et au sud-est, par la Cochinchine ; à l’ouest, par les provinces siamoises deSiem Réap etde Battambang et par le golfe de Siam ; à l’est, par le royaume d’Annam.

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Sa superficie est d'environ 140.000 km. q., c’est-à-dire le quart de la France.

Configuration du sol: montagnes, fleuves, mers. — De grands massifs montagneux séparent de la mer, la vallée centrale où coule de Mékong ou Tonlé Thom (grand fleuve) et où séjournent de nombreux lacs.

Le fleuve offre une magnifique voie navigable jusqu'aux rapides de Khône, c'est-à-dire sur tout son parcours au Cambodge. A la hauteur du lieu dit les Quatre-Bras, est établie la capitale du royaume, Phnôm-Penh (41.920 habitants).Ces quatre bras sont : le Mékong supérieur, les deux branches de son delta et enfin le Tonlé Sap (fleuve d’eau douce), d’une longueur de plus de 100 kilomètres qui aboutit au Grand Lac et qui est, suivant la saison, affluent du fleuve ou le canal d'irrigation qui fait remonter aux Grands Lacs le trop-plein des eaux de l’inondation annuelle.

Les Grands Lacs forment pour cette saison un réservoir naturel qui s'étend du sud-est au nord-ouest sur une longueur de 140 kilomètres et une largeur moyenne de 30 kilomètres environ.

Ces dimensions sont d’ailleurs variables suivant l’époque de l’année : aux eaux basses l’ensemble des Grands Lacs n’a guère que 260 kilomètres carrés, tandis que la surface recouverte au moment des inondations est de 1.500 ou 1.600 kilomètres carrés.

0e Autrefois d’ailleurs, la crue portait les eaux jusqu'aux monuments d’Angkor. Mais les alluvions ont refoulé maintenant assez loin des ruines les limites des plus grandes inondations.

Cette région des Grands Lacs se divise en trois parties principales :

1° Au sud-est d’abord, le Veal-Phuoc (plaine de boue) où l’eau, dans la saison sèche, n’ayant guère que 30 ou 4o centimètres d'épaisseur, permet au riz sauvage (Sranghi) de pousser aisément. Cette plante aux longues tiges flottantes sert de nourriture à de nombreux troupeaux de buffles et, dans la partie nord-ouest, ce lac, plus profond de 1 m. 5o, sert de vivier, pour ainsi dire, où se trouvent enfermés à la baisse des eaux de nombreux et gros poissons du genre des souffleurs ;

2° Le Petit Lac, d’une profondeur analogue au précédent est traversé par un petit canal artificiel plus profond encore de 80 centimètres qui servait à alimenter en eau les troupes d’un général annamite établi à Pursat, il y a un demi-siècle ;

3° Enfin le Grand Lac proprement dit, où l’eau a un peu plus de r mètre de profondeur pendant la saison sèche, qui va de la rivière de Pursat jusqu’à l’arroyo de Battambang.

La partie noid-ouest de ce lac appartient au royaume de Siam.

La région nord de ces lacs est séparée du cours du

Mékong par des collines assez peu élevées, dénommées Phnom Dang Reach, qui sont assez proches du lac tandis que, au sud,assez loin de son lit normal se trouvent les très hautes montagnes de Pursat et de Prabat quile séparent ainsi que le bassin du Mékong du golfe de Siam.

Ajoutons, pour tout dire, que cette barrière montagneuse, qui abrite le Cambodge des vents violents de la mer et constitue ainsi un élément de son climat dont nous verrons la répercussion sur les productions économiques de la région, est très abrupte.

Aussi, s’élève-t-elle entre le golfe au sud-ouest et une vaste plaine, dont une dépression plus profonde est occupée au nord-est par les Lacs. À

Crues et décrues du Mékong. — Cette disposition des lieux explique comment, dans cette région, s'étend l’inondation annuelle dont nous parlerons plus bas en détail et au cours de laquelle l’eau va jusqu'aux montagnes, surtout dans la direction du sud-ouest.

Cette inondation annuelle se produit dans les conditions suivantes. Le Mékong, en maïet juin, commence à monter lentement et,comme c’est un fleuve dont les eaux, à ce moment de l’année surtout, sont chargées de boues, les dépôts alluvionnaires, portés jusqu’à l'embouchure, envasent peu à peu le delta et surélèvent les dégagements deseaux, qui se trouvent ainsi bientôt insuffisants pour le débit du fleuve, qui augmente, dans cette période, assez rapidement.

Cet engorgement des issues est d’ailleurs chaque année plus marqué.

L'eau s’accumule alors à l’entrée du delta et reflue sur les parties basses ; ce phénomène est alors accru parla marée qui, chaque jour, porte plus loin l’inondation fertilisante.

Quand les régions les plus voisines de l'embouchure sont inondées, le Tonlé-Sap, qui jusque-là avait servi d’affluent, presque desséché, il est vrai, du Mékong, se trouve, au contraire, transformé en canal de déversion pour conduire les eaux dans les Grands Lacs,qui jouent le rôle de régulateurs des immersions de la contrée, de même que, pendant la saison sèche, ils maintiennent l'humidité dans le pays, qui, sans eux, ne serait alors qu’une plaine aride.

Sous l'influence de l’inondation, les lacs qui, à la fin de la saison sèche, formaient un marais fangeux, aux eaux huileuses, surchauffées par un soleil de feu, parsemées d'immenses taches couleur vert-de-gris, produites, sans doute, par des mousses minuscules et encombrées dematières organiques ou de détritus de poissons en décomposition, deviennent de véritables mers intérieuresdont les rives disparaissent bientôt à la vue, où le poisson afflue, depuis le poisson d'eau douce jusqu'au poisson de mer,comme nous le verrons, et où les vents déchaînent parfois de véritables tempêtes.

Ce détail ne paraîtra pas surprenant quand on saura que, au moment de l’apogée de la crue, c’est-à-

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dire en octobre ou novembre, le Grand Lac mesure de 10 à 12 mètres defond.

Les plus gros vapeurs peuvent alors remonter aisément jusqu’à Bat-Préa (Battambang) et, sur le fleuve, jusqu’à Khône.

La crue reste étale pendant une période de quinze à vingt jours, puis elle diminue lentement.

Sur les causes de ce phénomène physique, que nous ne décrivons avec détail que pour en faire ressortir plus tard l'extrême importance économique, deux opinions opposées sont émises que, sans vouloir en choisir aucune, nous rapportons seulement.

Dans la première on estime que la crue provient surtout des pluies considérables qui tombent sur tout le bassin du Mékong pendant les mois qui précèdent la crue et non de la fonte des neiges des montagnes, dont les eaux s’écouleraient entraînant l’humus des pentes dénudées par elles.

La preuve que présentent les partisans de cette explication, c’est que le Mékong fournit le niveau le plus élevé au moment des plus fortes pluies (août, septembre, octobre) à Kratié, point de contrôle, où les eaux atteignent jusqu’à 22 mètres de hauteur et 9 mètres à Pnom-Penh.

La seconde explication du phénomène est tout opposée à la précédente et soutient, au contraire, que la cause principale en est la fonte des neiges du Thibet. Il est vrai qu’on y ajoute aussi les pluies qui

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