SOS
tombent en juin, août et septembre dans le Laos septentrional, et sur le versant ouest de la chaîne annamitique. Mais les partisans de cette explication soutiennent que les eaux qui tombent en septembre, octobre el novembre sur les pays cambodgiens n’ont aucune influence.
Eux aussi administrent leur preuve : les pluies du Cambodge ne coïncident pas toujoursavec la montée du fleuve, qui n’atteint pas chaque année son maximum de débit à la même époque, tandis que les pluies tombent toujours pendant les mêmes mois ; bien plus, il arrive que l'apogée de la crue se produit sans que la région ait eu de fortes pluies locales. En 1904, les eaux ont, en effet, monté fin juin et ont gardé une hauteur anormale durant août et septembre, tandis qu'en 1905 la crue s’est surtout fait sentir au mois de septembre. Enfin, le niveau maximum constaté à Kompong Cham est de 12 m. 50 entre août et septembre, alors queles pluies ne sont tombées que plus tard.
Importance économique des inondations du Mékong. — Signalons l'importance énorme de ces inondations au point de vue économique pour le Cambodge. Nous avons dit que les poissons suivent la crue. Mais ils se trouvent, au moment de la baisse des eaux, emprisonnés dans les dépressions naturelles ou artificielles où ils sont entrés par les fortes eaux car les petits chenaux leurs sont fermés
WU
par les pêcheurs au moment où les eaux se retirent, (cela dit sans parler encore des autres procédés de pêche que nous examinerons plus tard).
L'autre aspect de l'utilité extrême de ces inondations pour le pays, c’est le dépôt d’alluvions fertilisants que lefleuve, ense retirant, laisse sur ses rives et sur son lit même, ce qui permet l'élevage des bestiaux pendant la saison sèche et surtout la culture de la principale production du pays, le riz, en même temps que le transport des ‘récoltes peut, pendant les inondations, se faire presque sans frais jusqu’à la mer. Il en est de même pour le bois des forêts immenses et incomparables par leurs richesses, qui croissent sur les bords des fleuves et des lacs et pour qui cesinondations sont un regain de sève salutaire. Les mines si riches que renferment les montagnes qui servent de barrière aux inondations deviennent, nous le verrons, tributaires elles-mêmes de cette eau qui conduit pour ainsi dire jusqu’à elles un moyen de transport économique.
On aperçoit dès lors quelle est l’extrême importance pour tout le Cambodge de ce phénomène périodique des inondations, qui, en transformant pendant une bonne partie de l’année l’industrie et la nature du pays, en double et pourrait en multiplier indéfiniment la richesse.
Marées. — Nous devons, pour compléter cette étude des inondations du Mékong, attirer l'attention