CHAPITRE II
$ r. — VOIES DE COMMUNICATION
Les branches spéciales d'activité dont nous venons de voir le gouvernement prendre la direction, n’ont point naturellement épuisé son rôle : il a aussi organisé les voies de communication et enfin il a établi le budget destiné à faire vivre tout le corps écono: mique ainsi constitué.
Les routes commencent à être établies au Cambodge et se répartissent en trois calégories selon le degré d'utilité qu’elles représentent et le budget qui les alimente.
On distingue :
1° Les routes « coloniales » qui relient la capitale et les résidences ;
2° Les routes « résidentielles », qui relient les provinces cambodgiennes en passant par les principaux centres;
3 Enfin les chemins vicinaux, qui viennent se raccorder aux précédents.
Le cadre de toute une vicinalité très complète est
ainsi créé, et l’on travaille, nous allons le montrer, à la réaliser en créant des ressources et des budgets locaux et résidentiels, permettant d'établir les voies de communication correspondant aux besoins immédiats de la population et du commerce, ou permettant une meilleure exploitation économique du pays.
Nous avons, en effet, maintes fois dit que telle ou telle forêt, que telle ou telle carrière ou exploitation deviendrait facilement prospère si les communications étaient possibles — si les hautes eaux ne devaient pas être attendues pour procéder aux échanges, par exemple — si, pendant les six autres mois de l’année, le commerce et l’activité économique du pays, indépendamment même du tempérament des indigènes n’étaiententravés par le manque de voies de communication, par suite duquel chacun des centres de ce pays est isolé de ses voisins.
A la saison sèche, les localités situées sur le Grand Fleuve au delà de Kratié ne peuvent communiquer entre elles et avec le bas-fleuve qu'à l’aide de pirogues, car les chaloupes ne peuvent remonter au delà de ce point à cause des roches qui déterminent des rapides parfois très dangereux.
Et combien de routes ne sont praticables qu’à la saison sèche ! et cependant les matériaux destinés à faire d'excellentes chaussées ne manquent pas dans le pays; nous avons montré, en effet, que les montagnes sont pleines de pierres dures et résistantes
qu'il suffirait de transporter sur place. Ne trouvet-on pas aussi sur tout le plateau de Wab-Nok et du Chawcar-Loen des cailloux de nalure basaltique ? Certains phoms, les phom Bathéai et Trop, par exemple, peuvent fournir du grès pour l’empierrement des routes. Mais c’est ici que les capitaux sont indispensables. Ajoutons que le sous-sol est souvent très dur, et que, par suite, l’entretien est très aisé.
Mais, dans la majorité des cas, on ne rencontre que des sentiers, dont parfois le niveau est supérieur, par des levées de terre, au maximum des hautes eaux ; ou bien, ce sont de simples pistes tracées par des charretles, ct quelques-unes, qui sont praticables pendant une bonne partie de l’année, sont très fréquentées par les indigènes, car c’est le seul moyen de ne pas laisser tomber complètement tout trafic avec l’intérieur. Mais dans des conditions combien défectueuses!
Ce mauvais état des routes rend très onéreux tout transport.
Pendant les inondations, aux endroits peu élevés, on est, en effet, obligé d'employer les éléphants ou les charrettes à bœufs. |
Selon la coutume cambodgienne, les routes sont entrétenues par les riverains aux endroits habités. Quant aux -preks, presque tous sont traversés par un pont, du moins sur les anciens tracés.
Maintenant, en effet, qu’on se trouve dans une